Fat Joe « Me, Myself & I » @@@


Avec All Or Nothing, Fat Joe a joué le tout pour le tout sans autre alternative avec un album à la fois street et mainstream, pour ne pas dire à double tranchant. Résultat entre tout ou rien ? ça sera rien, pas même un disque d’or. Cet insuccès a contraint le rappeur de revoir ses ambitions à la baisse en quittant Warner pour signer son label (et groupe) Terror Squad chez la major concurrente, Virgin Records. Budget resserré et allégé, le gros Joe a dû apprendre à devenir moins gourmand et revenir sur de nouvelles bases avec Me, Myself & I (comme la célèbre chanson qui a fait connaître les De La Soul). Pour cette cuvée 2006, ce sera menu minceur : deux featurings seulement (Lil Wayne par deux fois et The Game), format court (une douaine de tracks), fini les gros producteurs à la mode (hormis Scott Storch alias le caméléon), pas de morceau r&b ni « club-banger », en gros une tentative de retour aux origines new-yorkaises.

Chronique originale écrite le 20 Novembre 2006

Laissant sa gloire d’or et de platine derrière lui (J.O.S.E. et Loyalty), Fat Joe en a fini avec les sonorités sudistes et commerciales pour se rallier à la bonne cause du ‘bring back NY’, comme pas mal d’autres MCs reconnus qui stagnent dans les profondeurs des charts (Ghostface Killah, Method Man, Mobb Deep…). L’opération n’a pas été une mince affaire puisqu’il a fallu redonner une vibe Eastcoast en enregistrant ce disque à Miami, où sont basés ses producteurs favoris (The Runners, Streetrunner, DJ Khaled…). Si Fat Joe a pu se délester des Cool & Dre, il a en revanche embarqué par mégarde une instru réchauffée de Rick Ross (« No Drama (Clap & Revolve) »). C’est d’ailleurs la seule grosse erreur de parcours. Le single « Make It Rain » feat Lil Wayne (au refrain), n’est pas non plus représentatif de Me, My Self & I, c’est juste histoire de faire passer un extrait de Scott Storch qui copie Mannie Fresh. Pas simple pour le Don Cartagena de se défaire du style en vogue.

Et New-York dans tout ça alors ? Fat Joe représente le Bronx, et les sonorités, la tonalité générale en témoignent, en samplant du côté des Isaac Hayes, et même Micheal Jackson (« Bendicion Mami » reprend une boucle de « Maria (You Were The Only One ») ou encore Bob Marley, justifiant le riddim reggae très sympathique de « Breathe & Stop » feat The Game (produit par Nu Jerzey Devil). Un invité de la Côte Est aurait pu fortifier l’ensemble et permettre de faire mieux passer la pillule. Pour les bests cuts, on retiendra « The Profit » avec Lil Wayne de nouveau (le lyriciste cette fois), « Story To Tell » et « Jaleaousy », qui montrent un Fat Joe sous un très bon jour, plus authentique pourra-t-on dire. Néanmoins avec le recul, Me, Myself & I manque de rentre-dedans, de patate (pas frite), curieux, surtout que le flow de Joey Crack a évolué et se montre vivace. Peut-être à cause d’instrumentaux un poil trop dégrossis ? Le point positif reste que Fat Joe est revenu là où tout le monde préférait l’attendre : chez lui… en duplex depuis la Floride.

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