Bubba Sparxxx « The Charm » @@@


Le Beat Club a fermé ses portes, problèmes de rentabilité, et le protégé Bubba Sparxxx s’est retrouvé à la rue. L’histoire avait pourtant bien commencé, lorsque ce campagnard s’est lancé dans le rap plutôt que se destiner à sa prometteuse carrière de footballeur américain. Pas simple lorsqu’on est un blanc vivant en Amérique profonde. Découvert au hasard par le célèbre producteur de génie Timbaland, William Mathis de son vrai nom est mis en deux temps trois mouvements sous les feux de la rampe avec les hits « Ugly » et « Lovely », extraits de ‘Dark Days Bright Nights’. Son superbe deuxième solo ‘Deliverance’, toujours produit par Timbo et Organized Noise, mélangeait hip hop et country/blues, et a su insuffler pour de bon un vent de fraîcheur dans le Dirty South avec ce qu’il appelle lui-même New South. Les critiques ont été généralement élogieuses le concernant. Hélas, le chapitre n’a pas pu continuer et une page a été tournée. C’est de fil en aiguille que Big Boi des Outkast, qui venait tout juste d’ouvrir son label Purple Ribbon, le signa et pris la casquette de producteur éxécutif pour ‘The Charm’ (qui devait initialement s’appeller ‘Space Mountain’), le troisième album de Bubba. C’est le début d’une nouvelle aventure qui s’annonçait.


Dès les premières rimes et coup de percussions, il est clair que l’ambiance n’a rien à voir avec ses précédents albums. Les Organized Noise, qui s’occupent de la moitié de la réalisation de ce disque, n’ont pas pris trop de risques et se contentent de surfer sur la vague sudiste à la mode, c’est-à-dire un son un peu crunk aux tambourins prononcés : « Claremont Lounge » fait parti de ces chansons dont on pensait qu’il y aurait un soupçon de country dessus mais justement non, ce n’est pas ce qu’on attendait de Bubba Sparxxx. Même Killer Mike fait une contre-performance sur ce morceau. Heureusement, le duo de producteur rattrappent le coup avec des instrumentaux au style qui rappelle vaguement ceux qu’ils faisaient pour les premiers Outkast: « Wonderful », « The Otherside » feat Petey Pablo et Sleepy Brown pour le côté gospel, et « As The Rim Spins » qui évoque « Wheelz of Steelz » sur ‘ATLiens’ des Outkast. Sans trop effacer notre déception. Mr DJ et Big Boi viennent prêter main forte toujours dans une veine Dungeon Family, sur respectivement « That Man » et « Ain’t Life Grand ». Le changement d’écurie a des repercussions sur l’emballage sonore de Bubba, plus dans le moule actuel, et l’influence de Big Boi sur la tournure stylisque est significative. L’ironie dans cette histoire, c’est que ça fait perdre son charme.

Pour le coup du morceau country « Run Away », les choses n’ont pas été faites à moitié : pas de beat hip hop, juste une ballade bluesy produite par Jayson Bridges de Basement Beats et James Hargrove. En ce qui concerne le carton outre-Atlantique de « Ms New Bootie », celui s’explique par la patte caractéristique de Mr Collipark, qui se repompe une nouvelle fois dans un mélange de « Wait » et « Play » de David Banner. Les Ying Yang s’invitent sur ce hit (dont la vidéo est disponible sur le CD si vous l’écoutez sur l’ordi), avec un couplet chuchoté de D-Roc, on s’en serait douté. Pas facile de cacher la nostalgie des deux premiers albums de Bubba Sparxxx et des productions de Timbaland. Et il faut attendre la fin de ‘The Charm’ en plage 11 pour retrouver un de ses instrumentaux inspirés: « Hey A Lil Gratitude ».

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