Solange « When I Get Home » @@@@


Cela a été quasi instantané d’attiser les auditeurs pour les préparer psychologiquement à la sortie imminente du successeur du trésor A Seat At The Table. C’est dire si Solange était très attendue et voilà qui est fait avec When I Get Home. Là encore, c’est tout un concept.

Avant-propos : ne considérez jamais cette magnifique personne comme la soeurette-de-Beyoncé-qui-ne-veut-rien-faire-comme personne, celle dont on admire le portrait sur la cover est réellement à part et s’appelle Solange.

Concernant la structure de When I’m Gone, j’ai comme la nette impression d’écouter une très longue chanson à variation continue de 40 minutes, avec des coupures (6 interludes) et apparitions diverses (j’y reviendrai). Ce qui me donne cette impression? 1) Le choix d’un noyau dur de musicien (John Karoll Kirby, John Key, Chassol, la formation free-jazz Standing on the Corner) assure continuité et cohésion dans cette partition en 19 pistes. Pour les influences, Solange cite « The Secret Life of Plants » de Stevie Wonder, sûr que le groove est très motownien et seventies, mais j’aurai cité aussi Thundercat pour bien des aspects. La texture sonore est une hybridation de nusoul, jazz et influences trap. 2) Un minimum de texte. Les chansons étaient relativement courtes, Solange se limite qu’à quelques phrases répétées (pour insister sur la profondeur à leur sens?) ou variations autour du même thème (« Almeda« ). Résultat, c’est un album dont les paroles peuvent s’apprendre très facilement par coeur.

Pas la peine de survoler cet album, c’est qu’il se passe, à peu près. En étant de mauvaise Foi, When I’m Gone pourrait être considéré comme un snippet album, puisque ça manque de consistance et qu’il y règne une certaine monotonie. Pourtant rien n’a été laissé au hasard, pas même le choix toujours judicieux de ses intervenants, même lorsqu’il s’agit de faire un micro-caméo (Scarface, Earl Sweatshirt, Playboi Carti, Sampha, The-Dream) ou jouer quelques notes pour les producteurs et musiciens (Raphael Saadiq et Dev Hynes sur « Dreams« , Steve Lacy, Dev Hynes). Solange a le chic de trouver des personnalités auxquelles on ne s’attendait pas forcément pour leur proposer de poser sur quelque chose qui les sort de leur zone de confort, c’est clairement le cas de Gucci Mane sur « My Skin My Logo« . Quant à Pharrell Williams, on reconnait bien sa patte sur « Almeda » et « Sound of Rain« .

Malgré la légère frustration qui s’ensuit à chaque écoute, ça passe en boucle chez moi, allez comprendre. When I’m Gone, comme A Seat At The Table, concilie aussi spiritualité, art et conscience politique, ainsi que des solutions artistiques tout à fait inédites et idées géniales. C’est une pièce pas aussi superficielle qu’elle n’y paraît au premier abord, subtilement décomplexée, offert par une personnalité d’un naturel audacieux et qui possède une fibre innée pour la musique, bien plus que son aînée.

 

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