A$AP Rocky « At.Long.Last.ASAP » @@@


Alors, que je vous explique un truc derrière le nom de ce second album en major. Le nom ‘gouvernemental’ d’A$AP Rocky est Rakim Mayers, appelé ainsi car sa mère est une fan du rappeur Rakim. Le surnom de Rakim (celui sans Eric B) était Rakim Allah, le God MC. ALLA, c’est ce qui ce qu’on obtient en contact At.Long.Last.ASAP. Voilà pour la démonstration. Plus sérieusement, cette pochette rend hommage à l’ami A$AP Yams, subitement disparu au début d’année, avec cette tache de vin caractéristique dessinée sur la joue.


Pour  At.Last.Long.ASAPbeaucoup de producteurs exécutifs se partagent le gâteau, et pas des moindres : feu A$AP Yams (qui supervisait les projets des A$AP Mob depuis le début), Hector Helgado, et – attention les yeux – Danger Mouse et Juicy J, que deux mondes séparent. Et ça se bouscule davantage pour ce qui est des crédits de production, une pléthore de noms débordent du livret, parfois jusqu’à sept (je le retape en chiffre pour vous assurer que je ne me suis pas trompé : 7) sur un seul titre comme c’est le cas du single « Everyday » featuring Mark Ronson, le papy Rod Stewart et Miguel, d’une pâleur paradoxale (je ne me rappelais plus du titre, c’est dire). Cela me rappelle la boulimie qu’a eu Kanye West sur ses derniers projets (dont Cruel Summer). D’ailleurs, en parlant de lui, Ye une prod avec un couplet (inclus dans le forfait sûrement) en prenant le contrepied : « Jukebox Joints » (co-produit par Che Pope) est un retour aux sources pour lui avec un instru soulful à souhait que l’on croirait échappé de Only Built 4 Cuban Linx « un » de Raekwon. Ça nous manquait ! A$AP Rocky continue de produire sous son autre alias LORD FLACKO. En revanche, pas de Clams Casino ni de Soufien3000, très dommage.

Et Dieu sait comment, avec tous ces participants à la réalisation, ALLA est un album bigrement cohérent, étalant en [grosse voix]sloooowwwwmooooo[/grosse voix] la vie de rock star d’ASAP Cocky tournant autour des filles, de la drogue et du succès évidemment. Les instrus s’en ressentent forcément, avec beaucoup de down-tempo et de rock psyché, mais ne s’éloignent pas trop de l’atmosphère glacée, les passages en screwed and chopped auxquels les A$AP Mob nous ont familiarisé ces dernières années (« Canal St« , « Excuse Me« , « Better Things« ). Toutefois, c’est moins « trill » et « wavy » que ses précédents efforts, ce qui ne l’empêche pas d’écrire un titre en l’honneur de Max B qui a lancé cette vague (alerte jeu de mot), Max B toujours autant adulé lui et ses 75 ans de prison. ALLA est un conçu comme une pièce arty et royalement emmerdant de la part de notre fashion-rappeur. Pourtant oui, je le trouve bon ce disque mais il me plonge dans une état comateux. Il confirme aussi que ce n’est pas un très bon lyriciste et qu’il n’en demeure pas moins quelqu’un de superficiel.

Dans ce que je trouve bon, en dehors des titres qui sonnent Beast Coast ramollo qui permettent de garder un oeil ouvert, il y a « Wavybone » avec Juicy J et les UGK (sous-entendu : il y a bien un couplet posthume de Pimp C) avec là aussi un sample soul du meilleur effet, « Fine Whine » avec Future et M.I.A, « Electric Body » pour le passage immanquable de Schoolboy Q et enfin « Back Home » avec Mos Def et ce sample simple et efficace dégote par Thelonius Martin. Et peut-être « M’s » avec Lil Wayne. En résumé, tous les morceaux avec le mot « featuring » et un/des nom(s) à côté. Grimace quand on s’aperçoit qu’aucun membre du A$AP Mob ne pose sur ALLA. À la place, il a un nouveau pote, Joe Fox, qui chante la plupart des refrains tel Kokane avec Snoop Dogg sur Tha Last Meal, sauf que Joe Fox n’est archi-pas funky.

J’ai rien oublié j’espère parce que j’aimerai bien conclure maintenant.

Les fans des débuts préféreront logiquement sa mixtape qui l’a fait connaître, et inversement les premiers sceptiques adopteront le côté psychédélique de ALLA. Personnellement, je prends la tangente en avouant ma préférence pour Long.Live.ASAP. Donc nan, il ne manque pas un arobase dans la note. Et j’attends toujours l’album des A$AP Mob au fait.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. guillon dit :

    Mouais, pas d’avis creusé sur LSD, Excuse Me ou encore Back Home qui me paraissaient être de supers morceaux, dommage.

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    1. Domingo dit :

      Mouais très sévère cette critique, je lui donnerais un demi point en plus…
      Qu’en est t’il de L$D et excuse me ? Rocky à quand même beaucoup insisté sur le fait qu’il veut faire de « l’art », et pour moi L$D s’en rapproche. Un nouveau style pour lui et qui lui va parfaitement dans son style surfait.

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