The Game « The R.E.D. Album » @@@


Contrairement à ce que l’on pourrait croire, The RED Album n’est pas qu’une simple allusion à la couleur sang du gang des Bloods dont fait partie Jayceon Taylor alias Game, il s’agit selon lui d’exprimer à nouveau son entier dévouement (‘re-dedication’ en US) à son quartier de Compton.

L’enregistrement de ce quatrième album a été relativement long, deux années en tout et pour tout pendant lesquelles Game a joué des chaises musicales incessant entre labels et bombardé une kyrielle de singles promotionnels qui n’ont pas décollé dans les charts (« Shake », « Pushin’ It » avec T.I. et Robin Thicke ou encore « Ain’t No Doubt About It » feat Justin Timberlake, etc…).

Les choses sérieuses ont débuté lorsqu’une photo de Game, Snoop Dogg et Dr Dre en studio officialise le retour de l’enfant des ghettos de L.A. chez Aftermath Records, quatre ans après son départ forcé pour mésentente avec son collègue 50 Cent… Un an après, une photo de Game se tatouant le logo Star Trak sur le bras pour marquer le fait que Pharrell Williams vient de marquer à l’encre son nom à la production exécutive de ce nouvel album.

Maintenant que le disque est entre nos mains, on s’aperçoit qu’effectivement Pharrell supervise bel et bien le RED Album mais nulle part le nom de Dr Dre figure à la réalisation, pas même le logo Aftermath, ce qui est contradictoire par rapport aux infos annoncées. Juste un petit clin d’œil à Chronic 2001, avec une feuille de cannabis sanguinolente apparaissant sur le CD lorsqu’on ouvre le boîtier.

Après plusieurs lectures consécutives du RED Album et de son livret, l’implication de Pharrell et du docteur semble encore plus minimisé que prévu. Un seul morceau des Neptunes a été conservé (sur la presque dizaine enregistré), « Mama Says » avec Nelly Furtado, et encore, on a vu mieux. Quand au mentor Dr Dre, son travail se limite à des interludes (quatre au total) de 30 secondes en moyenne sur lesquels il narre une biographie très succincte de la vie de Game dans Compton. Plus un couplet sur « Drug Test ».

The R.E.D. album est, dans la majeure partie, conçu par ces mêmes producteurs qu’on a retrouvé sur ses mixtapes bourratives et fades dans lesquelles il a éparpillé tout son taf, à savoir Mars des 1500 or Nothin’ et les Cool & Dre. Okay, le binôme de hitmakers floridien possède un catalogue impressionnant derrière eux, mais ils continuent de se défendre avec « The City » et « Red Nation », le single featuring Lil Wayne.

En parlant de « The City », Game résumé sa période d’après L.A.X. mais malgré une rage non dissimulée, l’heureux invité Kendrick Lamar le dépose littéralement dans la dernière minute du morceau. Ce gamin réalise ici une performance époustouflante. S’ensuit la bombe « Drug Test » réunissant Dre, Snoop et Game sur un beat énorme de DJ Khalil. Un morceau bref mais intense où l’on entend la touche du docteur sur le mixage (une maigre contribution qui change tout). La collaboration avec Tyler the Creator est également une bonne surprise, la prod mêlant clavecin et synthés funkys est assez réussie.

C’est après que les choses se gâtent… Game se perd en chemin avec un tas de guests à gérer (Drake, Rick Ross, Young Jeezy, Wale, E-40 et Big Boi sur le très bon « Speakers on Blast »), avec entre deux une échappée en solitaire sur « The Good the Bad the Ugly ». Beaucoup de chanteurs r&b masculins sont conviés sur les refrains, dont Lloyd, Chris Brown (Blond ?) pour les besoins du le single « Pot of Gold » ainsi que Mario qui irradie « All The Way Gone ».

Au milieu de ces quelques semi-déceptions et prods édulcorées se tient un beat de DJ Premier sur « Born in the Trap ». C’est pas souvent qu’on le dit mais cette collab’ en valait l’attente. Et « Ricky », référence au film Boyz In Da Hood, vaut son pesant d’or. Mais pour synthétiser l’impression générale sur ce RED Album, Game semble être arrivé à un point où il ne sait plus quoi trop faire pour continuer. « Tout ça pour ça » on a envie de dire.

5 réflexions sur « The Game « The R.E.D. Album » @@@ »

  1. de bons sons, de très mauvais sons, on a plutot l’impression qu’il a fourré tout ce qu’il lui restait après toutes ses mixtapes ! c’est dommage, moi qui etait resté scotché par son « L.A.X » ! très bonne chronique comme d’hab !

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  2. Le name-dropping azimuté de Game aurait-il déteint sur ta chronique, avec tous ces noms surlignés ? ;)

    Concernant l’album, à part Pot of Gold que je pouvais déjà pas blairer et Red Nation pas dégueu mais qui me donne à chaque fois envie de mettre « I Got » de Three 6 Mafia (même sample + Pimp C), j’aime bien dans l’ensemble (surtout la Primo, Speakers on Blast, Heavy Artillery, The Good the Bad the Ugly). Mais c’est typiquement le genre d’album que je vais plus jamais écouter d’une traite, trop fourre-tout. Y’a même une track échappée d’un album de Jeezy, ahah ! (plutôt cool cette petite boucle de guitare d’ailleurs)

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  3. Chronique cool, je suis du même avis en général. Le son avec Nelly Furtado a une certaine douceur et passe pas mal du coup je trouve. Par contre tu ne parles pas de Ricky qui pour moi est LE son de l’album. Il t’a fait ni chaud ni froid?

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