DJ Muggs/Eto « Hell’s Roof » @@@@


DJ Muggs, pas la peine de présenter. Eto, dit aussi Lil Eto, peut-être que son nom ne vous dit pas grand chose et pourtant ça fait huit ans qu’il charbonne dans l’ombre à sortir petit projet après petit projet pour sortir la tete du caniveau. Le rappeur-producteur underground new-yorkais est membre des Tan Boys, un proche de Bodega Bamz et V-Don avec qui il a sorti le projet Omerta, et qu’aujourd’hui Hell’s Roof (Soul Assassins Records) permet de le révéler un peu plus au grand jour.

Qui de mieux qu’une personne qui vit et fait vivre la rue pour parler de la rue? Quand résonnent les énormes caisses du beat downtempo à la limite du trip hop de « Dominate« , avec cette ambiance unique de bâtiments désaffectés de béton et d’acier (dont seul DJ Muggs a le secret), on comprend bien vite qu’Eto est un survivant. C’est évidemment là que la pochette interpelle, superbe photographie sur laquelle les plaques d’égout fument telles des bouches de l’enfer en provenance des bas-fonds insalubres de NYC. La patte de Muggs justement se fait bien sentir sur « Homie » notamment, avec toujours ces samples qui deviennent stridents à un moment. « Homie » qui d’ailleurs n’est pas un morceau très sympa, la franchise d’Eto fait fi de toute hypocrisie, pour lui pas de confiance possible, un jour ou l’autre il sait qu’il sera déçu.

Lil Eto a de la personnalité, ça va sans dire. Sa voix, son style, se trouvent quelque part entre du Roc Marciano (d’ailleurs présent sur « Roses« ) pour le côté noir, Mobb Deep (il fait un peu penser à Havoc) et Bodega Bamz évidemment. À ce propos, un membre des Infamous Mobb, Big Twins, fait une apparition sur « Still Mobbin’ » (à juste titre), comptant aussi sur un très bon couplet de Flee Lord (joli schéma de rimes). Sur la liste des featuring s’ajoutent Meyhem Lauren et Willie The Kid, sur « Last Supprer » et « Victory » respectivement, là encore des gars très grimy et gritty qui font parler la poudre qui se répand dans les artères de bitumes et ruelles. L’interlude de Pio rappelle aussi une caractéristique d’Eto, ses origines latines. Mais ce sont surtout des pistes comme « Attics« , pour placer le décor mal famé, ou « The Blues » (pourtant très simpliste dans l’approche), à la préférence du jazz, qui témoignent une fois de plus de la singularité et du parcours de Lil Eto, de son état d’esprit.

Se terminant par un instru très lent et lugubre, « What You Sayin’« , Hell’s Roof se contente d’être un petit projet (30min à tout casser) mais fortement dosé et qui peut rendre accro. Genre ça peut finir par passer en boucle pendant quelques temps, sans qu’on sache trop comment ni pourquoi. Si ce n’est déjà fait, Lil Eto est un mec à suivre, au même titre que les CRIMEAPPLE, Mach-Hommy et la clique de Griselda. Et que Muggs continue d’être prolifique, il est en pleine forme.

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