Archives du mot-clé 2Pac

Kendrick Lamar « To Pimp a Butterfly » @@@@@


Aout 2013, le couplet de Kendrick Lamar sur « Control » de Big Sean crée un énorme séisme qui a secoué tout le rap américain comme cela n’est pas arrivé depuis très longtemps. Son but : devenir le numéro 1, en se couronnant lui-même Roi de la Côte Est. Culotté, sans parler du name-dropping, suscitant des réactions de toute part. Et après, « que de la gueule » ? Détrompez-vous, To Pimp a Butterfly est l’oeuvre d’un artiste qui a les épaules d’un leader-né, une oeuvre plus Noire qu’il n’y parait. Il n’y a qu’à regarder la pochette renversante de l’album pour le comprendre.

\\r\\n\\r\\n

Vous ne prendrez pas sa liberté de penser…

\\r\\n

Il est encore difficile de prendre la mesure une semaine après sa sortie -avancée d’une semaine- du potentiel immense de ce second album en major de K dot, et il faudra bien plusieurs mois, voire plusieurs années pour se rendre compte de son impact, déjà très important, à tous les niveaux, culturel comme commercial en battant des records de lecture en streaming notamment. Ce qui est certain, c’est que le rappeur de Compton est parti dans une dimension bien plus vaste, musicalement comme sur le plan socio-politique. L’idée de To Pimp a Butterfly a germé après la sortie Good Kid, m.A.A.d. City qui l’a propulsé comme le prince incontesté de la Westcoast. Le succès à gérer, la pression qui devient plus écrasante, puis le contexte très tendu aux Etats-Unis avec ces bavures policières envers des afro-américains qui ont embrasé les rues comme les esprits de toute une communauté, parallèlement à une résurgence de l’histoire de l’esclavage.

\\r\\n

On perçoit un début de réponse à la formule « To pimp a butterfly » dès le premier morceau « Wesley’s Theory » (en référence à l’acteur Wesley Snipes inculpé pour évasion fiscale), lorsque raisonne un sample de soul « every nigger is a star ». Kendrick Lamar porte sa vision de l’industrie du divertissement qui fait miroiter monts et merveilles pour l’attirer et mieux l’influencer, le système qui lui répond dans le second couplet. Entre les deux versets, les bons conseils de son mentor Dr Dre lui viennent en aide. Kendrick Lamar expliquera à la fin du disque le sens de cet album, de la formule « to pimp a butterfly », par le fait que le système veuille détourner le talent d’artistes afro-américains, vu métaphoriquement comme un papillon. Je reviendrai plus tard sur ce dernier track « Mortal Man« , parce qu’il se passe franchement quelque chose d’incroyablement surréaliste et hautement symbolique sur ce morceau.

\\r\\n

Comme pour GKMC, To Pimp a Butterfly suit un ou plusieurs fils conducteurs, avec des thèmes récurrents pour apporter une cohérence et de la matière à ses propos. Sur Good Kid m.A.A.d. City, c’était les tribulations d’un adolescent avec ses homies, sa vie au milieu des gangs et sa copine Sherane. Ici la coqueluche d’Aftermath raconte le parcours et les conflits intérieurs qu’il a connu pour ne pas être tenté par le diable, ses excès et ses tentations. En parallèle, il entame un texte qu’il complète au fur et à mesure, utilisant un temps de parole dans les dernières secondes de certaines pistes, et dont les premiers mots qui reviennent sont « I remember you was conflicted, misusing your influence… » On ne connaîtra que le texte entier tout à la fin aussi, un texte qui résume parfaitement son récent vécu et son état d’esprit, ce après le morceau « Mortal Man« . Le rappeur fait aussi référence à Lucy (sur « For Sale?« ), une personnification de Lucifer. Mais avant d’aller plus loin, Kendrick Lamar ré-affirme son statut de roi à qui on veut couper les jambes sur « King Kunta » (en référence à l’esclave Kunta Kinte qui a fini un pied coupé) avec ces vers :

« I made it past 25 and there I was/ A little nappy headed nigga with the world behind him/ Life ain’t shit but a fat vagina/ Screamin’ « Annie are you ok? Annie are you ok? »/Limo tinted with the gold plates/Straight from the bottom, this the belly of the beast/From a peasant to a prince to a motherfuckin’ king »

Petit à petit le californien se retrouve confronté aux péchés et aux démons qu’entraînent cette sensation de pouvoir sur « Institutionalized » et ce que cela implique d’un point de vue psychologique lorsque la conscience s’en mêle sur « These Walls« , pour qu’au final cette ivresse lui fasse tourner la tête et sombrer dans l’alcool et la dépression sur « u« . Le rappeur termine des rimes aux larmes quand sa conscience (moment où il prend une voix bizarre) s’adresse à lui, comme c’était le cas sur « Swimming Pools« . « Alright » arrive à pic pour repositiver quand la fameuse Lucy vient s’adresser à lui sur « For Sale? » et tenter de corrompre son âme à nouveau. C’est là que Kendrick Lamar décide de se ressourcer et rentrer chez lui (« Momma« ) pour retrouver les pieds sur terre.

La suite devient encore plus intéressante, le rappeur a ouvert en grand ses champs de perception. « Hood Politics » constitue une critique envers les rap listeners et leur mentalité, avec ces brillants analogismes, et néologismes, que sont les Democrips et les Rebloodicans, en référence aux deux gangs de L.A.. On retient particulièrement cette phrase énervée qui rend hommage à la moitié des Run The Jewels « Critics want to mention that they miss when hip hop was rapin/ Motherfucker if you did, then Killer Mike would be platinum », avant de menacer quelques rimes plus loin « I’m the only nigga next to Snoop that can push the button ». Il évoque ensuite sur « Complexion (Zulu Love) » un sujet de prédilection de rappeurs dits « conscients » et engagés, à savoir la couleur de peau, avec pour finir un superbe couplet de la rappeuse Rapsody, la seule et unique personne habilité à poser un couplet sur tout To Pimp a Butterfly, si on exclut l’apparition du doggfather Snoop Dogg sur « Instutionalized« . Il démontre sur « How Much Cost a Dollar » aussi qu’en tant que storyteller, il peut narrer des fictions inspirées de la réalité d’un personnage tiers. Mais c’est bien « The Blacker the Berry » le morceau rap le plus sombre de Kendrick Lamar. Servi par une prod très lourde signée Boi-1da (et une apparition non-créditée du chanteur ragga Assassin), le nouveau Roi débute ses couplets par « I’m the biggest hypocrite of 2015 » avant d’entamer un texte sur la haine raciale et ces ressentiments très enfouis. Tout le contraire du titre qui suit, « i« , le single radio où Kendrick Lamar affiche sa fierté pour sa communauté sur un sample des Isley Brothers. Il y scande le terme de « negus », définition de « empereur noir » en éthiopien, pour ne plus dénigrer le N-word.

C’est là qu’on arrive à « Mortal Man« . Kendrick Lamar termine son texte et termine sur un dialogue social et politique avec… Tupac Shakur, aussi réaliste que la dernière apparition publique de son fantôme holographique à Coachella en 2013.

 

 

…ni de créer

Puis on repasse à la piste 1, on réécoute, on capte les éléments qu’on n’a pas encore saisi, les détails, et arrivé en bout de piste 16, repeat. Cette fois pour faire le tour des productions, gérées par un cercle très fermé de producteurs de la maison TDE (comme Sounwave et Tae Beast), de musiciens hyper-talentueux et autres artistes les plus doués de leur génération. C’est déjà le choc des générations sur le premier morceau, quand le père de P-Funk George Clinton prête sa voix sur un instrumental co-signé par Flying Lotus. La musique Funk retrouve le vent en poupe ces mois-ci et quelle soit ‘P’ ou ‘G’, elle imprègne chaque recoin de l’album. To Pimp a Butterfly demeure un album de rap californien avant tout, il en possède les gènes. Il y en a sur « King Kunta« , à travers de sample de DJ Quik (tiré de « Get Nikked » de Mausberg) jusque « i » avec ce riff emprunté aux Isley Brothers (samplé pour la première fois en 89 par les Beastie Boys sur « B-Boy bouillabaisse« ).

Pas de gangsta-rap, ni de trap. Kendrick Lamar s’est entouré d’une équipe de musiciens et chanteurs qui savent admirablement expérimenter les mélanges entre Nu soul et musique Hip-Hop, à savoir Terrace Martin (dont le saxophone est quasi omniprésent sur l’album), Stephen « Thundercat » Bruner qui donne de la basse et sa voix, Taz Arnold des Sa-Ra Creative Partners (Talib Kweli, John Legend, Erykah Badu, Pharoahe Monch…), Bilal, Anna Wise, James Fauntleroy et même Robert Glasper qui illumine l’outro de « Blacker the Berry« . C’est cet orchestre idéal, de noms qui se connaissent mutuellement dans le milieu, qui apporte ces savoureuses saveurs de nu soul et jazz à To Pimp a Butterfly. On retrouve même de l’afro-beat sur l’outro de « Momma« , c’est à se demander si on navigue toujours dans le symbolisme.

Et Dr Dre ? Son nom n’apparaît qu’en tant que producteur exécutif, et sa voix sur « Wesley’s Theory« . Tous les titres sont pratiquement mixés par Ali. Les rumeurs racontent qu’il se cache sous l’alias DragonLove (crédité sur « How Much Cost a Dollar » et le très agréable « You Ain’t Gotta Lie« ), et c’est le producteur Sounwave qui l’aurait sous-entendu sur Twitter. Il faut avouer que le beat de « How Much Cost a Dollar » a mis la puce à l’oreille, on perçoit clairement la signature du docteur. Pourquoi utiliser un autre surnom ? Pour éviter les critiques ? Et puis pourquoi pas, après tout d’autres grands artistes l’ont fait, notamment Stevie Wonder qui avait employé le surnom El Toro Negro sur Perfect Angel de Minnie Ripperton. Le seul super-producteur qui participe à l’album n’est autre que Pharrell Williams (« Alright« ), tout l’inverse de Knxwledge, un artisan du hip-hop alternatif mais pas moins réputé. Et le légendaire Pete Rock est bel et bien impliqué, il s’occupe des scratches sur « Complexion« . Kendrick Lamar est le directeur artistique à bord, c’est écrit d’ailleurs.

 

En faisant la synthèse de To Pimp a Butterfly, musicale comme thématique, cet album s’intègre dans la lignée d’oeuvres nu soul très pro-Black dans l’âme, récentes comme Black Messiah de D’Angelo, undun des Roots, les deux volets New AmErykah d’Erykah Badu, comme lointaines, on pense à Like Water for Chocolate de Common ou encore Me Against the World de 2Pac, album qui fête ses 20 ans ce mois de Mars 2015. Ce ne sera pas nécessairement le meilleur des albums rap des mois passés ou à venir, mais sûrement le plus important, suffisamment pour remporter un Grammy Award l’an prochain. Si cela n’arrive pas, je mange mon chapeau.

Tyga « Hotel California » @@


Ah Hotel California, cette chanson culte interprétée par les Eagles… On pourrait en discuter des heures mais ce n’est pas l’objet de cette chronique, mais du troisième album de Tyga, ce rappeur jeune, noir et riche, tatoué de la tête au pied, papa et propriétaire d’un site pornographique (aucune erreur ne s’est glissée dans le texte). Ce second album paraissant chez Young Money Entertainment met un terme à la recherche d’une once de talent chez lui.

Lire la suite Tyga « Hotel California » @@

Def Jam Rapstar @@@


Ça y est, je l’ai fait. J’ai pu tester Def Jam Rapstar à la maison. Avant de démarrer le jeu, je m’étais dit que ça devait ressembler grosso modo une sorte de karaoké rap. J’allume la Wii, je regarde la présentation et je parcours le menu. Effectivement, c’était difficile de se tromper : on a bien affaire à un karaoké rap. Dans la boîte de Def Jam Rapstar, Konami fournit un outil primordial, aussi bien pour un karaoké que pour un rappeur qui se respecte, le micro. Le précieux objet qu’il nous faut  absolument (brancher) : le microphone (prononcez « maillecrwofôn »), ‘the mic’, l’arme du MC. Test audio, « Mic check one-two, one-two ».

Lire la suite Def Jam Rapstar @@@

Bun B « Trill O.G. » @@@½


Vingt ans qu’il évolue dans le game, inutile de préciser que Bun B a atteint le statut de légende urbaine, au même titre que son défunt comparse Pimp C. Et c’est loin d’être terminé, ses apparitions en featuring n’ont visiblement pas faiblit ces derniers mois, les sollicitations sont nombreuses à l’heure qu’il est, presque autant qu’un Lil Wayne ou Busta Rhymes.

‘Trill’ est la marquée déposée de notre king de l’underground, c’est son terme à lui, peu importe qui le reprend aujourd’hui. Trill OG était le jeu de mot tout trouvé pour la suite et fin de la trill-ogie lancée par Bun B en 2006, un troisième volet qui se calque ni plus ni moins sur les précédents, une conclusion qui s’achève comme celle de cet article.

Lire la suite Bun B « Trill O.G. » @@@½

Pac Div « Don’t Mention It » [mixtape] @@@½


La Pacific Division viennent de débuter leur troisième saison avec un free album dont on taira le nom. Faut-il que j’en parle?

Lire la suite Pac Div « Don’t Mention It » [mixtape] @@@½

Keyshia Cole « A Different Me » @@@1/2


Et de trois. Tout juste le temps d’écouter Different Me que ce troisième album de Keyshia Cole est déjà disque d’or aux Etats-Unis, une formalité pour elle depuis ses débuts avec The Way It Is et son second disque tout aussi réussi Just Like You. On ne le dit pas assez souvent mais Keyshia est une valeur sûre du r&b féminin, son succès parle pour elle. Il lui manque juste ce petit quelque chose en plus qui pourrait faire d’elle une très grande chanteuse, qui va au-delà de la musique, comme Mary J Blige ou Alicia Keys.

En voyant la couverture de A Different Me, je ne l’ai pas reconnu au premier coup d’œil : nouvelle coupe de cheveu plus sobre, maquillage charmeur assorti d’un magnifique collier en diamants, silhouette amincie dans un corset léopard,… Comme elle le dit dans son intro, Ms Cole a voulu nous montrer une facette plus sexy de sa personnalité. Sur le plan physique, c’est gagné : elle est craquante et sublime, rien à voir avec son ancienne image ! ça lui va vraiment très bien. Il ne manque plus qu’elle nous séduise sur le plan intellect avec ce nouvel opus.

Lire la suite Keyshia Cole « A Different Me » @@@1/2

NaS (untitled) @@@@½


Nas avait en 2006 provoqué LA polémique, une crise sans pareil au sein du rap game, et ce, rien qu’en livrant un album répondant au funeste nom de Hip Hop is Dead, entraînant alors de nombreux artistes de musique rap et leur public dans des débats houleux, passionnés et argumentés pour en arriver à la question qui dérange : faut-il accepter ce fait (plus ou moins avéré) comme une vérité, et si oui, est-ce réversible ? Les réponses ont été tout juste énoncées que déjà Nas revient semer un vent de panique d’un tout autre ordre, en passant à une échelle ‘bigger than hip-hop’, encore avec un nouvel intitulé, Nigger. Les réactions furent immédiatement explosives. Toute la communauté afro-américaine, les américains haut placés, les médias, tous les concernés ont vivement réagi autour de l’usage de ce mot devenu un tabou aux States, autour de ce fameux N-word ouvertement exposé. Du kérosène aspergé sur les braises d’une dispute sur l’utilisation courante de ces mots blasphématoires dans les textes de rap (tels que ‘nigga’, ‘bitch’, etc.), qui, pour de nombreux responsables de maison de disque, de juristes et président d’associations, sont responsables de la banalisation de la violence et de propos insultants, susceptibles de dévaloriser l’image des Noirs. Des rappeurs comme Master P et Chamillionaire ont choisi de ne plus jurer dans leurs lyrics, libre à eux, mais le problème est plus profond, enraciné dans l’histoire et les mentalités.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Nas a reçu le soutien de beaucoup d’artistes rap dans sa démarche de vouloir briser des interdits imposés par la censure, tandis que d’autres n’y voyaient là qu’un coup marketing. Le défi maintenant était de pouvoir sortir ce disque avec cet intitulé qui fait frémir les Etats-Unis. Connaissant les aptitudes innées de Nas en matière d’écriture et de créativité, je me suis dit en attendant sa sortie qu’il fallait simplement lui faire confiance sur le message qu’il allait porter, son intention est clairement de relancer une révolution invisible à peine voilée. Malheureusement, dans un pays où le racisme est ancré dans les institutions, face à la pression de son label (traduite par des reports de sortie), des distributeurs (Wall-Mart en tête) qui ne supporteraient pas de commercialiser Nigger, Nas n’a pu accomplir sa mission jusqu’à terme. L’album est devenu éponyme (ou ‘untitled’), Nas, un geste félicité par le Révérend Al Sharpton. A vrai dire, il aurait fallu un moyen détourné pour y parvenir, comme les NWA avec Efil4zaggin et 2Pac avec Strictly for my N.I.G.G.A.Z. Mais n’en déplaise à ces hypocrites et autres détracteurs, cette modification ne changeait en rien la nature du contenu. Qui plus est, la photo très parlante d’un Nas au dos scarifié de la lettre ‘N’ en couverture compense le poids du mot ‘nigger’. En revanche, il le réutilise pour The Nigger Tape (lire la chronique) et le 15 Juillet 2008, l’album par qui le scandale arrive sort enfin. Une belle victoire en soi.

Lire la suite NaS (untitled) @@@@½

DJ Green Lantern presents « Charles Hamilton : Outside Looking » @@@1/2


DJ Green Lantern contribue maintenant à l’invasion des hipsters en tournant les projecteurs sur Charles Hamilton. Ce cousin de MC Lyte natif de Cleveland et grandissant dans les quartiers pauvrement huppés de Harlem est en effet une belle tranche de hipster : c’est un fana de consoles de jeux (en atteste la pochette de sa mixtape affichant la mascotte Sonic), il n’a pas honte de porter des vestes roses comme Kanye West et il mélange sans complexe son hip-hop avec du rock comme le fait Lupe Fiasco. Et comme le groupe de hipster-hop The Knux, Charles a vendu son âme à Jimmy Iovine, grand boss d’Interscope, pour un album prévu premier trimestre 2009. 

Ce qu’il faut retenir avant tout de Charles Hamilton, c’est qu’il est surtout un MC/producteur ultra-créatif qui sait jouer des instruments de musique et qui n’a pas peur de suivre son instinct artistique. Si vous ne croyez pas ce que j’avance, foncez télécharger gratuitement sa mixtape hosté par le Evil Genius sur son site Internet www.iamnotcharleshamilton.com

Lire la suite DJ Green Lantern presents « Charles Hamilton : Outside Looking » @@@1/2

Nas + DJ Green Lantern « The Nigger Tape » @@@@


J’aurais pu chroniquer The Confessionnal, la nouvelle mixtape (vraiment très bonne) de Bishop Lamont mixée par DJ Whoo Kid et produite par la team d’Aftermath. Oui mais non. C’est pas tous les jours que Nas sort une mixtape. Quand il le fait, c’est l’événement assuré, surtout s’il s’agit du préambule de son album innommé. Car vu que le titre Nigger ne sera finalement pas retenu (pour des raisons qui nous échappent) après avoir semé un vent de panique tant bien au sein de la communauté noire que dans l’industrie du disque, il le réutilise pour The Nigger Tape.

Oui, vous avez bien lu, le N-word n’est pas censuré sur la cover, seule la bouche de Nas est figurativement scotchée pour en quelque sorte accentuer la force du mot. Son associé pour ces préparatifs n’est autre que DJ Green Lantern, l’ex-DJ d’Eminem, producteur de la bande-son rap de GTA IV  et inspirateur de la Obama Mixtape avec Russell Simmons. C’est ce dernier point qui a rendu logique et possible sa coopération avec Nas en tant que DJ et producteur, fervent supporter du candidat afro-américain. Et pour le féliciter pour sa victoire pour les primaires démocrates, il lui dédie avec une immense fierté « Black President », un morceau emblématique qui reprend une partie de discours de Barak Obama dans l’intro et s’inspire du slogan fédérateur « Yes we can » pour le refrain, sur un beat martial du Evil Genius qui sample judicieusement « Changes » de 2Pac. The Nigger Tape, c’est en plus des futures tracks inédites  et des exclus en pagaille à découvrir de toute urgence.

Lire la suite Nas + DJ Green Lantern « The Nigger Tape » @@@@

Lil Scrappy « Born 2 Die, Bred 2 Live » @@@


Lil Scrappy ça ne vous rappelle rien ? Oui, c’est le membre de la clique BME et accessoirement le protégé de Lil Jon, ce qui lui a valu par ailleurs le titre de Prince of the Crunk. Mais ce n’est pas tout ! C’est le nom du petit chien bagarreur dans le dessin animé Scoobidoo (…). Maintenant voilà, vous connaissez l’origine de son pseudonyme. De toute façon, il n’y a qu’à le voir bouger comme un teigneux dans le clip de « Whatchu Gon’ Do » de Lil Jon & The Eastside Boyz pour en témoigner. Bref, ce jeune rookie originaire d’Atlanta révélé en 2004 est devenu depuis l’objet de maintes convoitises, à commencer par 50 Cent qui voulu tenter de se l’arracher en l’appâtant à ses soirées. Bon, pour couper la poire en deux, il partagera la production éxécutive de Bred 2 Die, Born 2 Live avec Lil Jon. Comme ça, Lil Scrappy pourra faire la jointure entre Crunk et le son ‘maison’ de chez G Unit.

Chronique originale écrite le 23 Janvier 2007

Lire la suite Lil Scrappy « Born 2 Die, Bred 2 Live » @@@

2Pac « Pac’s life » @@@


Au début, il devait sortir cette année 2006 un album commémoratif en l’honneur du triste anniversaire des dix ans de la disparition de Lesane Crooks alias Tupac Shakur aka 2Pac ou encore Makaveli. On parlait d’un double-album même, avec son lot de rumeurs habituelles comme entre autre la participation exclusive de Dr Dre… Et comme un malheur n’arrive jamais seul, un malencontreux concours de circonstance a voulu que Death Row (le ‘label rouge’ californien qui a dominé le rap game durant les années 90) fasse son dépôt de bilan ce mois de Septembre 2006, survenu après quelques sombres affaires judiciaires. Curieux hasard n’est-ce pas. Mais depuis quelques temps déjà c’est la société Amaru qui détient les masters de 2Pac et non plus Suge Knight. Quelque part, c’est rassurant de voir que Afeni Shakur, la mère du défunt rappeur, a pu s’approprier les droits des œuvres inédites de son fils et non plus le baron du gang des Bloods. En contrepartie, depuis ce droit de succession pourrait-on dire, la génitrice en question est devenue une redoutable femme d’affaire (disques, ligne de vêtement Makaveli Branded,…) et présidente de multiples associations portant le nom de Shakur. C’est pourtant la seule personne qui puisse posséder la légitimité d’user du nom de Tupac, apparentement familial oblige.

Lire la suite 2Pac « Pac’s life » @@@

Kurupt « Against Tha Grain » @@½


Celà faisait au moins depuis 2002… 2003(?) que des bootlegs de ‘Against Tha Grain’ trainaillaient sur des réseaux pirates d’Internet. Les premières réactions avant l’heure H étaient mitigées, surtout que, pour resituer le contexte, Kurupt avait rompu tous les liens avec les membres du DPGC (Daz Dillinger, Snoop Dogg, Soopafly,…). C’était l’orage, un coup de théâtre : Kurupt était retourné chez Death Row Records en tant qu’artiste et vice-président du label alors Suge Knight fumait ses cigares en prison. C’est sur la structure indépendante Koch Records qu’est finalement paru à la rentrée 2005 cette dernière version finale (?) de ‘Against Tha Grain‘, quatrième solo de Kurupt, alors qu’il était sur le point de -coup théâtre (bis)- se réconcilier avec l’ami Daz.

Chronique écrite en 2005 revue en 2016

Lire la suite Kurupt « Against Tha Grain » @@½

Notorious BIG « Duets – The Final Chapter » @@@


Notorious BIG est mort, vive les morts ! Nous sommes le Noël 2005 et Diddy décide de faire un jubilé pour célébrer Biggie Smalls en invitant le gratin du rap et des producteurs. Bon autant être franc (et pas objectif), Biggie Duets masque en réalité une compilation de remixes. L’idée du multimillionnaire patron de Bad Boy est malicieuse : reprendre des anciens couplets issus de Ready to Die et Life After Death, les mélanger avec les rappeurs et chanteurs du moment sur de tout nouveau instrumentaux récents et tadaaaaam. Le tour de passe-passe aurait pu être réussi si on avait pas deviné son secret en quelques secondes.

D’après un commentaire rédigé Décembre 2005.

Lire la suite Notorious BIG « Duets – The Final Chapter » @@@

2Pac « Loyal to the Game » @½


Cher Père Noël,

Cet anné, j’ai étais bien sage. Et j’ai vu que le nouvo 2Pac sorté, alors je le voudrez comme cadeau de Noel. ‘Loyal To The Game’ est produis par Eminem! C’est le meilleur rapeur de l’univer! Personne ne peut le battre! Faire un disque avec 2Pac c’est tro de la balle! C’était le meilleur rapeur de tout les temp! Je suis sur encore quil ait vivant! Il y a meme G Unit dessus, c’est le meilleur groupe du monde! Personne peux les testé!

Lire la suite 2Pac « Loyal to the Game » @½

Ja Rule « The Last Temptation » @@


Et là, l’album de trop. Stop les « c’est de la bombe », « c’est de la balle », « c’est de la bombe de balle »,… Pain Is Love était OK mais là c’est se moquer de nous. The Last Temptation était bien médiocre. D’ailleurs ça s’en est ressenti sur les ventes qui ont lourdement chuté. Et ce n’est pas qu’à cause de l’arrivée de son nemesis 50 Cent (avec qui il était en contentieux dans le Queens) qui est venu troubler son business. Ja Rule s’est totalement fourvoyé avec un album trop commercial, trop calqué sur deux précédents succès… Trop c’est trop.

Lire la suite Ja Rule « The Last Temptation » @@