Westside Gunn « Supreme Blientele » @@@@


Forcément, la première chose à laquelle on pense automatiquement en voyant le titre de ce second album de Westside Gunn : le classique de Ghostface. Mais pas tout à fait orthographié de la même manière ici. Alors que Westside Gunn et son frangin Conway ont signé un deal à deux chez Shady Records, oui le label d’Eminem, Supreme Blientele sort bien en indépendant chez Griselda Records.

Mais étrangement, on n’a pas ce réflexe de comparer tout de suite ce disque avec Supreme Clientele une fois qu’on l’appuie sur lecture. Ce disque du rappeur originaire de Buffalo s’écoute posément pour en vivre toute la tension des hood tales de WSG décorés par des productions qui ont largement recours au sampling, sans ajout obligatoire de caisses. C’est après coup que l’on réalise que philosophiquement parlant, d’après cette première constatation générale, que cela fait déjà deux similitudes avec Supreme Clientele. Des fois les référence sautent naturellement aux yeux comme pour « Brossface Blipper« . Et si on raisonne ainsi, Benny c’est Cappadonna et l’autre gunner Conway dans le rôle de Raekwon? Ben pourquoi pas. Niveau instrus, on retrouve l’excellent Daringer qui était l’artisan principal du chef d’oeuvre FLYGOD, mais aussi de grandes figures telles que 9th Wonder, Pete Rock, Statik Selektah, The Alchemist, Harry Fraud… Et ça sample en long, en large, et en profondeur, comme le faisait RZA et sa bande de Wu-producers. L’ensemble est d’ailleurs tellement cohérent qu’il est difficile de distinguer quels sont les producteurs, à moins qu’ils annoncent la musique d’entrée (suivez mon regard).

Hey yo, vous avez vu les invités de marque aussi? Jadakiss sur « GODS Don’t Bleed« , le glaçant Roc Marciano (qui fait très fort sur « Ric Martel » qu’il produit lui-même), Busta Rhymes remet de l’ordre tel un daron sur « Brossface Blipper » et Elzhi, impeccable comme à son habitude (« The Steiners« ). L’apparition d’Anderson .Paak sur « Wrestlemania 20 » fait diablement penser à du NxWorries, sauf qu’il n’y a pas de Knxwledge dans les parages, seulement 9th Wonder. Suprenant, a posteriori. À côté d’eux ou en solo, Westside Gunn semble bien paresseux, déjà que certaines tracks s’arrêtent avant la deuxième minute (comme le très bon « SaBu« , dommage). Mais n’était-ce pas le cas aussi de Supreme Clientele? Peut-être a-t-il trop gaspillé et éparpillé ses idées avec sa plâtrée de mixtapes et EP depuis deux ans. Et/ou qu’il en garde sous le pied pour un projet commun en major avec Conway. Il gave un peu trop d’ad-libs également, des POPOPOPOPOPOPOPOPOPOOOM partout.

Mais la notoriété que Westside Gunn a acquis depuis le très confidentiel FLYGOD (dont les rares exemplaires s’arrachent à prix d’or sur Discogs, l’album n’est plus disponible en streaming) n’a pas eu raison de son talent, et des titres comme « Elizabeth » ou « Westside » suggèrent fortement de ne pas lui tourner le dos par mégarde, car il peut nous mettre une balle dans l’épine dorsale. Après, est-ce que dans le temps Supreme Blientele va talonner son modèle? Pour ça, il faudrait que notre rappeur ait la prestance, la fougue de notre Ghostface Killah favori, cependant il faut reconnaître que le challenge en vaut la chandelle.

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