Drake « More Life – A playlist by October firm » @@@@


Une chronique de Drake est toujours un très bon prétexte pour donner mon avis ultra-subjectif à son sujet. Vous le savez, dire du mal sur cette ancienne vedette du petit écran devenue rappeur popstar dont le succès et la gloire dépassent l’entendement si on se fie à ses records de streaming. Trop doux et fruité pour moi, trop de la flotte, je n’aime pas trop trop les boissons comme le Capri Sun.

Néanmoins sur le plan artistique, Drake a un truc, faut l’admettre, il a toujours LE truc pour rendre les gens accros à sa musique et ce projet -attendu cela va de soi vu comment il a fait poireauter son monde- a l’air de fort bien fonctionner. D’ailleurs moi-même je commence à douter au moment d’appuyer sur ‘play’, après avoir procrastiné des jours. Est-ce que je… euh ai peur d’apprécier More Life? Vais-je pouvoir tenir bon jusqu’au bout des 22 pistes? Ce n’est pas impossible. Croyez-vous qu’à la fin ça va changer mon avis sur Drake de manière positive, ne serait-ce qu’un millième de poil? Sûrement pas, je continue de lutter contre la fraude sous n’importe quelle forme.

Avouez que « playlist » (d’OVO Sound) ça fait sacrément plus élégant que mixtape maquillée. Sinon pourquoi ne met-il que des morceaux de lui et pas des exclus des artistes d’OVO? More Life, ‘More files’ ouais, 22 au total. Parmi la (longue) liste de producteurs, la même clique que IFYRTITL, à savoir Frank Dukes, Partynextdoor, Travis Scott, Vinylz, Allen Ritter, Boi-1da et bien sûr Noah « 40 » Shebib (un type qui a presque la même tête que moi vous vous rendez compte), dont on sait tous qu’il est le cerveau du OVO Sound. Sans oublier le petit nouveau Nineteen85 qui fait des petites merveilles. S’ajoute d’autres noms comme Murda Beatz, Cubeatz, T-Minus, Rogues…

Comme à son habitude, Drake serpente dans des styles musicaux qu’il maitrise. Piocher dans d’autres genres pour nourrir son propre univers, c’est bien son genre de fanboy. Un procédé qui fonctionne bien depuis So Far Gone quand il s’est grandement inspiré de 808’s & Heartbreak (je persiste et signe). Appelez-le Jarod, le caméléon. Ici pour More Life, c’est tout un festival. R&B, dancehall/musique caribéenne (sa dernière lubie depuis « One Dance« ), scène rap anglaise (en invitant Giggs et Skepta), sons trap (« Gyalchester » par exemple), house aussi tant qu’à faire (« Get It Together« )… Tu m’étonnes qu’il appelle ça une « playlist », ça va dans ce sens. Drake qui fait du Craig David sur « Passionfruit« , succulent (ironiquement comme véritablement). Doux et fruité, avec la pulpe, ça fait voyager. Très bon enchaînement avec « Get It Together« / »Madiba Riddim« / »Blem« . Quand tout à coup, il sort des instrus bien lourds pour faire du (t)rap, et là son timbre de voix redevient super monocorde et aigre, pas du tout doucereux comme lorsqu’il chantonne du r&b en imaginant le micro c’est le cou de Nicki Minaj ou Rihanna. Mais ça c’est comme ça depuis ses débuts, aucune évolution. Cela dit, les samples à la pelle (Hiatus Kaiyote, R Kelly, Earth Wind & Fire, etc…), peu importe comment ils sont utilisés, ça rend l’écoute bien plus agréable, surtout pour les morceaux rap, particulièrement « Portland » feat Travis Scott et Quavo (avec son sample de flûte), « Sacrifices » (avec 2 Chainz et Young Thug) et « Nothings into Somethings« , là encore un bel enchaînement. À ce propos, les invités apportent un ‘+’ indéniable au projet, dont Kanye West sur le refrain de « Glow« . Pis vous avez entendu reprendre le refrain de « If You Had My Love » sur « Teenage Fever« ? Ça valait la peine que Drake fasse des poutous à J-Lo.

Pffffff… Encore et toujours ses thèmes risibles, ou agaçants, ça dépend de mon humeur. Quand il ouvre son coeur de rappeur fragile, il n’arrive pas à conclure (et s’en plaint parce que c’est de sa faute mais en fait non c’est compliqué), et quand il ouvre sa gueule pour se prendre pour un thug avec des égotrips en carton-pâte (parce qu’il aime pas les hypocrites qui font semblant de l’aimer), il n’est pas crédible. Il peut faire les deux simultanément, le rappeur-loveur-viril comme sur « Madiba Riddim« , lorsqu’il dit -je cite- « my heart was too frozen to be broken » (il est fort notre bichon*). Pourtant, si on s’en fout de ce qu’il raconte, la musique est goûtue : il réussit à faire de la musique pour pécho, de la musique pour danser, de la musique de « dur ». Aussi varié qu’il soit, en vérité, More Life enchaîne très bons instrus sur très bons instrus c’est un fait. C’est clair qu’on se carrément moins chier qu’avec VIEWS. J’ai mis vingt minutes pour écrire ce bout de paragraphe tellement ça a été un effort pour moi de le reconnaître (ça fait comme la sensation d’être constipé et puis qu’il faut pousser). Mais c’est dingue qu’avec cette « playlist » (j’insiste lourdement sur les guillemets) on s’ennuie carrément moins que n’importe quel de ses albums, le comble. Oui, j’ai tout écouté en entier, certains titres plusieurs fois (les samples sont très accrocheurs), et sans zapper mesdames messieurs.

More Life allait d’avance péter les scores en streaming, surtout en comptant 22 titres. Ce qui n’a pas manqué : le nombre d’écoutes 8 jours après le lancement a abouti à l’équivalent de 505 000 albums vendus. Encore plus de Spotify et Apple money pour lui, pour Young Money et derrière, pour Birdman qui peut continuer de se frotter les mains. Rien ne change véritablement pour Drake : il pompe tout le monde mais Stunna continue de lui pomper une partie des bénéfices.

*ceci dit, on ne sait pas si c’est bien lui qui l’a écrit.

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