Hi-Tek « Hi-Teknology²: The Chip » @@@@½


Producteur affilié à Rawkus Records durant son apogée, Hi Tek a su très vite faire reconnaître ses talents de beatmaker en signant des instrumentaux pour Mos Def et Talib Kweli principalement, sur des œuvres telles que Black StarReflection Eternal ou lesSoundbombing. La première page de ce très beau chapitre fut conclue avec Hi-Teknologyvers la mi-2002, dont certains nostalgiques de cette époque glorieuse n’hésitent pas à qualifier de classique. Les années passent et Hi-Tek part vers d’autres horizons, guidé par son ambition en continuant d’affiner son style et en côtoyant les membres du staff G Unit et la ligue de sous-traitants à la solde de Dr Dre (avec Focus et Scott Storch). Une montée en puissance aussi discrète soit-elle qui lui a valu d’être signé sur le prestigieux label underground Babygrande, qui cumule les meilleures sorties de cette année 2006 (Jedi Mind Tricks, Bronze Nazareth, Army of the Pharoahs…). Bilan du fruit de ses derniers travaux avec Hi-Teknology2 : The Chip, prêt à passer un second palier dans sa carrière.

Chronique originale écrite le 11 Novembre 2006

Dans l’ombre de l’empire Aftermath et ses sub-divisions collatérales dirigées par le géant Interscope (G Unit Records, Shady Records, Geffen…), Hi-Tek a sympathisé avec quelques des superstars de haut rang international. Busta Rhymes figure sur la top-list du producteur, le sergent-chef des Flipmode Squad nous invitant à une « March » entraînante au pas militaire, grâce notamment à son énergie communicative qui émane de son flow. Pas de membre des G Unit à l’horizon (et nous en sommes plus que ravis), puisque le choix s’est porté sur The Game, quitte à s’attirer des foudres. Sur « 1-800-Homicide », l’avocat de Dr Dre pose un et un seul couplet concentré, meurtrier et revendicateur (le « I resurrect this gangsta shit/ And it’s all the motherfucking thanks I get ? » emprunté à « Hello » de Ice Cube), et s’impose une nouvelle fois comme le fer de lance de la Westcoast en lui rendant hommage sur un instrumental marqué par les influences du doc.

Dans le rayon des très bonnes collaborations, on peut souligner celles de la paire Kurupt et Q Tip sur le soulful « Keep It Moving », chacun sous leur meilleur jour, ainsi que la participations des ‘houstonites’ Bun B et Devin the Dude (« So Tired »). Du côté ‘peut mieux faire’, Ghostface Killah propose le service minimum pour la « Josephine » (hypothétiquement prévu sur le tracklisting de More Fish), de même que des Strong Arm Steady (avec Xzibit pour les présentations) pas inoubliables (« Money Don’t Make U Rich »). Pour la parenthèse, Hi-Tek consacre un petit instru avec une mélodie de synthé genre jouet playskool (« I Think I Got a Beat ») pour son jeune fiston, répondant au pseudonyme de Lil’ Tone. Moins anecdotique : la présence du crooner r&b Dion. Celui-ci nous surprend agréablement par la qualité de ses interprétations qu’il varie avec aisance sur pas mal de titres et ses capacités au niveau des vocalises. Pas pour rien que ce talentueux chanteur a été signé sur Aftermath Records.

L’alchimie avec son compagnon de longue date Talib Kweli se récrée le temps de deux chansons aux refrains adoucissants (pour ne pas dire r&b). Sur « Can We Go Back » feat Ayac et « Let It Go » avec le fameux Dion (qui ne cache pas d’ailleurs ses influences de Marvin Gaye), Talib nous montre un aperçu de ses progrès en matière de phrasé (dont ses fans lui reprochaient de ne pas avoir évolué depuis Quality), et il faut dire qu’il n’a jamais aussi mieux rappé que maintenant. Cela promet pour Ear Drums et surtout le projetReflection Eternal 2 ! On le retrouve aux côtés de Papoose, Jadakiss et Raekwon, la crême du Hip Hop new-yorkais sur l’hymne « Where It All Started (NY) ». Quatre emcees d’exception représentant des générations différentes qui posent des couplets d’anthologie malgré un instrumental aussi mélodieux que mollasson, mais cela dit on se laisse terrasser littéralement par chacune des prestations. Quant au grand final « Music For Life », il achève magnifiquement ce Hi-Teknology 2, en réunissant Busta de nouveau, Nas, Common et Marsha Ambrosius au chant (rien que ça) autour d’un couplet posthume de J Dilla pour un Nième hommage. C’est fort en émotion.

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