Archives du mot-clé Thundercat

Travis Scott « ASTROWORLD » @@@½


C’est probablement la sortie rap de l’été. Annoncé de longue date, bien avant Birds In The Trap Sing Brian McKnight, ASTROWORLD (qui s’écrit tout en majuscule) confirme sans forcer la statut de valeur sûr de Travis Scott, la vraie poule aux oeufs d’or du label Grand Hustle de T.I. De l’or, comme son portrait gonflable qui figure sur la pochette façon entrée d’un parc à thème. Ticket est pris.

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Mac Miller « Swimming » @@@@½


Ce cinquième album de Mac Miller s’appelle Swimming mais il n’a pas besoin de bouée de sauvetage. Le rappeur recolle les morceaux de son coeur brisé tout seul après sa séparation avec l’idole des jeunes, la chanteuse Ariana Grande. Non, Malcolm poursuit son escapade en solitaire contre vents et marées avec ce successeur de The Divine Feminine et maintient le cap de son évolution artistique.

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Patrick Paige II « Letters of Irrelevance » @@@@½


The Internet est devenu au fil des albums un groupe phare des années 2010. Leur musique ‘quiet storm’ nous attire dans leur toile dont il devient impossible d’en réchapper. Au début une fraction de l’incontrôlable collectif Odd Future, la bande a évolué dans le bon sens et arrivé à mûrissement, les membres ont tour à tour commencé à s’émanciper en solo à partir de 2017 après trois albums ensemble. Dans l’ordre chronologique : Matt Martians avec l’OVNIesque The Drum Chord Theory, suivi de la chanteuse Syd the Kyd avec un Fin sulfureux, le génial Steve Lacy avec un EP de démos et maintenant leur bassiste, Patrick Paige II.

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Janelle Monae « Dirty Computer » @@@@½


Lorsque Janelle Monae avait sorti son premier EP Metropolis: Suite I, tous avions immédiatement vu son talent immense dans cette femme en Tuxedo, vu son univers rétro-futuriste truffé de références musicales comme littéraires et cinématographiques, vu le futur d’une grande star. Ce qu’elle est devenu dix ans plus tard, le futur c’est donc maintenant, grâce aussi à ses talents d’actrice que l’on a découvert dans deux sorties majeures, Moonlight et Hidden Figures. Alors pour la sortie événementielle de ce troisième album baptisé Dirty Computer, Janelle se lâche totalement.

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Kali Uchis « Isolation » @@@@


Kali Uchis, ah Kali… ça m’a pris quelques secondes seulement pour succomber à son charme, c’était juste en l’écoutant en featuring sur « Find Your Wings » et « Perfect » de Tyler the Creator, deux morceaux extraits de Cherry Bomb. Puis je l’ai vu, cette femme d’origine colombienne de 21 ans, dans les deux clips desdits chansons de Tyler et j’ai senti mon corps doucement fondre comme une glace à l’italienne qu’on lèche avec délectation. Justement, les beaux jours sont arrivés, ainsi que ce premier album de Kali Uchis, Isolation.

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N*E*R*D « NO_ONE EVER REALLY DIES » @@@@


Fin 2010, les N*E*R*D* sortaient Nothing, un opus d’une dizaine de chansons qui, en dehors d’une petite poignée de titres divertissants et une collaboration remarquée avec Daft Punk, a suscité l’enthousiasme d’un groupe qui recyclait sa musique, signe d’une arrivée en bout de course. Il fallait posséder la version US avec ses quatre tracks supplémentaires pour y trouver son compte (et encore). Avec le recul, Nothing marquait la fin d’une époque pour Pharrell Williams, Chad Hugo et Shay Haley, car ce fut donc leur dernier projet sur leur label historique Star Trak et leur dernier produit sous leur nom immortel The Neptunes. D’autres extraits des NERD ont fait surface depuis pour la soundtrack de Bob l’Eponge notamment, une tournure pop qui n’était pas un bon signal pour l’avenir du trio. Sept ans plus tard, l’éternel jouvenceau Pharrell impulse un retour de sa bande par le biais de son nouveau label I am OTHER et le résultat de ce travail, qu’il a entièrement produit, a donné ce cinquième album épo-acronyme NO_ONE EVER REALLY DIES. Plus qu’un retour, un vrai nouveau départ.

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Kendrick Lamar « DAMN. » @@@@


Alleluia, King Kendrick est revenu parmi nous avec son troisième album chez Aftermath. Dayumn! D’accord, le rendu final n’a pas la gueule de la tracklist inventée par un fan promettant un orgasme auditif avec des noms comme Kanye West, Q-Tip, Andre 3000, Thundercat et D’Angelo, aucun de ces noms n’y figure. Faut se l’avouer, cette hypothétique tracklist nous avait tous surexcités peu après l’extrait « Heart 4 » qui nous donnait un mystérieux rendez-vous pour le 7 Avril, rendez-vous qui fut ajourné au vendredi suivant, le 14.

Illustré par cette pochette semblable à une couv’ de magasine, DAMN. a été, le jour même de sa sortie, aussitôt sacralisé (le terme ‘classique’ était déjà lâché sur les RS) et fait l’objet de théories (pas si farfelues soit-dit en passant) autour d’un possible second album (parce que GOD/DAMN, DAMN/NATION), ce qui en soi n’a plus rien d’impossible en 2017. Pour mettre les choses au clair, l’intéressé a réfuté cette possibilité. Et tant qu’à mettre les choses au clair, ‘Damn’ ne se lit pas au sens du juron (« mince », NdT), il a fallu lire les récentes interviews de monsieur Lamar qui expliquait que la religion était l’élément central de ce nouvel opus pour comprendre que le titre se lit par « damné », « satané ». Être Kendrick, marcher sur ce destin extraordinaire, ce n’est pas simple.

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Thundercat presents « Drunk » @@@@½


Au début de sa modeste carrière, Stephen Bruner n’était crédité que pour ses dons de bassiste pour des artistes allant des membres des Sa-Ra à la reine Erykah Badu. Mais ça ne suffisait pas, son potentiel artistique lui réclamait de créer sa propre musique, un potentiel que ce sorcier de Flying Lotus a vu, lu et cru en lui. FlyLo le signe sur son label Brainfeeder, lui produit ses deux premiers albums apocalyptiques alors qu’une complicité s’installait entre eux deux, puisqu’ils n’ont eu de cesse de collaborer l’un pour l’autre, avec à chacune de leurs créations un émerveillement certain.

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Kendrick Lamar « untitled unmastered » @@@@


Sortir des albums de nulle part en prévenant une semaine maximum à l’avance, ou bien carrément sans prévenir du tout, commence à devenir une habitude dans l’industrie musicale. Mais l’effet de surprise est toujours réel. C’est le coup de poker que la structure Top Dawg Entertainment a tenté en livrant un mini-album de démos (ou ‘leftover’) de Kendrick Lamar, logiquement intitulé untitled unmastered. On peut voir ça aussi comme un cadeau suite à sa récompense du Grammy Award du meilleur album rap avec To Pimp a Butterfly.

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Ty Dolla $ign « Free TC » @@@@


Rae Sremmurd, Kid Ink, Demrick, Fashawn, Kendrick Lamar, Young Thug, Snoop Dogg, Gucci Mane, Dom Kennedy, Tyga, Future (avec ou sans Drake), migos, Warren G, Dr Dre, Dam-Funk, Travi$ Scott, Jay Rock, Fetty Wap, Casey Veggies, Bryson Tiller, The Game deux fois, Ras Kass avec Semi-Hendrix, Serial Killers, Jeezy… Ouais, l’année 2015 est Westcoast, et un peu trap, à l’image de ce premier album de Ty Dolla $ign.

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Kirk Knight « Late Knight Special » @@@½


Avec Joey Bada$$ (qui a ouvert cette année 2015 avec l’immense B4.DA.$$) et CJ Fly, Kirk Knight fait partie des Pro Era, ce crew qui alimente la Beast Coast depuis trois ans. Ce dernier emboîte le pas à son tour avec un premier essai Late Knight Special chez Cinematic Music Group et dont il serait dommage de passer à côté.

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White Boiz (Krondon + Shafiq Husayn) « Neighborhood Wonderful » @@@@


Les White Boiz sont un super-duo comprenant le rappeur Krondon (du Strong Arm Steady) et le chanteur-producteur Shafiq Husayn (Sa-Ra Creative Partners). Cela fait plus d’un an et demi, à peu près, que leur joint-project dans les cartons de chez Stones Throw. Lorsque j’ai eu la chance d’interviewer Krondon (parfois orthographié KRNDN) pour Now Playing Mag, ce dernier avait évoqué ce projet en Février 2014 alors qu’il était quasi bouclé.

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Mac Miller « GO:OD AM » @@@@


On va commencer par un paragraphe d’intro ma Foi classique. Fort d’un succès majeur en indépendant avec Blue Slide Park et Watching Movies With The Sound Off chez Rostrum,  Mac Miller est passé en major en signant chez Warner un deal de 10 millions de dollar (d’après la rumeur) pour ouvrir son label REMember Music. From the bottom… maintenant le revoilà après un an de silence radio depuis sa mixtape Faces avec son troisième LP GO:OD AM. C’est là qu’il faut cliquer pour lire la suite si vous naviguez depuis le site.

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Kendrick Lamar « To Pimp a Butterfly » @@@@@


Aout 2013, le couplet de Kendrick Lamar sur « Control » de Big Sean crée un énorme séisme qui a secoué tout le rap américain comme cela n’est pas arrivé depuis très longtemps. Son but : devenir le numéro 1, en se couronnant lui-même Roi de la Côte Est. Culotté, sans parler du name-dropping, suscitant des réactions de toute part. Et après, « que de la gueule » ? Détrompez-vous, To Pimp a Butterfly est l’oeuvre d’un artiste qui a les épaules d’un leader-né, une oeuvre plus Noire qu’il n’y parait. Il n’y a qu’à regarder la pochette renversante de l’album pour le comprendre.

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Vous ne prendrez pas sa liberté de penser…

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Il est encore difficile de prendre la mesure une semaine après sa sortie -avancée d’une semaine- du potentiel immense de ce second album en major de K dot, et il faudra bien plusieurs mois, voire plusieurs années pour se rendre compte de son impact, déjà très important, à tous les niveaux, culturel comme commercial en battant des records de lecture en streaming notamment. Ce qui est certain, c’est que le rappeur de Compton est parti dans une dimension bien plus vaste, musicalement comme sur le plan socio-politique. L’idée de To Pimp a Butterfly a germé après la sortie Good Kid, m.A.A.d. City qui l’a propulsé comme le prince incontesté de la Westcoast. Le succès à gérer, la pression qui devient plus écrasante, puis le contexte très tendu aux Etats-Unis avec ces bavures policières envers des afro-américains qui ont embrasé les rues comme les esprits de toute une communauté, parallèlement à une résurgence de l’histoire de l’esclavage.

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On perçoit un début de réponse à la formule « To pimp a butterfly » dès le premier morceau « Wesley’s Theory » (en référence à l’acteur Wesley Snipes inculpé pour évasion fiscale), lorsque raisonne un sample de soul « every nigger is a star ». Kendrick Lamar porte sa vision de l’industrie du divertissement qui fait miroiter monts et merveilles pour l’attirer et mieux l’influencer, le système qui lui répond dans le second couplet. Entre les deux versets, les bons conseils de son mentor Dr Dre lui viennent en aide. Kendrick Lamar expliquera à la fin du disque le sens de cet album, de la formule « to pimp a butterfly », par le fait que le système veuille détourner le talent d’artistes afro-américains, vu métaphoriquement comme un papillon. Je reviendrai plus tard sur ce dernier track « Mortal Man« , parce qu’il se passe franchement quelque chose d’incroyablement surréaliste et hautement symbolique sur ce morceau.

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Comme pour GKMC, To Pimp a Butterfly suit un ou plusieurs fils conducteurs, avec des thèmes récurrents pour apporter une cohérence et de la matière à ses propos. Sur Good Kid m.A.A.d. City, c’était les tribulations d’un adolescent avec ses homies, sa vie au milieu des gangs et sa copine Sherane. Ici la coqueluche d’Aftermath raconte le parcours et les conflits intérieurs qu’il a connu pour ne pas être tenté par le diable, ses excès et ses tentations. En parallèle, il entame un texte qu’il complète au fur et à mesure, utilisant un temps de parole dans les dernières secondes de certaines pistes, et dont les premiers mots qui reviennent sont « I remember you was conflicted, misusing your influence… » On ne connaîtra que le texte entier tout à la fin aussi, un texte qui résume parfaitement son récent vécu et son état d’esprit, ce après le morceau « Mortal Man« . Le rappeur fait aussi référence à Lucy (sur « For Sale?« ), une personnification de Lucifer. Mais avant d’aller plus loin, Kendrick Lamar ré-affirme son statut de roi à qui on veut couper les jambes sur « King Kunta » (en référence à l’esclave Kunta Kinte qui a fini un pied coupé) avec ces vers :

« I made it past 25 and there I was/ A little nappy headed nigga with the world behind him/ Life ain’t shit but a fat vagina/ Screamin’ « Annie are you ok? Annie are you ok? »/Limo tinted with the gold plates/Straight from the bottom, this the belly of the beast/From a peasant to a prince to a motherfuckin’ king »

Petit à petit le californien se retrouve confronté aux péchés et aux démons qu’entraînent cette sensation de pouvoir sur « Institutionalized » et ce que cela implique d’un point de vue psychologique lorsque la conscience s’en mêle sur « These Walls« , pour qu’au final cette ivresse lui fasse tourner la tête et sombrer dans l’alcool et la dépression sur « u« . Le rappeur termine des rimes aux larmes quand sa conscience (moment où il prend une voix bizarre) s’adresse à lui, comme c’était le cas sur « Swimming Pools« . « Alright » arrive à pic pour repositiver quand la fameuse Lucy vient s’adresser à lui sur « For Sale? » et tenter de corrompre son âme à nouveau. C’est là que Kendrick Lamar décide de se ressourcer et rentrer chez lui (« Momma« ) pour retrouver les pieds sur terre.

La suite devient encore plus intéressante, le rappeur a ouvert en grand ses champs de perception. « Hood Politics » constitue une critique envers les rap listeners et leur mentalité, avec ces brillants analogismes, et néologismes, que sont les Democrips et les Rebloodicans, en référence aux deux gangs de L.A.. On retient particulièrement cette phrase énervée qui rend hommage à la moitié des Run The Jewels « Critics want to mention that they miss when hip hop was rapin/ Motherfucker if you did, then Killer Mike would be platinum », avant de menacer quelques rimes plus loin « I’m the only nigga next to Snoop that can push the button ». Il évoque ensuite sur « Complexion (Zulu Love) » un sujet de prédilection de rappeurs dits « conscients » et engagés, à savoir la couleur de peau, avec pour finir un superbe couplet de la rappeuse Rapsody, la seule et unique personne habilité à poser un couplet sur tout To Pimp a Butterfly, si on exclut l’apparition du doggfather Snoop Dogg sur « Instutionalized« . Il démontre sur « How Much Cost a Dollar » aussi qu’en tant que storyteller, il peut narrer des fictions inspirées de la réalité d’un personnage tiers. Mais c’est bien « The Blacker the Berry » le morceau rap le plus sombre de Kendrick Lamar. Servi par une prod très lourde signée Boi-1da (et une apparition non-créditée du chanteur ragga Assassin), le nouveau Roi débute ses couplets par « I’m the biggest hypocrite of 2015 » avant d’entamer un texte sur la haine raciale et ces ressentiments très enfouis. Tout le contraire du titre qui suit, « i« , le single radio où Kendrick Lamar affiche sa fierté pour sa communauté sur un sample des Isley Brothers. Il y scande le terme de « negus », définition de « empereur noir » en éthiopien, pour ne plus dénigrer le N-word.

C’est là qu’on arrive à « Mortal Man« . Kendrick Lamar termine son texte et termine sur un dialogue social et politique avec… Tupac Shakur, aussi réaliste que la dernière apparition publique de son fantôme holographique à Coachella en 2013.

 

 

…ni de créer

Puis on repasse à la piste 1, on réécoute, on capte les éléments qu’on n’a pas encore saisi, les détails, et arrivé en bout de piste 16, repeat. Cette fois pour faire le tour des productions, gérées par un cercle très fermé de producteurs de la maison TDE (comme Sounwave et Tae Beast), de musiciens hyper-talentueux et autres artistes les plus doués de leur génération. C’est déjà le choc des générations sur le premier morceau, quand le père de P-Funk George Clinton prête sa voix sur un instrumental co-signé par Flying Lotus. La musique Funk retrouve le vent en poupe ces mois-ci et quelle soit ‘P’ ou ‘G’, elle imprègne chaque recoin de l’album. To Pimp a Butterfly demeure un album de rap californien avant tout, il en possède les gènes. Il y en a sur « King Kunta« , à travers de sample de DJ Quik (tiré de « Get Nikked » de Mausberg) jusque « i » avec ce riff emprunté aux Isley Brothers (samplé pour la première fois en 89 par les Beastie Boys sur « B-Boy bouillabaisse« ).

Pas de gangsta-rap, ni de trap. Kendrick Lamar s’est entouré d’une équipe de musiciens et chanteurs qui savent admirablement expérimenter les mélanges entre Nu soul et musique Hip-Hop, à savoir Terrace Martin (dont le saxophone est quasi omniprésent sur l’album), Stephen « Thundercat » Bruner qui donne de la basse et sa voix, Taz Arnold des Sa-Ra Creative Partners (Talib Kweli, John Legend, Erykah Badu, Pharoahe Monch…), Bilal, Anna Wise, James Fauntleroy et même Robert Glasper qui illumine l’outro de « Blacker the Berry« . C’est cet orchestre idéal, de noms qui se connaissent mutuellement dans le milieu, qui apporte ces savoureuses saveurs de nu soul et jazz à To Pimp a Butterfly. On retrouve même de l’afro-beat sur l’outro de « Momma« , c’est à se demander si on navigue toujours dans le symbolisme.

Et Dr Dre ? Son nom n’apparaît qu’en tant que producteur exécutif, et sa voix sur « Wesley’s Theory« . Tous les titres sont pratiquement mixés par Ali. Les rumeurs racontent qu’il se cache sous l’alias DragonLove (crédité sur « How Much Cost a Dollar » et le très agréable « You Ain’t Gotta Lie« ), et c’est le producteur Sounwave qui l’aurait sous-entendu sur Twitter. Il faut avouer que le beat de « How Much Cost a Dollar » a mis la puce à l’oreille, on perçoit clairement la signature du docteur. Pourquoi utiliser un autre surnom ? Pour éviter les critiques ? Et puis pourquoi pas, après tout d’autres grands artistes l’ont fait, notamment Stevie Wonder qui avait employé le surnom El Toro Negro sur Perfect Angel de Minnie Ripperton. Le seul super-producteur qui participe à l’album n’est autre que Pharrell Williams (« Alright« ), tout l’inverse de Knxwledge, un artisan du hip-hop alternatif mais pas moins réputé. Et le légendaire Pete Rock est bel et bien impliqué, il s’occupe des scratches sur « Complexion« . Kendrick Lamar est le directeur artistique à bord, c’est écrit d’ailleurs.

 

En faisant la synthèse de To Pimp a Butterfly, musicale comme thématique, cet album s’intègre dans la lignée d’oeuvres nu soul très pro-Black dans l’âme, récentes comme Black Messiah de D’Angelo, undun des Roots, les deux volets New AmErykah d’Erykah Badu, comme lointaines, on pense à Like Water for Chocolate de Common ou encore Me Against the World de 2Pac, album qui fête ses 20 ans ce mois de Mars 2015. Ce ne sera pas nécessairement le meilleur des albums rap des mois passés ou à venir, mais sûrement le plus important, suffisamment pour remporter un Grammy Award l’an prochain. Si cela n’arrive pas, je mange mon chapeau.

Flying Lotus « You’re dead! » @@@@½


Pan! T’es mort. Ça y est, c’est la fin? Pour Flying Lotus, ce n’est que le point de départ de sa cinquième oeuvre, You’re dead, parue chez Warp le jour de son 31e anniversaire.

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