The Game « 1992 » @@@½


Après trois albums documentaires sur le rap game, et même des soundtrack de documentaire, The Game se met à l’exercice de l’auto-biographie avec 1992, ce qui ne change pas trop de ce qu’il sait faire d’habitude en réalité, si ce n’est de parler à la première personne tout le temps. En 1992, une année qui restera gravé à jamais dans la mémoire des californiens, cet album nous redit exactement pourquoi.

Il y a 24 ans, le MC de Compton devait avoir 12-13 ans par là, un jeune ado qui allait vivre le trauma des émeutes de L.A., l’arrivée de Clinton au pouvoir, le championnat de NBA, The Chronic de Dr Dre et les débuts du G Funk, l’affaire OJ Simpson, les rides en Impala et les tensions vives entre Bloods et Crips. Pour que le packaging soit bien en phase, Game a fait réaliser l’artwork par les mains de Joe Cool, le cousin de Snoop Dogg qui a dessiné la pochette culte de Doggystyle. « Standing on the corner with a brick in my hand » dit-il (sur un sample de Marvin Gaye), une phrase qui donne une idée de la température cette année-là.

Pour cette audio-biographie, Game et son producteur Bongo, et d’autres encore (comme Terrace Martin), ont samplé large en matière de 80 et 90’s rap et r&b. Ils utilisent sans trop y retoucher le classique « Colors » d’Ice-T pour « True Colors« , « It’s Funky Enough » de The D.O.C. sur « Bompton » (écrit à la façon de YG), « Back To Life (However Do You Want Me) » des Soul II Soul pour le morceau presque du même nom, ou même plus vintage, « The Message » de Grandmaster Flash sur « Fuck Orange Juice« . Au lieu de  d’aller plus en loin en recréant une sorte de son G Funk remis au goût du jour (« The Soundtrack » qui évoque The Chronic aurait pu aller dans ce sens mais non), on a grandement l’impression d’écouter une mixtape qui a coûté une blinde en sample clearance.

On peut entendre aussi la voix enregistrée de Raekwon tiré de « C.R.E.A.M. » sur « I Grew Up On Wu-Tang« . Bon Enter The Wu-Tang c’était en 1993, année+1, mais on pardonne ce petit écart temporel, sachant que The Game n’en pas à un anachronisme prêt (il cite Kanye West et Kim K donc…). Puis il en profite pour claquer Meek Mill sur « 92 Bars« , bien qu’il dément le fait qu’il s’agit d’un diss en règle. Il achève la track un petit freestyle final pour la forme, et achève 1992 avec une bonus track, le single « All Eyez » produit par Scott Storch avec Jeremih. En parlant de chanson ‘love’,  il y a « Baby You » feat Jason Derulo (produit par les Cool & Dre)

Focalisé sur une année clef riche en événements, 1992 est un album tient très bien la route, qui s’écoute d’une traite grâce à la force du storytelling en flashbacks de Chuck Taylor qui maîtrise parfaitement son sujet (malgré la redite avec ce qu’il a pu dire dans ses précédents LPs). Toutefois la nostalgie opérerait nettement plus si les instrumentaux étaient stylés comme à l’époque plutôt que d’utiliser des samples gros comme ça.

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