Archives du mot-clé Pete Rock

« and the ANONYMOUS NOBODY » by De La Soul @@@@


Et ils sont toujours là… Bientôt trente ans après leur formation, les De La Soul ne sont pas morts, pas encore ! La venue du huitième opus, le premier en douze ans(!), de notre groupe hip-hop préféré de Long Island tient du petit miracle. Tout a commencé lors d’une campagne de crowdfunding via la plateforme Kickstarter pour enregistrer un disque, avec un budget fixé à 110 000$. L’engouement a été tel qu’ils ont récolté une somme incroyable de plus de 600 000$… Bien plus que lorsqu’ils avaient un deal ! C’est dire la cote de popularité inaltérable des De La Soul et l’immense sympathie qu’ils inspirent depuis toujours. C’est reparti pour une nouvelle aventure.

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Mistah F.A.B. « Son of a Pimp, part 2 » @@@@


Voici la suite que personne n’attendait de Son of a Pimp qui a fait connaître il y a onze ans ce cher Mistah FAB comme un représentant majeur de la Bay Area, mais sans doute que certains se rappellent mieux de notre ballplayer son Baydestrian en 2007 en plein boom du mouvement Hyphy. Depuis le rappeur d’Oakland n’a pas quitté le milieu, proposant sur le marché local plusieurs mixtapes par an pour ne pas perdre la main, et finalement nous sommes heureux de son retour sur les devants de la scène. Il arrive des come-backs comme ça qui font bien plaisir, et celui-ci est particulièrement réussi, un vrai festival vu la pléthore de guests et plus d’1h20 de musique.

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J Dilla « The Diary » @@@


Comme pour Pimp C, le label Mass Appeal nous offre l’occasion d’avoir en possession (encore) un nouvel album posthume de J Dilla dix ans après sa disparition. À ce rythme-là, il a déjà doublé 2Pac si on compte depuis Jay Love Japan en 2007 puisque The Shining était conçu de son vivant et Ruff Draft une réédition, sachant que le dernier ouvrage en date était l’album instrumental Dillatronic. Sans parler des productions que pas mal de rappeurs ont pu récupérer, notamment son jeune frères Illa J avec les Yancey Boys. Mais à la différence de Jay Stay Paid et Rebirth of Detroit, The Diary n’est autre que l’édition d’un opus solo qui devait sortir autour de 2002-2003 chez MCA Records, Pay Jay.

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Torae « Entitled » @@@@


Entitled est le troisième album de notre MC underground new-yorkais, trois mots magiques dans la tête des puri…passionnés de hip-hop. Mais c’est pourtant réel, Torae nous a préparé une grosse côte à l’os de 500 grammes, cuite à point, pour notre régime post-fêtes de fin d’années. On va manger c’est sûr.

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Pete Rock « PeteStrumentals 2 » @@@½


Cela fait un bail que Pete Rock n’avait pas proposé de projet instrumental. Petestrumentals premier du nom, une référence en la matière de hip-hop jazzy instrumental (ou appelé aussi « chill-hop »), nous ramène comme si c’était hier en 2001, sans parler du superbe Surviving Elements, aussi sorti sur le label BBE Records en 2005. Tout une époque ! BBE était (et est toujours!) un label anglais réputé pour ses albums de producteurs et beatmakers, c’était quasiment un passage obligé pour (presque) tout producteur ultra-respecté d’éditer un album sur cette structure. Il y a eu outre Pete Rock, Marley Marl,  J Dilla, Madlib, Jazzy Jeff, DJ Spinna, King Britt… et même Will.I.Am au début des années 2000 !

Ce Petestrumentals 2 sort en ce mois de Juin 2015, quelques jours après les 45 ans de son auteur, sur Mello Music Group, le label indépendant le plus en vogue que la côte East. Les temps ont changé, Pete Rock moins.

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Kendrick Lamar « To Pimp a Butterfly » @@@@@


Aout 2013, le couplet de Kendrick Lamar sur « Control » de Big Sean crée un énorme séisme qui a secoué tout le rap américain comme cela n’est pas arrivé depuis très longtemps. Son but : devenir le numéro 1, en se couronnant lui-même Roi de la Côte Est. Culotté, sans parler du name-dropping, suscitant des réactions de toute part. Et après, « que de la gueule » ? Détrompez-vous, To Pimp a Butterfly est l’oeuvre d’un artiste qui a les épaules d’un leader-né, une oeuvre plus Noire qu’il n’y parait. Il n’y a qu’à regarder la pochette renversante de l’album pour le comprendre.

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Vous ne prendrez pas sa liberté de penser…

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Il est encore difficile de prendre la mesure une semaine après sa sortie -avancée d’une semaine- du potentiel immense de ce second album en major de K dot, et il faudra bien plusieurs mois, voire plusieurs années pour se rendre compte de son impact, déjà très important, à tous les niveaux, culturel comme commercial en battant des records de lecture en streaming notamment. Ce qui est certain, c’est que le rappeur de Compton est parti dans une dimension bien plus vaste, musicalement comme sur le plan socio-politique. L’idée de To Pimp a Butterfly a germé après la sortie Good Kid, m.A.A.d. City qui l’a propulsé comme le prince incontesté de la Westcoast. Le succès à gérer, la pression qui devient plus écrasante, puis le contexte très tendu aux Etats-Unis avec ces bavures policières envers des afro-américains qui ont embrasé les rues comme les esprits de toute une communauté, parallèlement à une résurgence de l’histoire de l’esclavage.

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On perçoit un début de réponse à la formule « To pimp a butterfly » dès le premier morceau « Wesley’s Theory » (en référence à l’acteur Wesley Snipes inculpé pour évasion fiscale), lorsque raisonne un sample de soul « every nigger is a star ». Kendrick Lamar porte sa vision de l’industrie du divertissement qui fait miroiter monts et merveilles pour l’attirer et mieux l’influencer, le système qui lui répond dans le second couplet. Entre les deux versets, les bons conseils de son mentor Dr Dre lui viennent en aide. Kendrick Lamar expliquera à la fin du disque le sens de cet album, de la formule « to pimp a butterfly », par le fait que le système veuille détourner le talent d’artistes afro-américains, vu métaphoriquement comme un papillon. Je reviendrai plus tard sur ce dernier track « Mortal Man« , parce qu’il se passe franchement quelque chose d’incroyablement surréaliste et hautement symbolique sur ce morceau.

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Comme pour GKMC, To Pimp a Butterfly suit un ou plusieurs fils conducteurs, avec des thèmes récurrents pour apporter une cohérence et de la matière à ses propos. Sur Good Kid m.A.A.d. City, c’était les tribulations d’un adolescent avec ses homies, sa vie au milieu des gangs et sa copine Sherane. Ici la coqueluche d’Aftermath raconte le parcours et les conflits intérieurs qu’il a connu pour ne pas être tenté par le diable, ses excès et ses tentations. En parallèle, il entame un texte qu’il complète au fur et à mesure, utilisant un temps de parole dans les dernières secondes de certaines pistes, et dont les premiers mots qui reviennent sont « I remember you was conflicted, misusing your influence… » On ne connaîtra que le texte entier tout à la fin aussi, un texte qui résume parfaitement son récent vécu et son état d’esprit, ce après le morceau « Mortal Man« . Le rappeur fait aussi référence à Lucy (sur « For Sale?« ), une personnification de Lucifer. Mais avant d’aller plus loin, Kendrick Lamar ré-affirme son statut de roi à qui on veut couper les jambes sur « King Kunta » (en référence à l’esclave Kunta Kinte qui a fini un pied coupé) avec ces vers :

« I made it past 25 and there I was/ A little nappy headed nigga with the world behind him/ Life ain’t shit but a fat vagina/ Screamin’ « Annie are you ok? Annie are you ok? »/Limo tinted with the gold plates/Straight from the bottom, this the belly of the beast/From a peasant to a prince to a motherfuckin’ king »

Petit à petit le californien se retrouve confronté aux péchés et aux démons qu’entraînent cette sensation de pouvoir sur « Institutionalized » et ce que cela implique d’un point de vue psychologique lorsque la conscience s’en mêle sur « These Walls« , pour qu’au final cette ivresse lui fasse tourner la tête et sombrer dans l’alcool et la dépression sur « u« . Le rappeur termine des rimes aux larmes quand sa conscience (moment où il prend une voix bizarre) s’adresse à lui, comme c’était le cas sur « Swimming Pools« . « Alright » arrive à pic pour repositiver quand la fameuse Lucy vient s’adresser à lui sur « For Sale? » et tenter de corrompre son âme à nouveau. C’est là que Kendrick Lamar décide de se ressourcer et rentrer chez lui (« Momma« ) pour retrouver les pieds sur terre.

La suite devient encore plus intéressante, le rappeur a ouvert en grand ses champs de perception. « Hood Politics » constitue une critique envers les rap listeners et leur mentalité, avec ces brillants analogismes, et néologismes, que sont les Democrips et les Rebloodicans, en référence aux deux gangs de L.A.. On retient particulièrement cette phrase énervée qui rend hommage à la moitié des Run The Jewels « Critics want to mention that they miss when hip hop was rapin/ Motherfucker if you did, then Killer Mike would be platinum », avant de menacer quelques rimes plus loin « I’m the only nigga next to Snoop that can push the button ». Il évoque ensuite sur « Complexion (Zulu Love) » un sujet de prédilection de rappeurs dits « conscients » et engagés, à savoir la couleur de peau, avec pour finir un superbe couplet de la rappeuse Rapsody, la seule et unique personne habilité à poser un couplet sur tout To Pimp a Butterfly, si on exclut l’apparition du doggfather Snoop Dogg sur « Instutionalized« . Il démontre sur « How Much Cost a Dollar » aussi qu’en tant que storyteller, il peut narrer des fictions inspirées de la réalité d’un personnage tiers. Mais c’est bien « The Blacker the Berry » le morceau rap le plus sombre de Kendrick Lamar. Servi par une prod très lourde signée Boi-1da (et une apparition non-créditée du chanteur ragga Assassin), le nouveau Roi débute ses couplets par « I’m the biggest hypocrite of 2015 » avant d’entamer un texte sur la haine raciale et ces ressentiments très enfouis. Tout le contraire du titre qui suit, « i« , le single radio où Kendrick Lamar affiche sa fierté pour sa communauté sur un sample des Isley Brothers. Il y scande le terme de « negus », définition de « empereur noir » en éthiopien, pour ne plus dénigrer le N-word.

C’est là qu’on arrive à « Mortal Man« . Kendrick Lamar termine son texte et termine sur un dialogue social et politique avec… Tupac Shakur, aussi réaliste que la dernière apparition publique de son fantôme holographique à Coachella en 2013.

 

 

…ni de créer

Puis on repasse à la piste 1, on réécoute, on capte les éléments qu’on n’a pas encore saisi, les détails, et arrivé en bout de piste 16, repeat. Cette fois pour faire le tour des productions, gérées par un cercle très fermé de producteurs de la maison TDE (comme Sounwave et Tae Beast), de musiciens hyper-talentueux et autres artistes les plus doués de leur génération. C’est déjà le choc des générations sur le premier morceau, quand le père de P-Funk George Clinton prête sa voix sur un instrumental co-signé par Flying Lotus. La musique Funk retrouve le vent en poupe ces mois-ci et quelle soit ‘P’ ou ‘G’, elle imprègne chaque recoin de l’album. To Pimp a Butterfly demeure un album de rap californien avant tout, il en possède les gènes. Il y en a sur « King Kunta« , à travers de sample de DJ Quik (tiré de « Get Nikked » de Mausberg) jusque « i » avec ce riff emprunté aux Isley Brothers (samplé pour la première fois en 89 par les Beastie Boys sur « B-Boy bouillabaisse« ).

Pas de gangsta-rap, ni de trap. Kendrick Lamar s’est entouré d’une équipe de musiciens et chanteurs qui savent admirablement expérimenter les mélanges entre Nu soul et musique Hip-Hop, à savoir Terrace Martin (dont le saxophone est quasi omniprésent sur l’album), Stephen « Thundercat » Bruner qui donne de la basse et sa voix, Taz Arnold des Sa-Ra Creative Partners (Talib Kweli, John Legend, Erykah Badu, Pharoahe Monch…), Bilal, Anna Wise, James Fauntleroy et même Robert Glasper qui illumine l’outro de « Blacker the Berry« . C’est cet orchestre idéal, de noms qui se connaissent mutuellement dans le milieu, qui apporte ces savoureuses saveurs de nu soul et jazz à To Pimp a Butterfly. On retrouve même de l’afro-beat sur l’outro de « Momma« , c’est à se demander si on navigue toujours dans le symbolisme.

Et Dr Dre ? Son nom n’apparaît qu’en tant que producteur exécutif, et sa voix sur « Wesley’s Theory« . Tous les titres sont pratiquement mixés par Ali. Les rumeurs racontent qu’il se cache sous l’alias DragonLove (crédité sur « How Much Cost a Dollar » et le très agréable « You Ain’t Gotta Lie« ), et c’est le producteur Sounwave qui l’aurait sous-entendu sur Twitter. Il faut avouer que le beat de « How Much Cost a Dollar » a mis la puce à l’oreille, on perçoit clairement la signature du docteur. Pourquoi utiliser un autre surnom ? Pour éviter les critiques ? Et puis pourquoi pas, après tout d’autres grands artistes l’ont fait, notamment Stevie Wonder qui avait employé le surnom El Toro Negro sur Perfect Angel de Minnie Ripperton. Le seul super-producteur qui participe à l’album n’est autre que Pharrell Williams (« Alright« ), tout l’inverse de Knxwledge, un artisan du hip-hop alternatif mais pas moins réputé. Et le légendaire Pete Rock est bel et bien impliqué, il s’occupe des scratches sur « Complexion« . Kendrick Lamar est le directeur artistique à bord, c’est écrit d’ailleurs.

 

En faisant la synthèse de To Pimp a Butterfly, musicale comme thématique, cet album s’intègre dans la lignée d’oeuvres nu soul très pro-Black dans l’âme, récentes comme Black Messiah de D’Angelo, undun des Roots, les deux volets New AmErykah d’Erykah Badu, comme lointaines, on pense à Like Water for Chocolate de Common ou encore Me Against the World de 2Pac, album qui fête ses 20 ans ce mois de Mars 2015. Ce ne sera pas nécessairement le meilleur des albums rap des mois passés ou à venir, mais sûrement le plus important, suffisamment pour remporter un Grammy Award l’an prochain. Si cela n’arrive pas, je mange mon chapeau.

Black Milk « If There’s a Hell below » @@@@


If There’s a Hell below (Computer Ugly/Fat Beats), sixième opus du rappeur/producteur Black Milk, est à quelques détails près la suite logique du chef d’oeuvre No Poison, No Paradise paru l’an dernier. Ces deux albums sont forcément reliés, par cette thématique du bien et du mal, le péché et la vertu, par le graphisme de la pochette aussi, et tant au niveau musical, entre tendances électronica eighties et psyché-rock prononcées mêlées à des instrumentations live et soulful.

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Diamond D « The Diam Piece » @@@


Diamond D est en quelque sorte le ‘D’ du légendaire crew new-yorkais des D.I.T.C. (‘Diggin in the Crates’ pour les non-connoisseurs), un collectif qui, durant la seconde moitié des années 90 jusqu’en 2000 où est paru leur album éponyme, rassemblait des légendes telles que Big L (RIP), Fat Joe, Showbiz & Andre the Giant, O.C. et les producteurs Lord Finesse, Buckwild et donc Diamond D.

Le groupe a bien tenté une percée huit ans plus tard avec The Movement, malheureusement l’aspect légendaire appartenait déjà au passé, le D.I.T.C. n’est pas une institution comme le Wu-Tang. Les membres (Fat Joe évidemment, Diamond D,…) avaient cependant plus d’écho sur leurs projets solos ou en binôme (Buckwild avec Celph Titled, Oasis d’A.G. & O.C.). Diamond D, quant à lui, est revenu pour la rentrée 2014 avec The Diam Piece, un album suspendu en ce temps où le rap était respecté pour le fond et la forme.

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Smoke DZA « Dream.ZONE.Achieve » @@@½


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« Riiiiiiiiiiight »… Le harlemite Smoke DZA revient avec un second projet solo dont le titre Dream.ZONE.Achieve donne une autre définition à son acronyme DZA. Notre gros fumeur de blunt nous enveloppe dans un cercle d’épaisse fumée, où l’on en ressort comme si on a vécu l’expérience d’un fumeur passif.

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Mack Wilds « New York : A Love Story » <3 <3 <3 <3 ½


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Si vous ne regardiez pas 90210 Beverly Hills : New Generation, alors vous comme moi, ne connaissiez pas Tristan Wilds, appelé aussi Mack Wilds. Le jeune acteur a sorti au début de l’Automne un album r&b produit par Salaam Remi, New York: A Love Story, et je ne le découvre qu’aujourd’hui. Non seulement les trois featurings sont prestigieux (deux membres du Wu et un beatboxer de légende) et les co-producteurs sont des monstres sacrés de la Gramde Pomme, cet album est aussi pur bijou. Ce qui m’amène à cette question : comment ce disque a-t-il pu passer à travers les radars ???

A la première chanson, la mâchoire tombe. Une composition alliant rythmes urbains et orchestre de classique, un Method Man qui débarque quelques instants comme une bourrasque, et notre Mack Wilds qui réussit cette percée dans le r&b avec assurance et talent. Qui plus est, il sait rapper, et monter dans les aigus (« Don’t Turn Me Down« , « MaGic!!!« ). Alors si vous glisser un belle mélodie avec un beat et des scratches DJ Premier, vous obtenez « Keepin’ It Real« . Ou alors Mack opte pour un sample de harpe très candide trouvé par Pete Rock sur « Art of Fallin’« . Les auteurs de l’album remettent aussi au goût du jour des instrumentaux parfois connus, comme « Burn » des Mobb Deep sur « Henny » ou alors « You, Me, Him and Her » de Jigga (The Dynasty) sur « My Crib« .

Ce n’est pas compliqué de nous séduire, il suffit simplement de faire preuve de délicates attentions, d’alterner avec un low-tempo (« Sober Up » pour le spleen, le superbe « U Can Cry To Me » avec Raekwon au premier verset), d’un peu de nostalgie pour revenir à l’essence même du rhythm’n blues new-yorkais. Jusqu’au point d’orgue, « A NY Love Story« . Difficile de décrire ce que fait ressentir ce morceau en particulier, ce sentiment d’intimité et les basses légères qui provoquent de légers frissons. C’est comme le troisième rendez-vous avec la fille qui occupe vos pensées depuis des jours ou peut-être des semaines, après ce jeu de séduction consistant à à apprendre à se connaître et se rapprocher. Et arrive ce moment de proximité, l’ouverture, le moment ou jamais où il faut arrêter de se poser les questions et faire le grand saut, quand le coeur tambourine dans la poitrine et les yeux qui ne se quittent plus. Et tout d’un coup se ferment, les lèvres se rencontrent avec une douceur infinie. Le temps se suspend alors qu’une bouffée de chaleur monte en nous et que les sensations parcourent, et quand se termine le baiser et qu’on réalise à peine ce qu’il vient de se passer, pas envie de se poser de questions à nouveau… C’est reparti pour un second plus langoureux. C’est cet instant parfait, cet instant de magie que capture cette chanson.

Pour enfoncer le clou, il reprend merveilleusement bien « Remember The Time » de Michael Jackson, un moelleux au chocolat qui terminera de faire fondre nos coeurs.

 

N.O.R.E. A/K/A P.A.P.I. « Student of the Game » @@@


La carrière de N.O.R.E. n’aurait pas pu être pire qu’après avoir surfé sur la vague reggaeton au milieu des années 2000 (Ya Tu Sabe) avant de revenir au rap avec le très médiocre Noreality en 2007. Il aura fallu qu’il se reprenne en main avec son allié Capone et deux albums des C-N-N (Channel 10 et War Report II) pour regagner de la crédibilité auprès du public rap. Une aubaine pour le rappeur de LeFrak (se renommant P.A.P.I. pour je-ne-sais-plus-quelle-raison) puisqu’il signe un contrat avec Busta Rhymes sur le label Conglomerate Records, avec une bourse lui permettant de reprendre ses études dans dans le rap game avec un 6e album.

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ILL Bill « The Grimy Awards » @@@½


William Braunstein alias ILL Bill vient d’éditer chez Fat Beats Records son troisième essai The Grimy Awards. L’ex-Non Phixion, actuellement membre de La Coka Nostra et moitié des Heavy Metal Kings, livre un volet très personnel qui compte sur la collaboration de vétérans du beats internationalement connus, à savoir Pete Rock, Primo, DJ Muggs, Large Pro, Ayatollah ou encore Psycho Les des Beatnuts. La lourderie au sens propre comme figuré.

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Madlib – Medicine Show #13 « Black Tape » @@@@


Madlib est un producteur tellement productif qu’avec lui, c’est jamais douze sans treize. Comme beaucoup d’entre vous, je pensais que la série des Medicine Show s’arrêtait au douzième volume. C’est pas faux, c’était prévu comme tel. Et là, surprise, un treizième numéro est sorti de nulle part ailleurs que ses machines, une mixtape spéciale remixes qui supplémente le douzième volume qui était composé uniquement de remixes. Comme il est indiqué, cette Black Tape est conseillée au plus de dix-huit ans, pas que ce soit interdit pour les mineurs de l’écouter, rien d’obscène, mais ils risquent fort de ne pas s’y retrouver dans sa sélection.

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Torae « For the Record » @@@@


For The Record est une sortie rap new-yorkais qui provoquera des éjaculations précoces chez tout puriste qui se respectent. Et pour cause, Torae a réuni la fine fleur de l’âge d’or du Hip-Hop made in NYC, tels que DJ Premier, Pete Rock, Diamond D et Large Professor  Mais aussi Marco Polo, Nottz, Illmind et la Soul Council (9th Wonder, Khrysis, E.Jones, Fatin)… Des beats et des rimes, la vie.

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Styles P « Master of Ceremonies » @@@


On a beau dire que les albums de Styles P depuis A Gangster and A Gentleman sont franchement pas terribles, le MC tel qu’il est aujourd’hui a beaucoup progressé depuis ses débuts sous l’ère strass et paillettes de Bad Boy Records à la fin des 90s. Écrire des rimes, prendre un micro et les cracher avec son flow, c’est tout un art d’être un Master of Ceremonies. Un métier même. Un bon MC est capable de s’adapter à n’importe quel beat, pour ça Styles P est fort. Mais quand il est question de bien choisir ses beats, là, c’est pas son fort…

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