N.O.R.E. A/K/A P.A.P.I. « Student of the Game » @@@


La carrière de N.O.R.E. n’aurait pas pu être pire qu’après avoir surfé sur la vague reggaeton au milieu des années 2000 (Ya Tu Sabe) avant de revenir au rap avec le très médiocre Noreality en 2007. Il aura fallu qu’il se reprenne en main avec son allié Capone et deux albums des C-N-N (Channel 10 et War Report II) pour regagner de la crédibilité auprès du public rap. Une aubaine pour le rappeur de LeFrak (se renommant P.A.P.I. pour je-ne-sais-plus-quelle-raison) puisqu’il signe un contrat avec Busta Rhymes sur le label Conglomerate Records, avec une bourse lui permettant de reprendre ses études dans dans le rap game avec un 6e album.

Sitôt la l’intro skippée, les choses sérieuses se font avec le morceau de présentation « Student of the Game » qui sert d’intitulé à l’album, servi par une prod des espagnols de Cookin’ Soul. Consécutive à cette bonne entrée en matière l’auditeur passe sans transition à une piste mainstream à souhait, « Tadow« , featuring 2 Chainz, Pusha T et un refrain de French Montana. Mais la catastrophe reste à venir avec « The Problem (Lawwwwd)« , la faute à une production complètement foireuse de Pharrell Williams qui a cru avoir la bonne idée de faire des mélodies de synthés bonnes pour de la dance music ringarde. C’est dingue quand on pense que Noreaga a toujours pu jouir d’incroyables singles avec les Neptunes depuis « Superthug« , cette déconvenue est inadmissible. Pourquoi ne pas avoir laissé le street-single « Finito » à la place?

N.O.R.E. se rattrape avec d’authentiques morceaux comme « What I Had To Do » featuring Scarface et « God’s Angels« , des numéros de fil-de-fériste où il marche sur la corde sensible en relatant les tragédies dans le ghetto et les proches disparus trop tôt. Le rappeur est vraiment revenu au meilleur de sa forme, fini les rimes bouches-trous et les lyrics allégés. Impossible de louper le terrible « Camouflage Unicorns » avec des invités 100% Queensbridge Havoc et Tragedy Khadafi.  Il coopère aussi avec des vétérans du boom-bap new-yorkais comme Pete Rock sur « Vitamins » (qui parle de bière en réalité) et Large Pro sur « Built Pyramids » qui apportent de la fraîcheur à ce Student of the Game (aussi incroyable que cela puisse paraître), à l’inverse de l’affreux « She Tried » avec Lil Wayne (parce que le nom est vendeur?) et d’autres titres sans importance du style « Thirsty » et « Only Bad Ones » feat Jeremih. Les collaborations de Tech N9ne et Mayday sur le dernier track semblent également accessoires, l’idée de les inviter était bonne mais l’utilité de tels featurings est discutable. Ceci dit certaines prods mainstreams sont bien exploitées sur des titres comme « Tadow » et « Faces of Death » avec les passages de French Montana à nouveau, Swizz Beatz (mouais) et surtout Busta et Raekwon.

Hétérogène, voilà comment on pourrait qualifier Student of the Game de N.O.R.E, la faute à un clivage prononcé entre morceaux typiquement new-yorkais dans l’âme et morceaux plus commerciaux sans aucune once d’âme. Ces choix artistiques sont certes défendable et à N.O.R.E. de prouver à coup sûr qu’il est dans le coup mais à trop jongler entre les deux, ça rend l’album parfaitement inégal. Sans parler de quelques guests dont le nom a plus un intérêt marketing qu’une réelle plus-value. Il faudra remédier à ces problèmes-là sur la suite de prévue, Dyslexia.

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