Archives pour la catégorie 2006

Mos Def « True Magic » @@@


Lorsque True Magic (Geffen/Barclay) est arrivé dans les bacs ce début d’année, on s’est tous demandé qu’est-ce que c’est que cette mystérieuse pochette translucide avec juste le CD à l’intérieur. Copie bootleg ? Presque. Selon un communiqué de presse des représentants d’Universal, il s’agirait en fait d’une édition limitée à 110 000 exemplaires. Autrement dit, c’est une version non-finalisée, pour ne pas dire officieuse, et qui fait déjà office de collector, avec un boîtier spécial en polypropylène, sans livret (les crédits sont disponibles en ligne sur www.mosdefmusic.com), ni papier au recto. Soucieux de la préservation de l’environnement, Mos Def a transformé une opération marketing en geste écologique, c’est ça qui est magique.

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Hall of Justus « Soldiers of Fortune » @@@


Le collectif de la Justus League a permis d’être dévoilé au public hip hop underground grâce à la notoriété des Little Brother, ainsi que leurs divers projets personnels. Ceux qui supportent cette ligue de rappeurs originaires majoritairement de Caroline du Nord connaissent déjà les noms de quelques des affiliés, comme The Away Team, L.E.G.A.C.Y., Chaundon, Joe Scudda (grâce à son featuring sur « Lovin’ It »), le chanteur Darien Brockington, etc… Après quatre années d’activité et d’attente, la Justus League, via le sous-groupe Hall of Justus, fait surface pour la première fois en compilation via le sous-groupe Hall of Justus, avec Soldiers of Fortune (ABB Records/ Nocturne), produit par 9th Wonder, Khrysis, Nottz, Buckwild…

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Clipse « Hell Hath No Fury » @@@@@


Clipse ou l’histoire d’un groupe qui n’a pas marché sur la crotte du bon pied. Annoncé depuis Février 2004, Hell Hath No Fury (Re-Up Gang Records/Star Trak/Jive) aurait pu finir dans un fond de tiroir, tout comme le tout premier essai en 2001. ‘Non, pas une deuxième fois’ s’était-on dit. Mais les deux frérots sont malins, en sortant leur ligne de mixtapes We Got It For Cheap pour garder contact avec leurs fans hardcores et faire patienter. Il aura donc fallu deux ans de négociations tendues avec leur maison de disque pour que leur second opus puisse enfin voir le jour, et le lot de spéculations habituelles avec la brûlante question récurrente : y aura-t-il d’autres noms à la réalisation autre que Pharrell et Chad ? Et bien que nenni, Hell Hath No Fury, c’est un pur produit non-formaté et non-coupé 100% Neptunes. Alors, chaud les marrons car cet Hiver, ce sont les Clipse qui vont faire tomber de la poudreuse.

La formule reste la même que précédemment : Pusha T et Malice parlent de temps en temps de coke dans leurs textes. Et de temps à autre, ils parlent aussi de coke, sans oublier quelques allusions à la coke par diverses ellipses et métaphores. Cela ne leur a pas empêché en tout cas de taper modestement dans le XXL, la note maximale du magasine US du même nom, avec ce format court complété par douze grosses bombonnes de gaz. Hell Hath No Fury commence naturellement par l’hymne du Re-Up Gang, « We Got It For Cheap » et son bon gros orgue qui te souhaite la bienvenue dans leur univers, tout en balançant quelques piques malfaisantes. En bons dealers de son rap made in Virginia, les Clipse rappent comme des crève-la-faim avec leur « cocaïne flows » respectifs dès les présentations. Et nous en tant que futurs ou fidèles consommateurs, on ne demande qu’à goûter leur nouvelle came sans plus attendre.

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Jay-Z « Kingdom Come » @@@½


Quand j’ai écouté pour la première fois ce Kingdom Come, ça m’a procuré le même effet que les précédents disques de Jay-Z : un certain dépaysement, un temps d’adaption à la nouvelle forme sonore (signée Just Blaze et Dr Dre, ainsi que les Neptunes, Swizz Beatz et un très bon DJ Khalil). Bref, c’est comme s’il n’avait jamais pris sa retraite qui n’aura duré que deux ans. Quoique, une fausse retraite puisqu’il a sorti deux albums collaboratifs, un second (cuisant échec) avec R Kelly et un autre mash-up avec les Linkin Park. C’est bel et bien réel. Comme Jordan, il est revenu dans le game. C’est le retour du roi de New-York dans un costard de président du Hip-Hop. Call it a come-back.

D’après un commentaire publié le 3 Décembre 2006

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Fat Joe « Me, Myself & I » @@@


Avec All Or Nothing, Fat Joe a joué le tout pour le tout sans autre alternative avec un album à la fois street et mainstream, pour ne pas dire à double tranchant. Résultat entre tout ou rien ? ça sera rien, pas même un disque d’or. Cet insuccès a contraint le rappeur de revoir ses ambitions à la baisse en quittant Warner pour signer son label (et groupe) Terror Squad chez la major concurrente, Virgin Records. Budget resserré et allégé, le gros Joe a dû apprendre à devenir moins gourmand et revenir sur de nouvelles bases avec Me, Myself & I (comme la célèbre chanson qui a fait connaître les De La Soul). Pour cette cuvée 2006, ce sera menu minceur : deux featurings seulement (Lil Wayne par deux fois et The Game), format court (une douaine de tracks), fini les gros producteurs à la mode (hormis Scott Storch alias le caméléon), pas de morceau r&b ni « club-banger », en gros une tentative de retour aux origines new-yorkaises.

Chronique originale écrite le 20 Novembre 2006
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2Pac « Pac’s life » @@@


Au début, il devait sortir cette année 2006 un album commémoratif en l’honneur du triste anniversaire des dix ans de la disparition de Lesane Crooks alias Tupac Shakur aka 2Pac ou encore Makaveli. On parlait d’un double-album même, avec son lot de rumeurs habituelles comme entre autre la participation exclusive de Dr Dre… Et comme un malheur n’arrive jamais seul, un malencontreux concours de circonstance a voulu que Death Row (le ‘label rouge’ californien qui a dominé le rap game durant les années 90) fasse son dépôt de bilan ce mois de Septembre 2006, survenu après quelques sombres affaires judiciaires. Curieux hasard n’est-ce pas. Mais depuis quelques temps déjà c’est la société Amaru qui détient les masters de 2Pac et non plus Suge Knight. Quelque part, c’est rassurant de voir que Afeni Shakur, la mère du défunt rappeur, a pu s’approprier les droits des œuvres inédites de son fils et non plus le baron du gang des Bloods. En contrepartie, depuis ce droit de succession pourrait-on dire, la génitrice en question est devenue une redoutable femme d’affaire (disques, ligne de vêtement Makaveli Branded,…) et présidente de multiples associations portant le nom de Shakur. C’est pourtant la seule personne qui puisse posséder la légitimité d’user du nom de Tupac, apparentement familial oblige.

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Snoop Dogg « Tha Blue Carpet Treatment » @@@@


Bigg Snoop Dogg le boss a depuis peu entrepris la responsabilité de porte-parole de la côte ouest, un rôle qui lui tient à cœur depuis la Westcoast Conference de 2005, une rencontre au sommet qui avait pour but de revitaliser les troupes californiennes qui peinaient à se motiver depuis quelques années. Depuis cet événement majeur, les choses se sont améliorées puisque Kurupt et Daz ont fait la paix, The Game (parrainé par Dr Dre) est devenu double-platine avec The Documentary et Ice Cube, E-40 sont devenus disques d’or un an après. De son côté, Snoop Dogg a plaidé la cause de Tookie Williams (un des fondateurs du gang des Crips) avec « Real Soon » et « Real Talk », produit Cali Iz Active des Tha Dogg Pound et préparait le très attendu Tha Blue Carpet Treatment (DoggyStyle/Geffen/Barclay), son huitième album.

Chronique originale écrite le 16 Novembre 2006

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Hi-Tek « Hi-Teknology²: The Chip » @@@@½


Producteur affilié à Rawkus Records durant son apogée, Hi Tek a su très vite faire reconnaître ses talents de beatmaker en signant des instrumentaux pour Mos Def et Talib Kweli principalement, sur des œuvres telles que Black StarReflection Eternal ou lesSoundbombing. La première page de ce très beau chapitre fut conclue avec Hi-Teknologyvers la mi-2002, dont certains nostalgiques de cette époque glorieuse n’hésitent pas à qualifier de classique. Les années passent et Hi-Tek part vers d’autres horizons, guidé par son ambition en continuant d’affiner son style et en côtoyant les membres du staff G Unit et la ligue de sous-traitants à la solde de Dr Dre (avec Focus et Scott Storch). Une montée en puissance aussi discrète soit-elle qui lui a valu d’être signé sur le prestigieux label underground Babygrande, qui cumule les meilleures sorties de cette année 2006 (Jedi Mind Tricks, Bronze Nazareth, Army of the Pharoahs…). Bilan du fruit de ses derniers travaux avec Hi-Teknology2 : The Chip, prêt à passer un second palier dans sa carrière.

Chronique originale écrite le 11 Novembre 2006

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The Game « Doctor’s Advocate » @@@@½


Après avoir crée un engouement hors du commun avant la sortie de son premier album The Documentary (sorti sur Aftermath/G Unit Records), The Game n’a pas pour autant cessé de faire parler de lui après la sortie de ce disque qui a connu un énorme succès : environ 400 000 exemplaires vendu le jour de sa sortie aux USA, pour finir double platine et finalement comptabiliser plus de 4 millions d’albums vendus dans le monde. Lui, le nouveau protégé de Dr Dre, lui qu’on nomme déjà comme le nouveau représentant de la Westcoast, est devenu en l’espace de quelques semaines la coqueluche des médias. Il faut dire qu’il y avait matière à se pencher sur son cas, la presse n’ayant cessé de suivre ses péripéties au jour le jour depuis la querelle naissante avec 50 Cent peu après la sortie de Documentary (et qui continue encore de nos jours).

Eté 2005, la nouvelle tombe : 50 Cent, qui l’avait pourtant pris sous son aile et contribué à son succès, annonce à la radio qu’il ne faisait plus partie du crew des G-Unit. S’ensuivit alors de nombreuses tensions et représailles à distance, comme la première fois où le slogan fédérateur ‘G-Unot’ fut lancé lors du festival Summer Jam, sans parler des multiples diss-tracks à l’encontre de Curtis Jackson et sa bande. La réaction du camp adverse fut réciproque. Et ce n’est pas cette pseudo-réconciliation lors de donations de fonds pour diverses associations qui changera la donne. Mais qui sème le vent récolte la tempête… C’est un peu ce que The Game va finir par s’apercevoir à force de chahuter tout le monde et de lancer des campagnes nuisibles sur 50 Cent, vu que celui-ci est aussi lié au label Aftermath.

Chronique originale de Bobby Milk co-écrite par moi le 24 Novembre 2006

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Nicolay « (T)Here » @@@½


Pour tous les fans officiels du collectif de la Justus League, le projet Foreign Exchange (sorti en 2004) a permis de révéler un jeune producteur hollandais, qui s’est connecté avec Phonte des Little Brother grâce aux forums sur Internet. Après une migration vers les Etats-Unis, sa patrie d’adoption, et une mixtape sortie en toute confidentialité (‘City Lights Volume 1.5’), Nicolay se lance enfin avec ‘Here’ chez le prestigieux label BBE Records. Pas seulement un défi pour se faire une place dans le monde du Hip Hop mais un passage obligé pour se faire un nom et une marque de fabrique.

Chronique originale écrite le 16 Septembre 2006

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CL Smooth « American Me » @@@


On l’attendait depuis longtemps, ce fameux album solo de CL Smooth. Depuis sa séparation avec Pete Rock en 95, CL a pris le choix de pousser l’échéance tardivement jusqu’à ce mois de Novembre 2006 histoire d’apporter du recul par rapport à ce début de carrière solo (soit plus de dix ans après le classique The Main Ingredient). À une époque où le rap game évolue sans cesse et peu propice à des vétérans qui ne trouvent plus leurs marques, notre MC à la voix de velours tente malgré tout de faire son come-back dans les bacs avec American Me, produit par Heatmakerz, Divine Mill et Mike Loe. Comme on dit : mieux vaut tard que jamais.

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A.G. « Get Dirty Radio » @@@½


Il est des groupes surgis de l’underground new-yorkais durant les années 90 qui sont classés parmi les intouchables, et les emcees qui en faisaient partie bénéficiaient par conséquent d’une certaine immunité. Le crew du D.I.T.C., qui n’existe plus hélas aujourd’hui, en est la parfaite illustration. Fat Joe, le regretté Big L, O.C., Diamond D, Lord Finesse et Buckwild les producteurs, et puis Showbiz et A.G., sont parmis les personnages les plus notables et respectés du monde du Hip Hop aujourd’hui. Concernant le cas d’Andre the Giant, il n’en est pas à son premier coup d’essai, il avait déjà par le passé sorti deux LP avec son comparse Showbiz (Goodfellas en 95 et Full Scale en 98) et un en solo (Dirty Version en 2000). Six ans plus tard, A.G. revient entouré d’une équipe de producteurs réputés (Madlib, Jake One, Oh No, DJ Design, Finesse, et même J Dilla…) pour son Get Dirty Radio (Look Records/2good) afin de planter un étendard DITC en cet automne 2006. Et puisque les radios et les DJ ne sont plus en mesure de passer du vrai Hip Hop, l’idée d’Andre est de faire sa propre programmation.

Chronique originale écrite le 26 Octobre 2006

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Xzibit « Full Circle » @@½


Libéré de son contrat en major, Xzibit publie son sixième Full Circle en indépendant chez Koch Records. Est-ce que le rappeur hardcore a capitalisé grâce au succès de son émission Pimp My Ride sur MTV ? Rien n’est moins sûr… Le retour à case départ est douloureux pour mister X to the Z.

D’après un commentaire publié le 6 Décembre 2006

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Diddy « Press Play » @@@½


Diddy sans le P

Press Play,
 ça se passe de commentaire : c’est direct, pas besoin de mode d’emploi. Alors sans discuter, tu ouvres le boîtier bleuté (spéciale la cover), tu mets le CD dans le lecteur CD de ta chaîne Hi Fi, autoradio ou dans ton ordinateur et tu appuies sur le bouton ‘Lecture’. Voilà, tu ne discutes pas et pis tu écoutes, tu kiffes ou tu kiffes pas. Curieusement, P Diddy… pardon, Diddy, ne fait pas dans les concessions pour son 5e et dernier opus officiel (ça compte We Invented The Remix ?), qui initialement devait s’intituler PD5. Au dos de la pochette, on remarquera 19 titres, une foule de VIP et tout le gratin de la production actuelle (hormis Dr Dre et Scott Storch). Critiqué, adulé, détesté, martyrisé, politisé, série télévisée, empire Bad Boy divisé, le Diddy portrayé dans les médias n’est décidément pas le même que le Diddy qui met les deux mains à la poche lorsqu’il s’agit de faire un disque. Facile lorsqu’on est la plus grosse fortune du Hip Hop direz vous.

Chronique originale écrite le 15 Novembre 2006

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