Lil Scrappy « Born 2 Die, Bred 2 Live » @@@


Lil Scrappy ça ne vous rappelle rien ? Oui, c’est le membre de la clique BME et accessoirement le protégé de Lil Jon, ce qui lui a valu par ailleurs le titre de Prince of the Crunk. Mais ce n’est pas tout ! C’est le nom du petit chien bagarreur dans le dessin animé Scoobidoo (…). Maintenant voilà, vous connaissez l’origine de son pseudonyme. De toute façon, il n’y a qu’à le voir bouger comme un teigneux dans le clip de « Whatchu Gon’ Do » de Lil Jon & The Eastside Boyz pour en témoigner. Bref, ce jeune rookie originaire d’Atlanta révélé en 2004 est devenu depuis l’objet de maintes convoitises, à commencer par 50 Cent qui voulu tenter de se l’arracher en l’appâtant à ses soirées. Bon, pour couper la poire en deux, il partagera la production éxécutive de Bred 2 Die, Born 2 Live avec Lil Jon. Comme ça, Lil Scrappy pourra faire la jointure entre Crunk et le son ‘maison’ de chez G Unit.

Chronique originale écrite le 23 Janvier 2007

Du jus de Crunk à la sauce gangsta, en veux-tu en voilà ! « Gangsta, Gangsta », le titre parle de lui-même, avec Lil Jon qui gueule des ad-libs sur le refrain, on est enchanté. Quant au single « Money In The Bank (remix) » avec Young Buck, Lil Scrappy fait tripper avec son flow sur instru gonflé en bass-beats et surtout minimaliste, parce que c’est le truc à la mode de simplifier au possible les productions en ce moment. Son duo avec Yung Joc « Touching Everything » le rend plus ramolli, avec un mid-tempo dans la veine ‘trap music’ et des fins de rimes rallongées sur le refrain. C’est dommage parce qu’on se souvient il n’y a pas si longtemps d’un Scrappy énergique et survitaminé. Heureusement, quelques bons titres se dégagent du moule, tels que « Get Right » et « Born To Live », avec entre deux un « Pussy Poppin’ » complètement loupé. Il y a une pénurie d’idées faut croire. Est-il utile de signaler la présence des Three 6 Mafia, tellement ça devient banal d’entendre les mêmes passages de DJ Paul et Juicy J. Evidemment que depuis qu’ils ont reçu un Oscar, tout le monde les invite, mais si ça continue, il va y avoir saturation comme c’est arrivé pour les UGK. Changement de contexte avec la petite brise fraîche, elle vient du vent d’Ouest de « Livin’ In The Project » qui sample la voix de 2Pac. Dommage qu’elle soit musicalement hors-sujet. Malgré les multiples reproches, c’est d’un bon niveau.

La seconde moitié de l’album bascule vers le côté obscur du G Unit. « Baby Daddy » a de quoi surprendre, dans le bon sens du terme, grâce à une production soulful du meilleur effet. Mais c’est après que les choses commencent à se gâter sérieusement. Sur « Police », Lil Scrappy fait clairement son G Unit, et son flow en pâtit en voulant copier les intonations de 50 Cent. Ce n’est pas pire que sur « G-Shit », le son r&b habituel à la « 21 Questions » qui invite la fausse-blonde Olivia pour chanter le refrain. Le supplice dure cependant moins de trois minutes. Plus flagrant encore, « Lord Have Mercy ». Le petit Scrappy a chopé le virus du ‘je chantonne mes refrains comme 50’. A moins qu’il était forcé de le faire pour remplir son contrat. Le mot ‘refrain’ dans le rap mainstream va vraiment finir par devenir indissociable de 50 Cent, ce dernier s’occupant de celui de « Nigga, What’s Up ». En gros, c’est du G Unit tout craché.

Pourtant promis à un bel avenir, Bred 2 Die, Born 2 Live débouche sur une semi-déception, comme la plupart des dernières sorties G Unit, et des sorties sudistes qui promettaient d’être « hot » (comme Yung Joc ou Young Jeezy). Aussi, on aurait pu penser à la base que ce premier solo de Lil Scrappy mélangerait le son Crunk avec celui du G Unit pour les hybrider mais non. C’est un album qui fait le grand écart entre distinctement Crunk music ET le son G Unit. Manque de coordination ? Et puis si Lil Scrappy a pu prendre ça et là les qualités des deux types de styles respectifs, et ce en portant sa touche personnelle, il en a aussi repris les défauts qui leur sont inhérents. Très très loin d’être le genre de disque qui laissera un souvenir impérissable.

Au fait, la bonus track « Oh Yeah » feat Sean Paul (des Youngbloodz) et E-40 qui n’est en réalité que le copier/coller de « Snap Ya Fingerz », c’est pour se moquer du monde ?

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