Archives du mot-clé Bink!

Bishop Lamont « The Reformation – G.D.N.I.A.F.T. » @@@@


Rembobinons jusqu’en 2007. Le californien Bishop Lamont est nouvellement signé chez Aftermath, et deux chemins s’ouvraient à lui : soit succéder au turbulent The Game (éjecté au profit de 50 Cent), soit être condamné à l’enfermement en studio sans voir le fruit de son travail révélé au public. Le rappeur de Carson avait de bonnes cartes en mains, avec une apparition remarquée sur la BO du jeu True Crimes, des street-albums de qualité certifiée tels que Nigger Noize qui a fait pas mal de bruit, le très lourd The Confessional (profitant de prods de DJ Khalil) ou encore la rencontre avec Black Milk sur Caltroit. Hélas pour lui, et pour nous, la seconde porte s’est ouverte…

Lire la suite Bishop Lamont « The Reformation – G.D.N.I.A.F.T. » @@@@

J Dilla « The Diary » @@@


Comme pour Pimp C, le label Mass Appeal nous offre l’occasion d’avoir en possession (encore) un nouvel album posthume de J Dilla dix ans après sa disparition. À ce rythme-là, il a déjà doublé 2Pac si on compte depuis Jay Love Japan en 2007 puisque The Shining était conçu de son vivant et Ruff Draft une réédition, sachant que le dernier ouvrage en date était l’album instrumental Dillatronic. Sans parler des productions que pas mal de rappeurs ont pu récupérer, notamment son jeune frères Illa J avec les Yancey Boys. Mais à la différence de Jay Stay Paid et Rebirth of Detroit, The Diary n’est autre que l’édition d’un opus solo qui devait sortir autour de 2002-2003 chez MCA Records, Pay Jay.

Lire la suite J Dilla « The Diary » @@@

Rick Ro$$ « Mastermind » @@@½


God Forgives, I Don’t paru durant l’été 2012 était un album qui avait pêché par son excès, une surabondance qui ne l’a pas empêché d’être disque d’or, un de plus à sa collection. Mastermind, son 6e LP, est devenu en quelque sorte l’album de quitte ou double. Et c’est Puff Daddy a/k/a Diddy, son manager, qui supervise cet opus.

Lire la suite sur Now Playing

Mack Wilds « New York : A Love Story » <3 <3 <3 <3 ½


Mack-Wilds-New-York-A-Love-Story

Si vous ne regardiez pas 90210 Beverly Hills : New Generation, alors vous comme moi, ne connaissiez pas Tristan Wilds, appelé aussi Mack Wilds. Le jeune acteur a sorti au début de l’Automne un album r&b produit par Salaam Remi, New York: A Love Story, et je ne le découvre qu’aujourd’hui. Non seulement les trois featurings sont prestigieux (deux membres du Wu et un beatboxer de légende) et les co-producteurs sont des monstres sacrés de la Gramde Pomme, cet album est aussi pur bijou. Ce qui m’amène à cette question : comment ce disque a-t-il pu passer à travers les radars ???

A la première chanson, la mâchoire tombe. Une composition alliant rythmes urbains et orchestre de classique, un Method Man qui débarque quelques instants comme une bourrasque, et notre Mack Wilds qui réussit cette percée dans le r&b avec assurance et talent. Qui plus est, il sait rapper, et monter dans les aigus (« Don’t Turn Me Down« , « MaGic!!!« ). Alors si vous glisser un belle mélodie avec un beat et des scratches DJ Premier, vous obtenez « Keepin’ It Real« . Ou alors Mack opte pour un sample de harpe très candide trouvé par Pete Rock sur « Art of Fallin’« . Les auteurs de l’album remettent aussi au goût du jour des instrumentaux parfois connus, comme « Burn » des Mobb Deep sur « Henny » ou alors « You, Me, Him and Her » de Jigga (The Dynasty) sur « My Crib« .

Ce n’est pas compliqué de nous séduire, il suffit simplement de faire preuve de délicates attentions, d’alterner avec un low-tempo (« Sober Up » pour le spleen, le superbe « U Can Cry To Me » avec Raekwon au premier verset), d’un peu de nostalgie pour revenir à l’essence même du rhythm’n blues new-yorkais. Jusqu’au point d’orgue, « A NY Love Story« . Difficile de décrire ce que fait ressentir ce morceau en particulier, ce sentiment d’intimité et les basses légères qui provoquent de légers frissons. C’est comme le troisième rendez-vous avec la fille qui occupe vos pensées depuis des jours ou peut-être des semaines, après ce jeu de séduction consistant à à apprendre à se connaître et se rapprocher. Et arrive ce moment de proximité, l’ouverture, le moment ou jamais où il faut arrêter de se poser les questions et faire le grand saut, quand le coeur tambourine dans la poitrine et les yeux qui ne se quittent plus. Et tout d’un coup se ferment, les lèvres se rencontrent avec une douceur infinie. Le temps se suspend alors qu’une bouffée de chaleur monte en nous et que les sensations parcourent, et quand se termine le baiser et qu’on réalise à peine ce qu’il vient de se passer, pas envie de se poser de questions à nouveau… C’est reparti pour un second plus langoureux. C’est cet instant parfait, cet instant de magie que capture cette chanson.

Pour enfoncer le clou, il reprend merveilleusement bien « Remember The Time » de Michael Jackson, un moelleux au chocolat qui terminera de faire fondre nos coeurs.

 

John Legend « Love in the Future » @@@@


John Stephens n’avait pas publié d’album solo depuis cinq ans, ça commençait sérieusement à faire long. A 34 ans, le chanteur signé chez G.O.O.D. Music a pris son temps pour écrire de nouvelles chansons et les habiller d’une musique soul plus classique dans le style, comme semble le décrire la pochette arborant des oeillets rouges en toute sobriété, sans perdre son préfixe « néo ». Avec Love in the Future, John Legend a gagné en sagesse.

Lire la suite John Legend « Love in the Future » @@@@

Freeway « Diamond in the Ruff » @@@½


Notre barbu préféré de Philly revient avec un quatrième album serti de joyaux bruts, Diamond in the Ruff, édité par la compagnie indépendante Babygrande. Presque dix ans après la bombe Philadelphia Freeway, force est de constater que Freeway n’a rien perdu de son énergie et de sa fougue. C’était l’occasion pour lui aussi de faire quelques retrouvailles après son album commun avec Jake One chez Rhymesayers, le très plébiscité Stimulus Package.

Lire la suite Freeway « Diamond in the Ruff » @@@½

Hit-Boy « HITstory » [free album] @@@@


Hit-Boy est internationalement connu pour être le producteur de « Niggas In Paris » de Jay-Z & Kanye West, ce hit hypnotique (que j’ai fini par détester) qui a été joué une grosse demie quarante-douzaine fois pendant leurs concerts à Paris. C’est manquer de savoir que ce jeune producteur de 25 ans originaire de Californie a pondu d’autres morceaux par le passé pour Lil Wayne (« Drop the World » feat Eminem extrait de Rebirth), Mary J Blige, Brandy, le G-Unit ou encore les Pussycat Dolls, etc… avant que ses services soient réquisitionnés en 2011 par Kanye West pour son label G.O.O.D. Music.

Mais il aura fallu qu’il décroche la palme avec « Niggas in Paris » pour devenir le producteur à suivre absolument, le coup classique. Entre quelques sollicitations de la part de A$AP Rocky, Nicki Minaj et la fameuse compilation Cruel Summer qui arrive à la rentrée, Hit-Boy a pris le temps de concevoir HITstory, un album gratuit sur lequel il expose un autre talent : il sait rapper.

Lire la suite Hit-Boy « HITstory » [free album] @@@@

Curren$y « The Stoned Immaculate » @@@@


Curren$y sort des projets à un rythme industriel et celui qu’il présente maintenant, The Stoned Immaculate, est selon ses propres dires son « premier vrai album », accessoirement son second chez Warner Bros après Week-end at Burnie’s paru l’été 2011. S’il entend par « vrai album » un « album mainstream », okay, dans sa configuration, c’en est bien un. Et il tient très bien la route, le rappeur de la Nouvelle-Orléans a su négocier  son virage sans perdre sa trajectoire initiale, à savoir faire du rap pour l’autoradio.

Lire la suite Curren$y « The Stoned Immaculate » @@@@

Slim The Mobster « War Music » hosted by DJ Whoo Kid [mixtape] @@@


Cela fait à peu près deux, trois ans que Slim Da Mobster traîne dans les studios d’Aftermath sans qu’on n’ait pu jamais juger de quoi il était capable, jusqu’à cette mixtape War Music hostée par DJ Whoo Kid. Le nouveau rookie de Dr Dre s’est entouré de Snoop Dogg et Sha Money XL (ex-président de G Unit) pour cette livraison qui répondra son talent supposé.

Lire la suite Slim The Mobster « War Music » hosted by DJ Whoo Kid [mixtape] @@@

DJ Skee & Funkmaster Flex presents Game « Purp & Patron » [double-mixtape] @@@½


Game a beau sortir single sur single, rien n’y fait, la mayonnaise ne prend pas. Son autre solution pour combler copieusement la sortie de RED Album, dont le délai ne cesse d’accroître (une habitude chez Aftermah Records), sortir des mixtapes de plus en plus fat. Avec Purp & Patron il a carrément mis les bouchées double : une double-mixtape, avec deux DJs (DJ Skee et Funkmaster Flex), des gros noms de la prod dont une double dose de Dr Dre et les Neptunes (principaux producteurs annoncés du RED Album) et deux fois trop de guests (Lil Wayne, Wiz Khalifa, Fabolous, Rick Ross, Pharrell, Snoop…). Quand on boit trop d’alcool, on voit double.

> Télécharger The Game – Purp & Patron (2 Disc)

Lire la suite DJ Skee & Funkmaster Flex presents Game « Purp & Patron » [double-mixtape] @@@½

Cassidy « C.A.S.H. » @@@


La carrière de Cassidy aurait pu être super glorieuse, mais non. Trois albums en demi-teinte, aussi bien commercialement que point de vue feedbacks, des grosses unes aux effets néfastes (un long épisode juridique pour meurtre avec préméditation) et un très grave accident de la route (dont il en sortira miraculeusement vivant), pas tip-top pour espérer gagner sa croûte avec des majors qui n’en finissent pas de travestir le milieu Hip Hop. De retour en indépendant avec C.A.S.H., sans même l’appui de son pygmalion Swizz Beatz, Cassidy espérait certainement montrer de quoi il est réellement capable, mais hélas non, il répète les mêmes erreurs qu’auparavant.

Lire la suite Cassidy « C.A.S.H. » @@@

Kanye West « My Beautiful Dark Twisted Fantasy » @@@@½


« Et l’album Hip-Hop de l’année 2010 est décerné à Big Boi avec… » Stop, attendez une minute, je me permets d’intervenir brusquement. Je suis très content pour lui, mais Kanye West a réalisé l’un des meilleurs albums de rap de tous les temps. Je dois admettre, malgré ma réticence à vouloir suivre l’unanimité, que My Beautiful Dark Twisted Fantasy est LA sortie rap majeure de cette fin de décennie.

Ce cinquième album du natif de Chicago a été réceptionné par des critiques très élogieuses, dont un XXL de la part du mag US de référence, et des chiffres de ventes impressionnants. Impensable quand on s’aperçoit que les trois-quarts du tracklisting définitif sont des morceaux qu’il a offert gratuitement par Internet (sous-entendus non inédits) chaque vendredi via la vaste opération des GOOD Friday. J’imagine la suite, le même cérémonial que pour ses quatre premiers albums : Grammy Awards, MTV Awards, BET Awards, etc… sous les applaudissements révérencieux.

Lire la suite Kanye West « My Beautiful Dark Twisted Fantasy » @@@@½

Game & DJ Skee « The Red Room » (mixtape) @@@½


Game (sans le ‘the’) a définitivement réalisé la meilleure opération de l’année de 2010 : en plus de publier son prochain album chez Star Trak, le MC de Compton a renouvelé son ordonnance chez Aftermath. Le RED Album sera produit par les Neptunes et Dr Dre, de quoi rendre jaloux tous ses haters, parmi eux 50 Cent dont Before I Self Destruct n’est toujours pas disque d’or six mois après sa sortie (alors qu’il a fallu trente fois moins de temps pour ses trois premiers LPs). Tant pis aussi pour Bishop Lamont qui aura passé sa carrière dans la salle d’attente du docteur mais quand on s’appelle Game et qu’on est un Blood, on passe en urgences.

Et comme ce gigantesque buzz ne suffisait pas, DJ Skee et Game offrent généreusement cette net-tape gratuite, The Red Room, avec en prime un nouveau mix de son méga-freestyle de vingt minutes (!!!) « 400 Barz » et d’autres exclusivités. Qui peut le stopper maintenant ?

Lire la suite Game & DJ Skee « The Red Room » (mixtape) @@@½

Method Man & Redman « Blackout! 2 » @@@@


Avant d’écrire quoi que ce soit, j’aimerai d’abord annoncer le premier anniversaire de mon blog : et oui,  j’ai créé Sagittarius Hip Hop Reviews le 31 Mai 2008, avec comme première chronique 8 Diagrams du Wu-Tang Clan ! Et en transitant habilement par le Wu, je passe à Method Man & Redman qui viennent de sortir le second volet de Blackout! chez Def Jam.

C’est évident que le contexte de cette sortie n’est plus du tout la même qu’il y a dix ans. Réunion explosive entre les deux plus gros fumeurs d’herbe de la planète, Blackout! est sans aucun doute considéré comme un album rap culte, dont sont extraits la tuerie inoxydable « Da Rockwilder » et leur célèbre hymne « How High » dans sa version originale, avec son refrain que tous les fans connaissent par coeur. Un titre incontournable qui a inspiré le film du même nom sorti en 2002 avec un scénario complètement loufoque. En ce temps pas si lointain, le Funk Doc et Mr Mef étaient ultra-hype et leurs aventures en solo cartonnaient bien.
Les choses ont évolué très vite dans le rap game en une décennie mais le charisme et le tempérament des Blunt Brothers demeurent intacts, les chanceux qui les ont vu ensemble sur scène peuvent en témoigner autant que moi. Blackout! 2 n’était pas aussi attendu que son illustre prédécesseur, cependant dans le genre « Machintruc ricain 2, le retour », c’est une bonne séquelle. Rallumez votre poste sur la fréquence WKYA, We Kickin’ Your Ass Radio!

Skillz « The Million Dollar Backpack » @@@1/2


Question à un million de dollars : pour qui Skillz ghostwrite-t-il ? Pas de réponse. J’ai le regret de vous informer que jamais il nous l’avouera ouvertement, ses employeurs occasionnels également ont des clauses de confidentialités. N’essayez pas d’éplucher les livrets d’album hip-hop ou r&b tel un rat de bibliothèque des années durant, vous ne trouverez nulle part son nom en tant que parolier ‘fantôme’ inscrit autre part que sur ses disques ou lors de ses featurings. Le ghostwriter à temps partiel le plus célèbre de la planète gardera son secret jusqu’à la tombe. Skillz préfère mettre ses compétences de lyriciste option punchliner à son propre compte.

Et dire qu’avec tout le beau monde avec qui il a collaboré le long de sa carrière, il aurait encore pu être plus médiatisé que ça. À l’époque de From Where ?!?, où il se surnommait Mad Skillz, il côtoyait le collectif Da Basement, à savoir Timbaland, Missy Elliott et Magoo, il aurait pu ensuite embrasser une brillante carrière comme Mos Def au sein du label Rawkus, il aurait pu faire mieux avec Confessions of a Ghostwriter qui récupérait des morceaux du bootleg I Ain’t Mad No More (qui a suivi l’avortement de son contrat avec Rawkus Records), Skillz aurait pu capitaliser son rapprochement avec les Roots et Jazzy Jeff, il aurait pu faire un très bon éditorialiste avec rétrospectives annuelles The Rap-Up 200-something, mais il a préféré opter pour une ligne de conduite personnelle et suivre son propre chemin, avec sur le dos son Million Dollar Backpack (Koch Records). 

Lire la suite Skillz « The Million Dollar Backpack » @@@1/2