Jedi Mind Tricks « The Bridge and the Abyss » @@@@


Les mythiques Jedi Mind Tricks avaient bien failli tomber dans les oubliettes au début des années 2010 malgré une réapparition temporaire de Jus Allah. C’est le retour de Stoupe The Enemy of the Mankind en 2015 sur The Thief and the Fallen qui a semble-t-il créé un sursaut dans la formation de Pennsylvanie. La critique récurrente des dernières sorties des JMT résidait dans un certain manque de renouvèlement mais on dirait bien cette fois avec The Bridge and the Abyss qu’elle a été prise en compte.

Trois années se sont écoulés entre ce neuvième album du groupe et le précédent, c’est presque si les Jedi Mind Tricks nous manquaient. Mais très vite on se re-familiarise avec leur univers, la lourdeur des beats qui frappent comme des marteaux de vikings, ces beaux samples provenant du monde entier (« Rashindun Caliphate« ), ces mélodies gothiques synthétiques et énervées (« San La Muerte« , « Hell’s Henchmen« ) ou bien mélancoliques (« Making a Killing« , « Death Toll Rising« ), ce flow rugueux et énervé reconnaissable entre des millions de ce diable de Vinnie Paz… Certaines choses ne changent décidément pas, et quelque part tant mieux, pourquoi se priver de boucheries comme « When The Body Goes Cold« , cette collaboration machiavélique avec Czarface sur « Torture Chamber » et « Marciano’s Reign » dédié au boxer poids lourd Rocky Marciano avec un certain Scott Stallone en feat (et un sample de clavecin pour couronner le tout). Impossible de passer également à côté du featuring posthume de Sean Price sur « Legacy of Prophet« . Tout ce qu’on attend d’un album des Jedi Mind Tricks est présent.

Au comble de ce déferlement de brutalité, Vinnie se met dans la peau d’un père de famille ultra-violent qui frappe et insulte femme et enfants sur « What She Left Behind« . Les tripes se nouent, les poings se serrent face à cet acharnement épouvantable, douloureux et hélas trop réaliste. Comment rester de marbre après un morceau d’une si rare intensité ? On entend en fond une femme se faire violenter, un enfant en train de pleurer… Le rappeur porte à la première personne un oeil des plus atroces sur l’agressivité insupportable des hommes, la bassesse d’un paternalisme qui n’a plus lieu d’être. C’est un sujet qui coïncide en plus avec le mouvement #metoo.

Heureusement, d’autres tracks nous changent un peu les idées, comme ce « Frescho & Miz » qui fait hocher la tête comme un beat boom-bap, ça fait du bien d’entendre les Jedi Mind Tricks sur un instru plutôt « gai ». Vinnie Pas accélère un peu le débit sur « Certified Dope » et surtout sur « God Forsaken » au point de passer pour un véritable rouleau-compresseur lancé à pleine vitesse, propulsé par un instru incroyable d’un Stoupe qui a repris du poil de la bête. Tout en ayant gardé une approche très conservatrice, ce tandem qui dynamite l’underground depuis plus de vingt ans nous propose avec The Bridge and The Abyss leur meilleur opus depuis bien longtemps.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Tionfur dit :

    ___123___Jedi Mind Tricks « The Bridge and the Abyss  @@@@ | «Sagihiphop.com / Les chroniques de Sagittarius___123___

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