CL Smooth « American Me » @@@


On l’attendait depuis longtemps, ce fameux album solo de CL Smooth. Depuis sa séparation avec Pete Rock en 95, CL a pris le choix de pousser l’échéance tardivement jusqu’à ce mois de Novembre 2006 histoire d’apporter du recul par rapport à ce début de carrière solo (soit plus de dix ans après le classique The Main Ingredient). À une époque où le rap game évolue sans cesse et peu propice à des vétérans qui ne trouvent plus leurs marques, notre MC à la voix de velours tente malgré tout de faire son come-back dans les bacs avec American Me, produit par Heatmakerz, Divine Mill et Mike Loe. Comme on dit : mieux vaut tard que jamais.


Après une introduction qui reprend des dialogues du film Batman Begins, entendre CL Smooth ce troisième millénaire tient à la fois du plaisir retrouvé et de l’anachronisme. Effectivement, le flow n’a pas pris une ride et les textes réfléchis de CL apportent de la matière à penser, particulièrement en première partie d’album. Le soulful « C.L. Smooth Unplugged » met en valeur un timbre suave reconnaissable entre mille, au même titre que « Gorilla Pimpin’ ». Mais c’est là que le bât blesse, CL Smooth est ancré à ce qui peut dire de l’histoire ancienne : au-delà de ses talents de emcee et lyriciste qui ont su perdurer, l’ambiance reste trop old school. Pour ne rien arranger, la moitié des instrumentaux sont hasardeux ou ne sont pas en adéquation par rapport à ce qu’inspire le bonhomme. « All We Ever Know », l’unique contribution de Pete Rock (bien qu’il s’agisse en réalité de « It’s a Love Thing » extrait de Soul Survivor 2), parvient à faire oublier pendant quelques instants ces regrets pour un moment de nostalgie.

CL Smooth reste et restera indissociable de Pete Rock, et ce n’est pas sur ce fait que l’on se permet de juger que American Me est une profonde déception. Juste qu’il aurait mérité mieux pour une icône. Néanmoins il faut croire qu’il ne témoigne d’intérêt que pour les connaisseurs bien informés, qui préféreront eux aussi se tourner vers leur discographie passée. Ce n’est pas le seul non plus à être dans ce cas là relativiserons-nous. Avec des si, on pourrait se dire que si CL Smooth avait opté pour une carrière solo parallèlement à celle de son ex-producteur Pete Rock au milieu des années 90, il aurait pu entrevoir de meilleures perspectives. C’est trop tard maintenant, le point de non-retour a déjà été franchi et sa notoriété est dépassée par les années d’inactivité.

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