« Oxnard » starring Anderson .Paak @@@@½


Mettre « produced by Dr Dre » à côté du nom d’Anderson .Paak, on l’a tout de suite imaginé après les incroyables performances du chanteur sur Compton de Dr Dre sorti durant l’été 2015. L’auteur de Venice à l’époque, et qui s’appelait autrefois Breezy Lovejoy, était définitivement le joker de cet ultime opus du docteur, avec cette voix, cette interprétation et ce charisme prodigieux, même cette ‘scène’ de noyade sur « Deep Water« . Galvanisé par ses prestations, le public n’avait plus d’oeil que pour la sortie en indépendant de Malibu qui a démarré l’année 2016 en beauté et c’est seulement quelques semaines plus tard qu’il annonçait faire partie du bastion Aftermath. Cette news tombait presque comme une évidence, il ne restait plus qu’à attendre…

En signant chez Aftermath, Anderson .Paak est devenu aussi le premier artiste de 12 Tone Music, label fondé par Doug Morris qui n’est autre que l’actuel Président de Sony Music (après avoir officié chez d’autres grandes majors comme Warner et Universal Music). C’est une information dont on se carre complet mais qui souligne qu’Andy est un artiste très recommandable dans les hautes sphères. Alors après Venice Beach et Malibu, le chanteur-batteur nous emmène sur le sable d’Oxnard, une ville située au nord de Los Angeles connue des amateurs de hip-hop comme étant le lieu de résidence de Madlib. Aujourd’hui, le destin fait qu’elle est représentée par Anderson .Paak, presque miraculeusement quand on connaît parfois le sort réservé aux signataires d’Aftermath. Jon Connor n’ont pas eu cette chance.

Mais c’est pas grave, Oxnard est dispo et c’est génial, notre impatience est enfin nourrie. Sans l’avoir écouté, il est évident que cet opus sera dans les highlights de 2018 et qui survivra au temps sans aucune difficulté. On pouvait le juger rien qu’avec le single funky « Tints » avec Kendrick Lamar, sur une production signée Om’Mas Keith (des Sa-Ra) et Pomo (hélas pour lui non crédité mais dont la patte se fait entendre). La touche rétro est totalement assumée et teinte ce troisième album studio, du morceau d’ouverture « The Chase » (qui convie la très talentueuse Kadhja Bonet) avec son côté blaxploitation jusqu’au festif « Cheers » avec ses cuivres old school. Il y a même Snoop Dogg qui saute sur le premier couplet de « Anywhere » parce que l’instru (de Jason Pounds) le rend très nostalgique, super-smooth comme chanson et truffée de références en matière de r&b (saurez-vous les retrouver toutes?). Pour « Petty/Smile« , j’ai même cru que les synthé R&B très eighties étaient l’oeuvre de mndsgn, c’est dire (en fait je m’étais trompé c’était Callum & Kiefer).

Le soin apporté par Anderson .Paak et Dr Dre tranche avec la rugosité du timbre de voix et le franc-parler du chanteur, ses tripes ont pas mal servi à écrire ses textes. Vu sous un certain angle, Oxnard partage pas mal de ces points communs avec Truth Hurts et son classique Truthfully Speaking paru chez Aftermath au début des années 2000 (et c’est pas du bullshit). Paak égratigne la politique américaine sur l’incroyable « 6 Summers » et n’hésite pas à rapper s’il le faut sur « Saviers Road » mais pas sur n’importe quel beat, c’est du 9th Wonder. Dommage qu’il n’ait pas utilisé un beat de Madlib qui vient aussi d’Oxnard! Paraît qu’une chanson avec Pharrell Williams n’a pas été retenue pour l’album… Enfin bref. Pas de Pharrell mais oui à Pusha T qui fait l’éloge de son frère sur « Brother’s Keeper » (« My brother just turned down a half a million dollars / For being one half of one of the greatest duos in hip-hop history ») et ce cher J.Cole sur « Trippy« , pour évoquer chacun leur relation conjugale. « Cheers » est une merveilleuse occasion de réunir à nouveau Anderson .Paak avec Q-Tip (leur première collaboration sur l’ultime album des Tribe Called Quest était magique), le premier évoquant la disparition de son ami Mac Miller et la légende new-yorkaise ne manque pas d’émotion quand il repense à Phife Dawg. Puis le duo avec BJ Chicago Kid sur « Sweet Chick« , c’est trop, on en n’attendait pas tant.

Dr Dre est à la fois un gros point fort et un point faible sur Oxnard, au moins ça aboutit un certain équilibre. Le super-producteur a apporté une finition et un grain de musicalité supplémentaires à l’univers d’Anderson .Paak mais n’a pas toujours réussi à imposer ses choix face au chanteur dont le spectre artistique était déjà bien défini. D’accord Dre a réussi à glisser l’instrumental innovant du single « Who R U? » (co-produit par le dangereux Dem Jointz) ainsi que « Mansa Musa » (avec la rappeuse Cocoa Sarai qui pose ses voix sur pas mal d’autres morceaux), deux morceaux que l’on croirait être des prods recyclées de Detox et qui ressortent sensiblement du lot par rapport aux vibes plutôt throwback, alors que pour « Cheers » avec Q-Tip et la bonus track « Left To Right« , c’est le compromis entre les scalpels du docteur et le groove instrumental de .Paak. Pour le reste, Dr Dre fait ce qu’il sait faire de mieux : le mixage de toutes les tracks avec la précision chirurgicale qui le caractérise.

C’est pas tout, avant de finir, il faudrait aussi parler du personnel très nombreux qui a participé à cet album, de près ou de loin. On vu Pomo parmi les auteurs du hit ensoleillé « Tints » mais aussi entendu les voix de Kadhja Bonet et Cocoa Sarai qui jalonnent cet opus. Le musicien Chris Dave (« Trippy« ) et Focus ont mis leur grain de sel également. Le producteur Fredwreck a également été mis à contribution, le bassiste Curt Chambers, Sly Piper (le mec qui a fait le refrain de « Kush » de Snoop et Dre) au micro et au saxo, la chanteuse Norelle sur le midtempo « Headlow« , J.LBS, KRS-One (!) qu’on peut entendre sur « 6 Summers« , Thurz, SiR, Blakk Soul, Rich Harrison… et c’est bien la voix Busta Rhymes qu’on entend sur le refrain de « Left to Right » ainsi Thundercat à la basse.

 

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