Archives du mot-clé Aftermath

Kendrick Lamar « DAMN. » @@@@


Alleluia, King Kendrick est revenu parmi nous avec son troisième album chez Aftermath. Dayumn! D’accord, le rendu final n’a pas la gueule de la tracklist inventée par un fan promettant un orgasme auditif avec des noms comme Kanye West, Q-Tip, Andre 3000, Thundercat et D’Angelo, aucun de ces noms n’y figure. Faut se l’avouer, cette hypothétique tracklist nous avait tous surexcités peu après l’extrait « Heart 4 » qui nous donnait un mystérieux rendez-vous pour le 7 Avril, rendez-vous qui fut ajourné au vendredi suivant, le 14.

Illustré par cette pochette semblable à une couv’ de magasine, DAMN. a été, le jour même de sa sortie, aussitôt sacralisé (le terme ‘classique’ était déjà lâché sur les RS) et fait l’objet de théories (pas si farfelues soit-dit en passant) autour d’un possible second album (parce que GOD/DAMN, DAMN/NATION), ce qui en soi n’a plus rien d’impossible en 2017. Pour mettre les choses au clair, l’intéressé a réfuté cette possibilité. Et tant qu’à mettre les choses au clair, ‘Damn’ ne se lit pas au sens du juron (« mince », NdT), il a fallu lire les récentes interviews de monsieur Lamar qui expliquait que la religion était l’élément central de ce nouvel opus pour comprendre que le titre se lit par « damné », « satané ». Être Kendrick, marcher sur ce destin extraordinaire, ce n’est pas simple.

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« Compton » a soundtrack by Dr Dre @@@@½


Fin du suspens : Detox aura été un album mort-né. On avait évoqué sa trop longue gestation dans le tout premier numéro de Now Playing et pour être honnête, au fur et à mesure que le temps passait, on n’y croyait plus, et le docteur non plus semble-t-il. De ses propres mots, ce grand perfectionniste avouera pas plus tard que cet été ne pas avoir été satisfait de la quarantaine de morceaux enregistrés jusqu’alors pour ce qui était l’album rap le plus attendu, espéré et fantasmé de toute la planète entière durant ces dix dernières années. Tant d’années où la Californie est devenue un désert médical en quelque sorte. Dans le fond, Dr Dre n’a pas tort d’avoir provoqué cet avortement volontairement : nous aurions été déçus de toute manière. Si l’on s’en tient aux instrumentaux que l’on a pu entendre dans les publicités pour ses casques Beats et les deux singles « Kush » (finalement très bon) et l’impardonnable « I Need a Doctor », il était fort à parier que la déception aurait été au rendez-vous. Puis il y a eu l’arrivée de Kendrick Lamar chez Aftermath, la vente de Beats à Apple contre un chèque de neuf (9!) zéros…

Et il fallait quand même qu’un petit miracle se produise. Après tout, D’Angelo est bien parvenu à faire son grand retour après quinze longues années de patience donc tous les espoirs pouvaient être permis à ce niveau-là. Il fallait juste l’occasion idéale de se faire remarquer au bon endroit et au bout moment. Et cette occasion-là elle tombait à pic : le biopic Straight Outta Compton racontant sur grand écran l’histoire sulfureuse des N.W.A. Une super-production hollywoodienne mettant en scène le groupe le plus dangereux du monde vingt sept ans après la sortie de l’album qui a donné son nom au film et qui avait embrasé Los Angeles à l’époque. Les retrouvailles avec Ice Cube et DJ Yella, trente ans de souvenirs qui ressurgissent depuis ce ghetto de Compton qui les a vu grandir et exploser au grand public… Dr Dre ne pouvait pas rester sans rien faire face à ce moment quasi historique. Surtout que son deal avec Apple Music lui apportait un support immédiat pour sortir un nouveau projet d’envergure préparé dans le plus grand secret sur la plateforme de la Pomme, à la manière dont Beyoncé et Drake ont mis à disposition leurs derniers albums, c’est-à-dire avec un certain effet de surprise. Ce qui n’a pas manqué puisque rien, aucune info n’a filtré jusqu’à ce que Ice Cube vende la mèche dix jours avant la sortie officielle sur iTunes. Seize ans après 2001, sort le troisième album de Dr Dre, baptisé du nom de son berceau, Compton (écrit aussi Compton : a soundtrack by Dr Dre). Alleluia !

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Kendrick Lamar « To Pimp a Butterfly » @@@@@


Aout 2013, le couplet de Kendrick Lamar sur « Control » de Big Sean crée un énorme séisme qui a secoué tout le rap américain comme cela n’est pas arrivé depuis très longtemps. Son but : devenir le numéro 1, en se couronnant lui-même Roi de la Côte Est. Culotté, sans parler du name-dropping, suscitant des réactions de toute part. Et après, « que de la gueule » ? Détrompez-vous, To Pimp a Butterfly est l’oeuvre d’un artiste qui a les épaules d’un leader-né, une oeuvre plus Noire qu’il n’y parait. Il n’y a qu’à regarder la pochette renversante de l’album pour le comprendre.

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Vous ne prendrez pas sa liberté de penser…

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Il est encore difficile de prendre la mesure une semaine après sa sortie -avancée d’une semaine- du potentiel immense de ce second album en major de K dot, et il faudra bien plusieurs mois, voire plusieurs années pour se rendre compte de son impact, déjà très important, à tous les niveaux, culturel comme commercial en battant des records de lecture en streaming notamment. Ce qui est certain, c’est que le rappeur de Compton est parti dans une dimension bien plus vaste, musicalement comme sur le plan socio-politique. L’idée de To Pimp a Butterfly a germé après la sortie Good Kid, m.A.A.d. City qui l’a propulsé comme le prince incontesté de la Westcoast. Le succès à gérer, la pression qui devient plus écrasante, puis le contexte très tendu aux Etats-Unis avec ces bavures policières envers des afro-américains qui ont embrasé les rues comme les esprits de toute une communauté, parallèlement à une résurgence de l’histoire de l’esclavage.

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On perçoit un début de réponse à la formule « To pimp a butterfly » dès le premier morceau « Wesley’s Theory » (en référence à l’acteur Wesley Snipes inculpé pour évasion fiscale), lorsque raisonne un sample de soul « every nigger is a star ». Kendrick Lamar porte sa vision de l’industrie du divertissement qui fait miroiter monts et merveilles pour l’attirer et mieux l’influencer, le système qui lui répond dans le second couplet. Entre les deux versets, les bons conseils de son mentor Dr Dre lui viennent en aide. Kendrick Lamar expliquera à la fin du disque le sens de cet album, de la formule « to pimp a butterfly », par le fait que le système veuille détourner le talent d’artistes afro-américains, vu métaphoriquement comme un papillon. Je reviendrai plus tard sur ce dernier track « Mortal Man« , parce qu’il se passe franchement quelque chose d’incroyablement surréaliste et hautement symbolique sur ce morceau.

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Comme pour GKMC, To Pimp a Butterfly suit un ou plusieurs fils conducteurs, avec des thèmes récurrents pour apporter une cohérence et de la matière à ses propos. Sur Good Kid m.A.A.d. City, c’était les tribulations d’un adolescent avec ses homies, sa vie au milieu des gangs et sa copine Sherane. Ici la coqueluche d’Aftermath raconte le parcours et les conflits intérieurs qu’il a connu pour ne pas être tenté par le diable, ses excès et ses tentations. En parallèle, il entame un texte qu’il complète au fur et à mesure, utilisant un temps de parole dans les dernières secondes de certaines pistes, et dont les premiers mots qui reviennent sont « I remember you was conflicted, misusing your influence… » On ne connaîtra que le texte entier tout à la fin aussi, un texte qui résume parfaitement son récent vécu et son état d’esprit, ce après le morceau « Mortal Man« . Le rappeur fait aussi référence à Lucy (sur « For Sale?« ), une personnification de Lucifer. Mais avant d’aller plus loin, Kendrick Lamar ré-affirme son statut de roi à qui on veut couper les jambes sur « King Kunta » (en référence à l’esclave Kunta Kinte qui a fini un pied coupé) avec ces vers :

« I made it past 25 and there I was/ A little nappy headed nigga with the world behind him/ Life ain’t shit but a fat vagina/ Screamin’ « Annie are you ok? Annie are you ok? »/Limo tinted with the gold plates/Straight from the bottom, this the belly of the beast/From a peasant to a prince to a motherfuckin’ king »

Petit à petit le californien se retrouve confronté aux péchés et aux démons qu’entraînent cette sensation de pouvoir sur « Institutionalized » et ce que cela implique d’un point de vue psychologique lorsque la conscience s’en mêle sur « These Walls« , pour qu’au final cette ivresse lui fasse tourner la tête et sombrer dans l’alcool et la dépression sur « u« . Le rappeur termine des rimes aux larmes quand sa conscience (moment où il prend une voix bizarre) s’adresse à lui, comme c’était le cas sur « Swimming Pools« . « Alright » arrive à pic pour repositiver quand la fameuse Lucy vient s’adresser à lui sur « For Sale? » et tenter de corrompre son âme à nouveau. C’est là que Kendrick Lamar décide de se ressourcer et rentrer chez lui (« Momma« ) pour retrouver les pieds sur terre.

La suite devient encore plus intéressante, le rappeur a ouvert en grand ses champs de perception. « Hood Politics » constitue une critique envers les rap listeners et leur mentalité, avec ces brillants analogismes, et néologismes, que sont les Democrips et les Rebloodicans, en référence aux deux gangs de L.A.. On retient particulièrement cette phrase énervée qui rend hommage à la moitié des Run The Jewels « Critics want to mention that they miss when hip hop was rapin/ Motherfucker if you did, then Killer Mike would be platinum », avant de menacer quelques rimes plus loin « I’m the only nigga next to Snoop that can push the button ». Il évoque ensuite sur « Complexion (Zulu Love) » un sujet de prédilection de rappeurs dits « conscients » et engagés, à savoir la couleur de peau, avec pour finir un superbe couplet de la rappeuse Rapsody, la seule et unique personne habilité à poser un couplet sur tout To Pimp a Butterfly, si on exclut l’apparition du doggfather Snoop Dogg sur « Instutionalized« . Il démontre sur « How Much Cost a Dollar » aussi qu’en tant que storyteller, il peut narrer des fictions inspirées de la réalité d’un personnage tiers. Mais c’est bien « The Blacker the Berry » le morceau rap le plus sombre de Kendrick Lamar. Servi par une prod très lourde signée Boi-1da (et une apparition non-créditée du chanteur ragga Assassin), le nouveau Roi débute ses couplets par « I’m the biggest hypocrite of 2015 » avant d’entamer un texte sur la haine raciale et ces ressentiments très enfouis. Tout le contraire du titre qui suit, « i« , le single radio où Kendrick Lamar affiche sa fierté pour sa communauté sur un sample des Isley Brothers. Il y scande le terme de « negus », définition de « empereur noir » en éthiopien, pour ne plus dénigrer le N-word.

C’est là qu’on arrive à « Mortal Man« . Kendrick Lamar termine son texte et termine sur un dialogue social et politique avec… Tupac Shakur, aussi réaliste que la dernière apparition publique de son fantôme holographique à Coachella en 2013.

 

 

…ni de créer

Puis on repasse à la piste 1, on réécoute, on capte les éléments qu’on n’a pas encore saisi, les détails, et arrivé en bout de piste 16, repeat. Cette fois pour faire le tour des productions, gérées par un cercle très fermé de producteurs de la maison TDE (comme Sounwave et Tae Beast), de musiciens hyper-talentueux et autres artistes les plus doués de leur génération. C’est déjà le choc des générations sur le premier morceau, quand le père de P-Funk George Clinton prête sa voix sur un instrumental co-signé par Flying Lotus. La musique Funk retrouve le vent en poupe ces mois-ci et quelle soit ‘P’ ou ‘G’, elle imprègne chaque recoin de l’album. To Pimp a Butterfly demeure un album de rap californien avant tout, il en possède les gènes. Il y en a sur « King Kunta« , à travers de sample de DJ Quik (tiré de « Get Nikked » de Mausberg) jusque « i » avec ce riff emprunté aux Isley Brothers (samplé pour la première fois en 89 par les Beastie Boys sur « B-Boy bouillabaisse« ).

Pas de gangsta-rap, ni de trap. Kendrick Lamar s’est entouré d’une équipe de musiciens et chanteurs qui savent admirablement expérimenter les mélanges entre Nu soul et musique Hip-Hop, à savoir Terrace Martin (dont le saxophone est quasi omniprésent sur l’album), Stephen « Thundercat » Bruner qui donne de la basse et sa voix, Taz Arnold des Sa-Ra Creative Partners (Talib Kweli, John Legend, Erykah Badu, Pharoahe Monch…), Bilal, Anna Wise, James Fauntleroy et même Robert Glasper qui illumine l’outro de « Blacker the Berry« . C’est cet orchestre idéal, de noms qui se connaissent mutuellement dans le milieu, qui apporte ces savoureuses saveurs de nu soul et jazz à To Pimp a Butterfly. On retrouve même de l’afro-beat sur l’outro de « Momma« , c’est à se demander si on navigue toujours dans le symbolisme.

Et Dr Dre ? Son nom n’apparaît qu’en tant que producteur exécutif, et sa voix sur « Wesley’s Theory« . Tous les titres sont pratiquement mixés par Ali. Les rumeurs racontent qu’il se cache sous l’alias DragonLove (crédité sur « How Much Cost a Dollar » et le très agréable « You Ain’t Gotta Lie« ), et c’est le producteur Sounwave qui l’aurait sous-entendu sur Twitter. Il faut avouer que le beat de « How Much Cost a Dollar » a mis la puce à l’oreille, on perçoit clairement la signature du docteur. Pourquoi utiliser un autre surnom ? Pour éviter les critiques ? Et puis pourquoi pas, après tout d’autres grands artistes l’ont fait, notamment Stevie Wonder qui avait employé le surnom El Toro Negro sur Perfect Angel de Minnie Ripperton. Le seul super-producteur qui participe à l’album n’est autre que Pharrell Williams (« Alright« ), tout l’inverse de Knxwledge, un artisan du hip-hop alternatif mais pas moins réputé. Et le légendaire Pete Rock est bel et bien impliqué, il s’occupe des scratches sur « Complexion« . Kendrick Lamar est le directeur artistique à bord, c’est écrit d’ailleurs.

 

En faisant la synthèse de To Pimp a Butterfly, musicale comme thématique, cet album s’intègre dans la lignée d’oeuvres nu soul très pro-Black dans l’âme, récentes comme Black Messiah de D’Angelo, undun des Roots, les deux volets New AmErykah d’Erykah Badu, comme lointaines, on pense à Like Water for Chocolate de Common ou encore Me Against the World de 2Pac, album qui fête ses 20 ans ce mois de Mars 2015. Ce ne sera pas nécessairement le meilleur des albums rap des mois passés ou à venir, mais sûrement le plus important, suffisamment pour remporter un Grammy Award l’an prochain. Si cela n’arrive pas, je mange mon chapeau.

Eminem « The Marshall Mathers LP 2 » @@@


Est-ce que vous entendez la ritournelle « guess who’s back? » Hé oui, encore lui, Eminem est de retour, pour la sixième fois au moins. On se serait un peu douté, il y a eu des signes avant-coureurs : une casquette flanquée de son E inversé sur laquelle étaient cousues les dates de sortie de ses albums dont 2013 et des concerts partout dans le monde, avec cette escale immanquable au Stade de France.

L’annonce de l’album n’a pas tardé : ce sera Marshal Mathers LP 2.

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Slim The Mobster « War Music » hosted by DJ Whoo Kid [mixtape] @@@


Cela fait à peu près deux, trois ans que Slim Da Mobster traîne dans les studios d’Aftermath sans qu’on n’ait pu jamais juger de quoi il était capable, jusqu’à cette mixtape War Music hostée par DJ Whoo Kid. Le nouveau rookie de Dr Dre s’est entouré de Snoop Dogg et Sha Money XL (ex-président de G Unit) pour cette livraison qui répondra son talent supposé.

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The Game « The R.E.D. Album » @@@


Contrairement à ce que l’on pourrait croire, The RED Album n’est pas qu’une simple allusion à la couleur sang du gang des Bloods dont fait partie Jayceon Taylor alias Game, il s’agit selon lui d’exprimer à nouveau son entier dévouement (‘re-dedication’ en US) à son quartier de Compton.

 L’enregistrement de ce quatrième album a été relativement long, deux années en tout et pour tout pendant lesquelles Game a joué des chaises musicales … Lire la suite de cette chronique sur Now Playing »

Dr Dre « Detox is Coming » [mixtape]


« Look out for Detox », c’étaient les mots de Dre sur « Higher » de The Game. Depuis ce temps-là, chaque année, Detox est repoussé d’une année. Dr Dre est en studio, Dr Dre y travaille dessus sans relâche, Detox va sortir bientôt… Cinq ans que ça dure.

À côté de ça, le docteur a eu le temps de produire Big Bang de Busta puis lui dire au-revoir, faire un partenariat juteux avec les casques Beats By Dr Dre (avec la promo qui va avec), annuler The Reformation de Bishop Lamont et le remercier, produire Relapse d’Eminem, passer dans une pub pour Dr Pepper, re-signer Game et se lancer dans le business de l’alcool avec son Aftermath Cognac.

Marre d’attendre, comme tout le monde. C’est à croire qu’il se fout de notre gueule des fois. Sauf que, il semblerait que des informations grouillent à travers le net concernant Detox : ça arrive, et cette fois, c’est sérieux. Dr Dre avait récemment affirmé dans une interview pour le magasine Vibe qu’il ne s’est plongé à fond sur ce projet que cette année. Detox is Coming.

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Eminem « Recovery » @@@½


« Eminem est de retour! », « He’s back ! »… Hé ho les gens, ça fait un an qu’Eminem est de retour déjà ! Ç’aurait pu être son sixième retour mais que je sache, il n’est allé nulle part depuis. D’ailleurs Relapse, l’album contant son retour des bouches de l’enfer et aux productions soignées cliniquement par le Good Doctor Dre (lire la chronique), est actuellement double-disque de platine aux Etats-Unis.

Un Relapse 2 devait suivre, comme il a été annoncé l’an dernier pendant sa période de rémission, mais l’état de santé du MC de Detroit s’est grandement amélioré au point de parler de rétablissement. C’est un Marshall Mathers sain d’esprit et libéré de ses démons, qui opère un retour à normale avec Recovery (Shady Records/Aftermath).

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Game & DJ Skee « The Red Room » (mixtape) @@@½


Game (sans le ‘the’) a définitivement réalisé la meilleure opération de l’année de 2010 : en plus de publier son prochain album chez Star Trak, le MC de Compton a renouvelé son ordonnance chez Aftermath. Le RED Album sera produit par les Neptunes et Dr Dre, de quoi rendre jaloux tous ses haters, parmi eux 50 Cent dont Before I Self Destruct n’est toujours pas disque d’or six mois après sa sortie (alors qu’il a fallu trente fois moins de temps pour ses trois premiers LPs). Tant pis aussi pour Bishop Lamont qui aura passé sa carrière dans la salle d’attente du docteur mais quand on s’appelle Game et qu’on est un Blood, on passe en urgences.

Et comme ce gigantesque buzz ne suffisait pas, DJ Skee et Game offrent généreusement cette net-tape gratuite, The Red Room, avec en prime un nouveau mix de son méga-freestyle de vingt minutes (!!!) « 400 Barz » et d’autres exclusivités. Qui peut le stopper maintenant ?

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Eminem « Relapse: Refill » @@@@½


Eminem a réussi amplement son retour : Relapse est l’album de rap le plus vendu vendu aux Etats-Unis en 2009, avec approximativement 1.7 millions de copies écoulées. Dans la conjoncture actuelle, c’est un score plus que honorable.

Son single fracassant « We Made You » a joyeusement infecté les playlists du monde entier, ce qui fut moins le cas du très beau « Beautiful » (pléonasme?). Quoiqu’il en soit, Relapse a été salué par la critique [lire la chronique] et le public qui attendait le tandem Eminem/Dr Dre au tournant les ont reçu à bras ouverts, jusqu’à se jeter dessus, comme à la bonne époque. Mais cette grande satisfaction générale ne suffit pas.

Pour éviter de tomber malade pendant les fêtes de fin d’années, Eminem est retourné chez son médecin traitant chez Aftermath pour lui fournir un renouvellement de prescription : Refill. Dr Dre et lui sont malins, ils ont gardé en réserve un supplément de six inédits, juste au cas où. Et pour nous en mettre plein les yeux, ils ont rajouté « Forever », la super-collaboration avec Drake, Lil Wayne, Kanye West et Eminem, extrait de la bande-son de More Than A Game.

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50 Cent « Before I Self-Destruct » @@@


Alors alors – écris-je en me frottant les mains – j’ai quelque chose de très délicat à confier à mes lecteurs. Beaucoup de gens l’ont peut-être déjà remarqué quand je sévissais sur Rap2K, ces gens-là me reprochant un manque d’objectivité que je niais en réponse, et seules quelques connaissances sont au courant de ce mal qui m’habite depuis sept ans. J’en connais qui vont avoir un air moqueur en l’apprenant, d’autres qui hausseront les épaules mais il faut que ça sorte : je suis officiellement un ‘hater’ de 50 Cent.
Attendez deux secondes avant de me pendre sur la place publique, j’ai dit que je n’aimais pas la personne de 50 Cent mais nulle part que je déteste sa musique. Quand vous regarderez ma page ‘discrographie’, vous observerez que j’ai en ma possession l’édition limitée de The Massacre et Curtis. Et je pense mettre la main sur GRODT bientôt. Cette critique de Before I Self-destruct, qui comme celles de ses précédents albums fera débat, est l’occasion (rêvée ?) de poursuivre avec un malin plaisir mon analyse de la descente vertigineuse et prédite de 50 et son empire dans un premier temps, puis dans un second temps une chronique la plus objective possible de ce quatrième album.

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Eminem « Relapse » @@@@1/2


eminemrelapseGuess who’s back ?!? Son surnom est… Slim Shady ! Nous y voilà enfin, Relapse (qui veut dire « rechute ») est dans les bacs depuis le 17 Mai 2009. C’est la fête ! Le retour d’Eminem a nourri les espoirs de ses Stans en manque ces derniers mois. C’est vrai que le rap game n’est pas pareil sans lui, c’est qu’il nous a manqué le bougre durant ces années d’errance (je reviendrai là-dessus après).

Comme d’habitude, les débats ont commencé à faire rage sur la question de savoir s’il allait réussir son come-back et s’il parviendrait à revenir à son meilleur niveau. Mais qu’est-ce qu’on s’en branle ! C’est officiel, Eminem est là, en bonne santé, avec un cinquième album entièrement prescrit par l’éminent Dr Dre, qui lui a fait soumettre une cure de désintoxication à base de productions haut de gamme.

Toutes les réponses aux questions que vous vous êtes posées, et même celles qui ne vous sont pas venues à l’esprit, se trouvent dans cette sortie événementielle.  Sauf une : quand sortira Detox.

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Marsha Ambrosius « Yours Truly » compiled by Don Cannon @@@@1/2


Truth Hurts poliment dégagée du bastion Aftermath, Dr Dre s’est retrouvé à court de diva digne de ce nom dans son roster. Jusqu’en 2004 où il jette son dévolu sur Marsha Ambrosius, chanteuse de soul originaire de Liverpool et moitié du duo Floetry. Cantatrice et écrivain d’exception (elle a co-écrit « Butterflies » pour Michael Jackson), Marsha se laisse conseiller par le docteur et commence par faire des apparitions en featurings avec des artistes américains, rappeurs (The Game, Busta Rhymes, Nas, Freeway…) ou chanteurs (Solange, Jamie Foxx, Alicia Keys). Elle finit par encrer sa signature sur un contrat la liant au label Aftermath en 2008 et prépare dans le plus grand secret son premier album solo.

Et comme pour nous faire baver intentionnellement en attendant la naissance de son premier bébé (prévu dans les horizons de 2009 voire 2010), Don Cannon a compilé sur cette mixtape baptisée Yours Truly des morceaux exclusifs jusque maintenant conservés à l’abri des oreilles indiscrètes sur les DAT cadenassés dans les studios de Dr Dre. Comme il est indiqué sur l’artwork, la majorité des productions est manufacturée par Focus, ghostproducer et collaborateur de Dr Dre depuis… Truthfully Speaking de Truth Hurts en 2001. Lui aussi a un faible pour la crème (anglaise…) des chanteuses de soul.

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Black Milk & Bishop Lamont presents « Caltroit » @@@@


Suite au succès viral de la mixtape téléchargeable Caltroit, la rencontre entre Bishop Lamont et Black Milk A.K.A. la nouvelle génération arrivant respectivement de Detroit et Los Angeles, le petit label underground Fat Beats a saisi l’opportunité de distribuer cette mixtape-mp3 (à l’origine mixée par DJ Warrior) sous forme d’un CD audio classique.

Est-ce qu’il est vraiment utile de présenter à nouveau Black Milk des BR Gunna, l’étoile naissante de Motor City qui a fait connaître son talent de rappeur/producteur avec Popular Demand, et Bishop Lamont, la nouvelle coqueluche de Dr Dre qui génère un buzz incommensurable sur le marché des mixtapes depuis des mois (grâce à Nigger Noize et Pope Mobile). La réponse se trouve dans la question.

Les hip-hopers avertis qui ont downloadé la tape sur le Net remarqueront plusieurs changements minimes par rapport à cette version album CD : en premier lieu, le titre sur la pochette (devenu Black Milk presents sans le nom de Bishop Lamont), et secondement une tracklisting remaniée logiquement sans le « Movie Star » de Focus (un des producteurs de l’équipe Aftermath) et « Ret 2 Go » (featuring les rappeuses Ms Jade, Lady of Rage) produit par Oh No.

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50 Cent « Curtis » @@@1/2


Ou la chronique d’un mini-scandale que j’ai perpétré sans le souhaiter. Cet article m’avait causé énormément de tort pour avoir connement mis un 18/20. Entre messages d’insultes à mon égard, attaques prévisibles groupies versus haters et personnes ayant un bon sens du second degré, j’ai bataillé ferme pour expliquer dans cette insurrection que cette démarche qui n’était pas mon idée, mais celle du webmaster de Rap2K. Etant donné que j’avais décerné un 18 à Kanye West (où là aussi je fus critiqué au sein même de la rédaction), il avait souhaité que je lui décerne la même note pour rentrer la jeu de leur fausse guéguerre médiatique de celui qui allait vendre le plus d’album entre Graduation (lire la chronique) et Curtis.

Bien entendu, il s’agissait d’abord de créer une polémique au sein de la communauté du site afin de susciter des réactions et faire des stats, ça ne sert à rien d’user de la langue de bois. Mais vu que j’en étais l’auteur, j’en ai pris salement pour mon grade. Ma responsabilité de chroniqueur a été quelques peu malmenée par des accusations injustes sans que je puisse justifier correctement ce coup de provoc’. Il est vrai que je ne porte pas 50 Cent dans mon coeur en tant que personne (détestable) et je ne l’ai jamais nié. La chronique de Curtis était pour moi le moment idéal de pouvoir engendrer des discussions animées, et j’en assume pleinement ce fait. Mais pour remettre les choses au clair, je n’ai pas du tout décidé de mettre un 18, l’album ne méritant pas tant. En réalité, j’allais lui attribuer un 15 tout rond. N’y voyez pas là des excuses publiques, mais je ne tenais pas à laisser croire que j’étais capable d’une telle aberration.

Maintenant, je vous propose mon analyse sur la raclée de 50 Cent par rapport à ses ventes de disque et ensuite la chronique revue de Curtis reflétant ma propre opinion.

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