Papoose « Underrated » @@@½


Je ne pense pas que Papoose est un MC sous-estimé, loin de là, en revanche il méritait sincèrement une carrière bien meilleure que celle que le destin lui a donné. Découvert par Kool G Rap et soutenu par DJ Kay Slay, le très prometteur rappeur de Brooklyn fut lâché par Jive Records et son premier album Nacirema Dream a mis sept ans à voir le jour, tout ça pour rendre un résultat décevant. Il aura aussi beau s’être fâché contre Kendrick Lamar qui a bousculé New-York avec son couplet sur « Control« , on n’aura retenu de Papoose seulement qu’il est le mari de Remy Ma alors que l’égérie du Terror Squad purgeait sa peine de prison. Pire, son second album paru en 2015, You Can’t Stop Destiny, j’en avais jamais entendu parler. Mais Underrated? Cet album en est le contre-exemple.

D’office, Papoose castagne sec. « I don’t write rhymes, I write prescriptions ’cause these niggas sickenin’ /My wife is religious, her Louboutins are Christian ». Il balance les punchlines, et nous, auditeur, avons le rôle de sac de sable. Même Kanye sur « 3rd Eye » (« Kanye West said slavery was a choice/ But he should be muzzled without a voice »). Royce Da 5’9 a été plus violent sur « Field Negro » mais la réaction de Papoose se fait bien sentir comme une écharde sous le pied. Jamais en manque d’idées et de rime, il nous refait le coup de « Alphabetical Slaughter » en version numérique (de 1 à 9) sur un instru du légendaire DJ Premier, « Numerical Slaughter ». Et Preemo qui tease à la fin en annonçant une suite de 10 à 20 pour le prochain album de Pap’. Ce n’est pas fini, name-dropping et jeux de mots, il en remet une dose sur le répétitif « BAG » (qui rend hommage à Biggie) en jouant cette fois sur les acronymes et lettres majuscules, mais seulement pour un petit couplet ce qui a le don de frustrer.

Les fans de Ghostface (et J Dilla) reconnaîtront le même sample que « Whip Me With a Strap » utilisé sur « Discipline » et Statik Selektah réussit à mimer DJ Premier sur l’instru de « God MC » (les oreilles se mangent encore de belles droites). À noter également la présence discrète de Pete Rock sur « University of the Streets« , un titre fort sur lequel il mise toute sa streetcred. Discrète car on ne reconnaît pas la prod de PR au premier coup d’oreille. On va éviter le plus possible le morceau de couple marié super cul-cul « The Golden Child« , mais Papoose rattrape le coup sur le titre suivant « Precious Jewel » qui est une véritable déclaration d’amour envers Remy Ma (et en plus il amène Musiq Soulchild avec lui). Fuyez aussi les horribles synthés de « S.H.O.O.T.E.R.« , cette torture qui nous flingue les tympans.

Mis à part ces 3-4 morceaux tout droit sortis de mixtapes des années 2000, Papoose fait bonne figure avec Underrated. Être un des meilleurs MC de sa génération est une chose, mais cette affirmation serait plus facilement acceptée s’il avait plus de productions ou producteurs à la hauteur et d’une certaine façon, Papoose est responsable de ces choix maintenant qu’il est indépendant. Malgré tout, on garde moins en nous ce constat d’un immense potentiel gâché avec ce troisième album.

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