Archives du mot-clé Boi-1da

Belly « Mumble Rap » [mixtape] @@@½


Ne considérez pas Belly comme un rookie de 2017, le gaillard n’est pas né de la dernière pluie. Belly est un rappeur d’origine palestinienne qui a démarré sa carrière il y a plus d’une décennie déjà, avec un premier album nommé The Revolution qui, sans faire d’écho par chez nous en Europe, a été disque d’or au pays qui l’a vu grandir, le Canada. Sa progression a été lente mais les graines qu’il a semé a fini par porter ses fruits, puisqu’en 2005 Roc Nation lui propose un contrat, en or aussi.

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Drake « More Life – A playlist by October firm » @@@@


Une chronique de Drake est toujours un très bon prétexte pour donner mon avis ultra-subjectif à son sujet. Vous le savez, dire du mal sur cette ancienne vedette du petit écran devenue rappeur popstar dont le succès et la gloire dépassent l’entendement si on se fie à ses records de streaming. Trop doux et fruité pour moi, trop de la flotte, je n’aime pas trop trop les boissons comme le Capri Sun.

Néanmoins sur le plan artistique, Drake a un truc, faut l’admettre, il a toujours LE truc pour rendre les gens accros à sa musique et ce projet -attendu cela va de soi vu comment il a fait poireauter son monde- a l’air de fort bien fonctionner. D’ailleurs moi-même je commence à douter au moment d’appuyer sur ‘play’, après avoir procrastiné des jours. Est-ce que je… euh ai peur d’apprécier More Life? Vais-je pouvoir tenir bon jusqu’au bout des 22 pistes? Ce n’est pas impossible. Croyez-vous qu’à la fin ça va changer mon avis sur Drake de manière positive, ne serait-ce qu’un millième de poil? Sûrement pas, je continue de lutter contre la fraude sous n’importe quelle forme.

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J.Cole « 4 Your Eyez Only » @@@@


Voilà, avec 2014 Forest Hills Drive, Jermaine Cole s’est vu affublé du titre honorifique de « artiste devenu platine sans featuring », de quoi se réconforter depuis qu’un Grammy lui est passé sous le nez. Ses cheveux ont poussé de quelques centimètres depuis en même temps que son statut pour 4 Your Eyez Only (‘4’ pour souligner que c’est son quatrième opus), cette suite sortie deux ans après jour pour jour, suite qui a déjà été certifiée or la semaine en deux semaines seulement, sans featuring de nouveau. Mais le protégé de Jay-Z aura-t-il cette fois les faveurs du jury des Grammy Awards?

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Travi$ Scott « Birds in the Trap sing Brian McKnight » @@@½


« Rodeo est la bonne surprise de la rentrée 2015, mais on ne sait quoi penser de ce Travi$ Scott. Il laisse cette impression d’être le gars qui était là au bon endroit, au bon moment, avec le bon entourage. Sa mixture tient la route jusque que sur la Westside, perché entre fastlife et highlife. » Telle était la conclusion de ma chronique de Rodeo sorti l’an passé, un premier album hyper bien produit (surfait?) grâce à un Mike Dean déterminant. À peine le temps de digérer ce premier opus que Travis remet ça avec Bird in the Trap sing Brian McKnight, n°1 aux US la semaine de sa sortie.

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Drake « VIEWS » @@@


Comme tout artiste estimant atteindre un niveau déifique, Drake a su se faire attendre relativement longtemps avec Views From The 6. Lorsqu’on est l’artiste pop interprète de rap/r&b le plus vendeur d’albums digitaux de sa génération, c’est justifiable. Il faut ajouter à ce délai le litige entre son label Young Money et la maison-mère Cash Money. Le teasing fut savamment entretenu par des affiches placardés dans sa ville de Toronto, la vidéo virale de « Hotline Bling » (pour les memes hilarants inspirés de ses pas de danse amusants) et les rumeurs d’une sortie pour la mois d’Avril. VIEWS est la conclusion de cette longue attente.

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Kanye West « The Life of Pablo » @@@½


Je veux vous parler du plus grand artiste rap de tous les temps, d’un album magnifique, de l’oeuvre de toute une vie, le pinacle d’une carrière, l’achèvement ultime après la construction d’une famille avec une femme vertueuse, de quelque chose d’absolument grandiose, qui fait battre notre coeur.
Ce n’est pas du tout l’objet de cette chronique.
Non en vrai, je vais plutôt parler d’un album conçu dans la précipitation dont on pouvait suivre les étapes de ce puzzle comme un programme de Twitter-réalité, et dont l’auteur est un homme avec un immense trou noir entre les fesses et un melon capable de provoquer une éclipse solaire, tout ça pour au final faire la quête pour les Illuminatis.

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Rihanna « ANTI » @@@@


Je vous le confie : je n’ai pas écouté un seul album de Rihanna en entier depuis Rated R et pourtant je n’ai jamais eu l’impression d’avoir raté quoi que ce soit. Impossible d’échapper à ses singles radios diffusés à intervalles réguliers depuis 2007 depuis la tempête « Umbrella » (même dans les supermarchés, les magasins,… IMPOSSIBLE je vous dis) qui ont fait le bonheur des danseurs du week-end, ses clips au léger parfum de controverse, ni à ses superbes photos (plus ou moins nue) en tant que modèle (son autre passe-temps favori) qui défilent sur Twitter, ou bien des clichés de paparazzis… On pourrait presque dire que la chanteuse black pop des Barbades fait partie de notre vie quotidienne de manière passive.

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Pusha T « Darkest Before Dawn: The Prelude » @@@@


D’un duo de frangins produit par les Neptunes qui a lancé le coke rap depuis leur bourgade de Virginia Beach dans les années 2000, Pusha T est devenu fin 2015 le P.D-G. de G.O.O.D. Music, le label fondé par Kanye West, celui qui l’a recueilli en 2011 dans son catalogue d’artistes. De dealer à boss de label de musique, comme un certain Jay-Z.

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Freddie Gibbs « Shadow of a Doubt » @@@@


À chaque fois que Freddie Gibbs sort un album ou une mixtape, il faut se préparer à quelque chose de vachement sérieux, sérieux comme euh… une menace pour sa vie. Le rappeur de Gary vient de sortir sur sa propre structure ESGN son second album studio Shadow of a Doubt, sorte de guide de survie dans les ghettos que la police préfèrent ne pas approcher.

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Joe Budden « All Love Lost » @@@½


Je ne sais pas vous mais je considère Joe Budden comme le mec le plus déprimant du rap game, ce depuis Padded Room. Après avoir perdu l’intérêt d’une partie de son public avec No Love Lost, un opus sans direction artistique et très moyen, il faut croire que le MC du New Jersey s’est inspiré des mauvaises critiques pour le titre de ce troisième album studio : All Love Lost.

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The Game « The Documentary 2 » @@@@


The Game avais juré ceci : The Documentary 2 sortira en 2015, soit dix ans après The Documentary « 1 ». Tout de suite les souvenirs fusent autour de ce premier et unique album chez G-Unit/Aftermath dirigé d’une main de maître par Dr Dre et sa dream-team de producteurs qui ont livré des instrus mi-West mi-East, sa kyrielle de name-dropping (plus d’une centaine), ses tueries inoxydables comme « Higher« , « How We Do » et « Dreams« , les refrains de 50 Cent et son histoire de membre des Bloods. Quelques jours après la sortie de The Documentary, Chuck Taylor était congédié du G Unit pour crime de lèse-majesté envers 50 Cent.

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Drake & Future « What A Time To Be Alive » @@@½


Les sorties « surprises » ça va bientôt finir d’être une mode à ce rythme-là. Dernier exemple en date, ce projet commun entre Drake et Future, deux rappeurs populaires qui ont cartonné et régulé cette année (t)rap 2015. Le trapeur d’Atlanta vient de sortir Dirty Sprite 2 qui a été un des albums de l’été (si ce n’est l’album de l’été) et le rappeur canadien maintient le suspens quant à la sortie de View From The 6, leur actualité chaude est au centre des débats actuels alors quand ils ont annoncé qu’ils préparaient quelque chose ensemble pour très très vite, ça a fait l’effet d’une bombe. Capturer l’instant de la vague provoquée pour sortir What A Time To Be Alive, le timing parfait.

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Meek Mill « Dreams Worth More Than Money » @@


Dreams Worth More Than Money, le second album de Meek Mill, a connu un démarrage canon en ce début du mois de Juillet, avec des chiffres de vente avec 215 000 albums vendus (sans compter la majoration avec les équivalents streaming). Est-ce l’effet « sortie de prison » qui a rendu l’événement plus excitant ? Ou la médiatisation de sa relation avec Nicki Minaj ? Parce que DWMTM n’a pour moi vraiment rien de spécial.

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Kendrick Lamar « To Pimp a Butterfly » @@@@@


Aout 2013, le couplet de Kendrick Lamar sur « Control » de Big Sean crée un énorme séisme qui a secoué tout le rap américain comme cela n’est pas arrivé depuis très longtemps. Son but : devenir le numéro 1, en se couronnant lui-même Roi de la Côte Est. Culotté, sans parler du name-dropping, suscitant des réactions de toute part. Et après, « que de la gueule » ? Détrompez-vous, To Pimp a Butterfly est l’oeuvre d’un artiste qui a les épaules d’un leader-né, une oeuvre plus Noire qu’il n’y parait. Il n’y a qu’à regarder la pochette renversante de l’album pour le comprendre.

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Vous ne prendrez pas sa liberté de penser…

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Il est encore difficile de prendre la mesure une semaine après sa sortie -avancée d’une semaine- du potentiel immense de ce second album en major de K dot, et il faudra bien plusieurs mois, voire plusieurs années pour se rendre compte de son impact, déjà très important, à tous les niveaux, culturel comme commercial en battant des records de lecture en streaming notamment. Ce qui est certain, c’est que le rappeur de Compton est parti dans une dimension bien plus vaste, musicalement comme sur le plan socio-politique. L’idée de To Pimp a Butterfly a germé après la sortie Good Kid, m.A.A.d. City qui l’a propulsé comme le prince incontesté de la Westcoast. Le succès à gérer, la pression qui devient plus écrasante, puis le contexte très tendu aux Etats-Unis avec ces bavures policières envers des afro-américains qui ont embrasé les rues comme les esprits de toute une communauté, parallèlement à une résurgence de l’histoire de l’esclavage.

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On perçoit un début de réponse à la formule « To pimp a butterfly » dès le premier morceau « Wesley’s Theory » (en référence à l’acteur Wesley Snipes inculpé pour évasion fiscale), lorsque raisonne un sample de soul « every nigger is a star ». Kendrick Lamar porte sa vision de l’industrie du divertissement qui fait miroiter monts et merveilles pour l’attirer et mieux l’influencer, le système qui lui répond dans le second couplet. Entre les deux versets, les bons conseils de son mentor Dr Dre lui viennent en aide. Kendrick Lamar expliquera à la fin du disque le sens de cet album, de la formule « to pimp a butterfly », par le fait que le système veuille détourner le talent d’artistes afro-américains, vu métaphoriquement comme un papillon. Je reviendrai plus tard sur ce dernier track « Mortal Man« , parce qu’il se passe franchement quelque chose d’incroyablement surréaliste et hautement symbolique sur ce morceau.

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Comme pour GKMC, To Pimp a Butterfly suit un ou plusieurs fils conducteurs, avec des thèmes récurrents pour apporter une cohérence et de la matière à ses propos. Sur Good Kid m.A.A.d. City, c’était les tribulations d’un adolescent avec ses homies, sa vie au milieu des gangs et sa copine Sherane. Ici la coqueluche d’Aftermath raconte le parcours et les conflits intérieurs qu’il a connu pour ne pas être tenté par le diable, ses excès et ses tentations. En parallèle, il entame un texte qu’il complète au fur et à mesure, utilisant un temps de parole dans les dernières secondes de certaines pistes, et dont les premiers mots qui reviennent sont « I remember you was conflicted, misusing your influence… » On ne connaîtra que le texte entier tout à la fin aussi, un texte qui résume parfaitement son récent vécu et son état d’esprit, ce après le morceau « Mortal Man« . Le rappeur fait aussi référence à Lucy (sur « For Sale?« ), une personnification de Lucifer. Mais avant d’aller plus loin, Kendrick Lamar ré-affirme son statut de roi à qui on veut couper les jambes sur « King Kunta » (en référence à l’esclave Kunta Kinte qui a fini un pied coupé) avec ces vers :

« I made it past 25 and there I was/ A little nappy headed nigga with the world behind him/ Life ain’t shit but a fat vagina/ Screamin’ « Annie are you ok? Annie are you ok? »/Limo tinted with the gold plates/Straight from the bottom, this the belly of the beast/From a peasant to a prince to a motherfuckin’ king »

Petit à petit le californien se retrouve confronté aux péchés et aux démons qu’entraînent cette sensation de pouvoir sur « Institutionalized » et ce que cela implique d’un point de vue psychologique lorsque la conscience s’en mêle sur « These Walls« , pour qu’au final cette ivresse lui fasse tourner la tête et sombrer dans l’alcool et la dépression sur « u« . Le rappeur termine des rimes aux larmes quand sa conscience (moment où il prend une voix bizarre) s’adresse à lui, comme c’était le cas sur « Swimming Pools« . « Alright » arrive à pic pour repositiver quand la fameuse Lucy vient s’adresser à lui sur « For Sale? » et tenter de corrompre son âme à nouveau. C’est là que Kendrick Lamar décide de se ressourcer et rentrer chez lui (« Momma« ) pour retrouver les pieds sur terre.

La suite devient encore plus intéressante, le rappeur a ouvert en grand ses champs de perception. « Hood Politics » constitue une critique envers les rap listeners et leur mentalité, avec ces brillants analogismes, et néologismes, que sont les Democrips et les Rebloodicans, en référence aux deux gangs de L.A.. On retient particulièrement cette phrase énervée qui rend hommage à la moitié des Run The Jewels « Critics want to mention that they miss when hip hop was rapin/ Motherfucker if you did, then Killer Mike would be platinum », avant de menacer quelques rimes plus loin « I’m the only nigga next to Snoop that can push the button ». Il évoque ensuite sur « Complexion (Zulu Love) » un sujet de prédilection de rappeurs dits « conscients » et engagés, à savoir la couleur de peau, avec pour finir un superbe couplet de la rappeuse Rapsody, la seule et unique personne habilité à poser un couplet sur tout To Pimp a Butterfly, si on exclut l’apparition du doggfather Snoop Dogg sur « Instutionalized« . Il démontre sur « How Much Cost a Dollar » aussi qu’en tant que storyteller, il peut narrer des fictions inspirées de la réalité d’un personnage tiers. Mais c’est bien « The Blacker the Berry » le morceau rap le plus sombre de Kendrick Lamar. Servi par une prod très lourde signée Boi-1da (et une apparition non-créditée du chanteur ragga Assassin), le nouveau Roi débute ses couplets par « I’m the biggest hypocrite of 2015 » avant d’entamer un texte sur la haine raciale et ces ressentiments très enfouis. Tout le contraire du titre qui suit, « i« , le single radio où Kendrick Lamar affiche sa fierté pour sa communauté sur un sample des Isley Brothers. Il y scande le terme de « negus », définition de « empereur noir » en éthiopien, pour ne plus dénigrer le N-word.

C’est là qu’on arrive à « Mortal Man« . Kendrick Lamar termine son texte et termine sur un dialogue social et politique avec… Tupac Shakur, aussi réaliste que la dernière apparition publique de son fantôme holographique à Coachella en 2013.

 

 

…ni de créer

Puis on repasse à la piste 1, on réécoute, on capte les éléments qu’on n’a pas encore saisi, les détails, et arrivé en bout de piste 16, repeat. Cette fois pour faire le tour des productions, gérées par un cercle très fermé de producteurs de la maison TDE (comme Sounwave et Tae Beast), de musiciens hyper-talentueux et autres artistes les plus doués de leur génération. C’est déjà le choc des générations sur le premier morceau, quand le père de P-Funk George Clinton prête sa voix sur un instrumental co-signé par Flying Lotus. La musique Funk retrouve le vent en poupe ces mois-ci et quelle soit ‘P’ ou ‘G’, elle imprègne chaque recoin de l’album. To Pimp a Butterfly demeure un album de rap californien avant tout, il en possède les gènes. Il y en a sur « King Kunta« , à travers de sample de DJ Quik (tiré de « Get Nikked » de Mausberg) jusque « i » avec ce riff emprunté aux Isley Brothers (samplé pour la première fois en 89 par les Beastie Boys sur « B-Boy bouillabaisse« ).

Pas de gangsta-rap, ni de trap. Kendrick Lamar s’est entouré d’une équipe de musiciens et chanteurs qui savent admirablement expérimenter les mélanges entre Nu soul et musique Hip-Hop, à savoir Terrace Martin (dont le saxophone est quasi omniprésent sur l’album), Stephen « Thundercat » Bruner qui donne de la basse et sa voix, Taz Arnold des Sa-Ra Creative Partners (Talib Kweli, John Legend, Erykah Badu, Pharoahe Monch…), Bilal, Anna Wise, James Fauntleroy et même Robert Glasper qui illumine l’outro de « Blacker the Berry« . C’est cet orchestre idéal, de noms qui se connaissent mutuellement dans le milieu, qui apporte ces savoureuses saveurs de nu soul et jazz à To Pimp a Butterfly. On retrouve même de l’afro-beat sur l’outro de « Momma« , c’est à se demander si on navigue toujours dans le symbolisme.

Et Dr Dre ? Son nom n’apparaît qu’en tant que producteur exécutif, et sa voix sur « Wesley’s Theory« . Tous les titres sont pratiquement mixés par Ali. Les rumeurs racontent qu’il se cache sous l’alias DragonLove (crédité sur « How Much Cost a Dollar » et le très agréable « You Ain’t Gotta Lie« ), et c’est le producteur Sounwave qui l’aurait sous-entendu sur Twitter. Il faut avouer que le beat de « How Much Cost a Dollar » a mis la puce à l’oreille, on perçoit clairement la signature du docteur. Pourquoi utiliser un autre surnom ? Pour éviter les critiques ? Et puis pourquoi pas, après tout d’autres grands artistes l’ont fait, notamment Stevie Wonder qui avait employé le surnom El Toro Negro sur Perfect Angel de Minnie Ripperton. Le seul super-producteur qui participe à l’album n’est autre que Pharrell Williams (« Alright« ), tout l’inverse de Knxwledge, un artisan du hip-hop alternatif mais pas moins réputé. Et le légendaire Pete Rock est bel et bien impliqué, il s’occupe des scratches sur « Complexion« . Kendrick Lamar est le directeur artistique à bord, c’est écrit d’ailleurs.

 

En faisant la synthèse de To Pimp a Butterfly, musicale comme thématique, cet album s’intègre dans la lignée d’oeuvres nu soul très pro-Black dans l’âme, récentes comme Black Messiah de D’Angelo, undun des Roots, les deux volets New AmErykah d’Erykah Badu, comme lointaines, on pense à Like Water for Chocolate de Common ou encore Me Against the World de 2Pac, album qui fête ses 20 ans ce mois de Mars 2015. Ce ne sera pas nécessairement le meilleur des albums rap des mois passés ou à venir, mais sûrement le plus important, suffisamment pour remporter un Grammy Award l’an prochain. Si cela n’arrive pas, je mange mon chapeau.

Big Sean « Dark Sky Paradise » @@@@


Big Sean ne pourra pas faire pire que Hall of Fame, mais il ne fera sans doute jamais mieux que ce troisième album Dark Sky Paradise. Vous ne rêvez pas, j’ai mis @@@½ à un album de Big Sean, ce serait un miracle s’il n’y avait pas d’explication à cela. Pourtant le rappeur de Detroit pas n’a pas changé depuis ses deux premiers albums : il joue à fond la carte du swag du mec déjà riche qui n’a jusqu’ici pas franchement démontré l’étendu de son talent (paraît qu’il en a).  Alors qu’est-ce qui  a changé?

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