T.I. « Urban Legend » @@@@½


Le beef entre T.I. et Ludacris fut un des grands épisodes rap sudiste de l’été 2004. On garde tous en mémoire « Stomp » sur l’album de Young Buck (Straight Outta Ca$hville) où les deux protagonistes se sont affrontés verbalement sur les différentes version de ce morceau véner’, et c’est finalement Luda a eu le dernier mot sur l’auto-proclamé King Of South avec « Stay off the TIP of my dick ».

Non content de ce coup de revers, le jeune T.I. (24 ans à l’époque) a mis les bouchées doubles avec Urban Legend son troisième LP, pour se mesurer aux prochaines sorties de Ludacris et Lil Flip, son autre Nemesis sur le terrain Dirty South mainstream. Il faut dire que le rappeur avait la rage puisqu’il venait de vivre peu avant son premier épisode pénitencier. Par conséquent, la liste des producteurs est impressionnante pour l’époque : le roi du crunk Lil Jon, The Neptunes qui l’aident depuis I’m Serious, Jazze Pha, Mannie Fresh et KLC pour la touche Nouvelle-Orléans, Daz Dillinger (« My Life« ), Scott Storch, David Banner, Swizz Beatz… La liste-A comme disent les cairns. Moins d’invités mais non des moindres : Nelly, Lil Kim, Trick Daddy, B.G., Lil Wayne quand il n’était pas devenu l’alien qu’il est aujourd’hui, etc… Certes T.I. a mis un peu de côté la trap music qu’il a initié avec ses deux premiers opus dans le but affirmée de faire un putsch en se donnant les moyens de ses ambitions.

Chronique originale écrite en Novembre 2004.

D’emblée, « Tha King » met les choses au clair et scande un refrain d’anthologie et fédérateur sur un sample des Run DMC. C’était l’avènement de son couronnement. La suite sur « Motivation » (produite par le non-moins légendaire DJ Toomp), sur laquelle il rappe « All your hate is fuelin’ my fire/…/Y’all niggaz won’t stop my show/U know I won’t stop my grow/Suckers MC can’t make me suffer/It makes me strong / Just makes me tough ». Ca ne rigole pas, le provoquer le mettra en position de force. Rien ne peut stopper l’ambition de T.I. et c’est déjà un facteur de progrès. Confirmation sur les morceaux suivants avec « ASAP » et « U Don’t Know Me« . La nervosité du rappeur est communicative, tout comme sa rancoeur qu’il crache au visage de ses détracteurs. Cette première partie d’Urban Legend est ultra-solide, tout bonnement, très convaincante. Et encore, vers le milieu de l’album, on a droit à une bombe signée Mannie Fresh (« The Greatest« ). Seul « Countdown » fait la transition avec Trap Muzik en reprenant la mélodie de son single à succès « Rubberband Man » vers un style plus rock typique du blues du Mississipi (merci David Banner).

L’un des objectifs de ce disque était de toucher un public un plus large, ce qui explique la présence de club bangers efficaces comme « Bring ‘Em Out » signé Swizz Beatz (qui sample une rime de Jay-Z) ou encore « Get Ya Shit Together » feat Lil Kim, produite par son petit copain de l’époque Scott Storch (décidément omniprésent sur les gros coups). Pour ceux qui recherchent des sons plus Dirty South, il faut passer sur « Stand Up » feat Lil Jon, Lil Wayne qui livre un couplet limite urophile et Trick Daddy, la bombe assurée! Ou alors « What They Do » avec B.G.. Plus commercial peut-être, le duo avec Nelly sur « Get Loose« . Effectivement encore, c’est du lourd. T.I. nous prouve d’autant plus sa versatilité en adaptant un flow nonchalamment sur des morceaux mid-tempos suaves (« Freak Though » feat Pharell Williams), voire groove glamour sur des basses funkys style ambiance de soirée sur « Limelite » avec son crew P$C. Et ça a fonctionné : certification platine par la RIAA.

Le résultat final est sans appel : Urban Legend peut se classer facilement dans les meilleurs sorties Dirty South de l’année 2004. T.I. a prouvé de quel bois il peut se chauffer, et sans vouloir le vanter, il avait honnêtement mis la barre assez haut.

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