Voilà une rétrospective qui trainait dans mes brouillons depuis 2019. C’est comment alors de réécouter un album du G Unit avec presque 20 ans de recul? Voici le cas de Rotten Apple de Lloyd Banks.
Lloyd Banks est le 2e membre du G Unit a sortir son second album, celui qu’on appelle l’album ‘sophomore’ aux States. Dire que l’album était attendu tient de l’euphémisme alors il sortait des grosses mixtapes avec DJ Whoo Kid (G Unit Radio, Mo’ Money In The Bank,…) pour s’entraîner et nous faire patienter. Il enregistrait tellement de trucs qu’il s’est même fait voler un CD contenant pas moins de 70 tracks pour son nouvel album quelques semaines avant la sortie, durant un ménage-à-trois a-t-il expliqué dans une interview… Mais on était loin du buzz pour The Hunger For More (2004), la G Unitmania s’estompait déjà en 2006 et une certaine lassitude commençait à s’installer… C’est vrai qu’on avait un peu marre de leurs beefs à gogo et de l’ambiance de merde qu’ils ont provoqué dans le rap game.
Ceci a du biaiser mon ressenti sur Rotten Apple à sa sortie qui était le suivant. Je m’étais feint de ce commentaire : « Un album d’1h inégal, au mastering qui l’était tout autant, une sorte mixtape plus travaillée que d’habitude sans un DJ qui gueule sans arrêt et qui peut s’écouter en lecture alétoire. » Mais j’ai re-découvert un album très street dans le fond et sur la forme, avec relativement peu de concessions au mainstream : un unique single « Hands Out » (produit par Eminem), « que » trois feats de 50 Cent, trois chanteurs r&b (Musiq, Keri Hilson, Keon Bryce). Banks est même allé dénicher de beats (parmi plus d’une quinzaine de prodos différents…) du côté de Detroit, chez Young RJ et Nick Speed. On a droit aussi au morceau sudiste contractuel, mais avec un joli trio incluan deux légendes (Young Buck/Scarface/8Ball sur « Iceman »).
J’irai même plus loin en disait que c’est un album où on sent que Lloyd Banks adore écrire et rapper, qu’il s’applique à faire des refrains comme 50 quand ça lui chante. Le Dieu-MC Rakim est même de la partie sur « You Know the Deal ». Le rappeur a progressé niveau flow et l’album sonne moins ‘G Unit’ et plus personnel que le précédent. Pour l’anecdote, le rappeur, partage le même prénom-nom que l’acteur légendaire de Retour vers le Futur : Christopher Lloyd. Aucun vrai hit donc, mieux que ça, Lloyd garde la surprise d’un instru de 9th Wonder sur « One Night Stand ». Vraiment, Lloyd Banks est un garçon plein de ressources. Il a aussi droit au soutien de son voisin du Queens et collègue de label Prodigy sur deux titres (« Get Clapped » et « Rotten Apple »).
C’est vrai qu’on a pu être très critique à sa sortie, surtout ceux qui ne pouvaient pas les piffer. Mais faut reconnaître des années après, c’est pas si mauvais, au contraire ! je ré-invite à le réécouter d’une oreille plus neuve et se refaire un avis. Les ventes? A côté de The Hunger For More, ça a été un flop, néanmoins pour un album axé street il s’en tire à bon compte.
LA NOTE : 14,5/20.
(RETROSPECTIVE ECRITE LE 2 DECEMBRE 2025)


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