Murs « A Strange Journey Into The Unimaginable » (produced by Seven) @@@@½


Have A Nice Life (2015), le premier album de Murs paru sur la structure Strange Music, le label de la tornade Tech N9ne, c’était pas trop la joie. Alors le rappeur californien a endossé le costume justement nommé de Captain California, sur lequel il évoquait la dépression entre autres histoires pas fun du tout. Ce nouvel album solo ne sera pas des plus amusants non plus, il enfonce le clou avec A Strange Journey Into The Unimaginable, en étant le plus personnel de sa vie, et certainement son meilleur depuis… ses aventures avec 9th Wonder.

Ce n’est pas une vraie statistique mais les albums de Murs sortent très souvent du lot dès lors qu’il est accompagné d’un seul producteur, ce qu’on a vu avec 9th Wonder, Ski Beatz, les projets FELT avec Slug… C’est le cas ici puisque ce Nième album est entièrement réalisé par Seven (à gauche sur la pochette), le producteur maison de Strange Music, et dont on est à chaque éberlué par son travail, son originalité, son professionnalisme et sa versatilité sur les albums de Tech N9ne depuis une dizaine d’années. Et ce qu’il nous offre avec Murs est encore différent de ce qu’il conçoit d’ordinaire pour son patron. Une perle rare ce type. Quant à Murs, il est dans un état d’esprit plus ‘grown man shit’, comme Phonte, Nas ou Jay-Z. Logique vu son âge. Lui qui d’habitude raconte des histoires tournant autour de femmes nous retourne les tripes dès le premier couplet de « The Unimaginable« :

« Then when I cry in public I could finally do so without having someone tell me I should feel embarrassed
‘Cause I’m not and I cried a whole lot
When I filed a divorce and when the homie got shot
And not one time did I laugh at Tyrese’s tears
‘Cause when I was separated from my son I cried every day for almost a year
And at near the end of that year span I was filled with joy
‘Cause my new fiance and I were expecting a baby boy
But after 40 weeks he was born without a heartbeat
Still we chose to march forward instead of retreat »

C’est totalement déchirant, profondément touchant de le voir se confesser sur des circonstances aussi dramatiques, de ne pas cacher qu’il a pleuré toutes les larmes de son corps, et au final inspirant car il est là pour nous le raconter. « I put a foot in front to the next » dit-il sur le refrain. Ça force le respect. Sa dépression, Murray s’en est heureusement sorti, c’est ce qu’il explique sur le morceau suivant « Melancoly« , un titre avec de la guitare sèche comme le précédent mais plus enjoué sans être gai pour autant, la tristesse est un énorme boulet à tirer. Plus adulte et plus responsable, grandi, par des expériences douloureuses. On peut facilement s’identifier à Murs sur « Same Way » (feat Tech N9ne) également lorsqu’il partage les mêmes sentiments que les amis et la famille de sa copine, et une fois de plus c’est pas sympathique, quoique comique dans le fond (bien illustré par un clip façon Meet the Parents). Murs ne parle plus de femmes d’une manière générale, mais de son ex et son actuelle fiancée, dont il narre sa rencontre et son engagement vis-à-vis d’elle sur « Vows« .

Qui a dit qu’ils oublieraient quelques petits bangers ou titres un peu foufous pour redonner le sourire? On a droit à un bel enchaînement de trois tracks à commencer par « G Lollipops« , avec Fashawn et Prof (une recrue du label Rhymesayers très en vue en ce moment) qui dispose d’un flow mumble rap particulier, ensuite « Superhero Pool Party » où l’on se croirait en plein Comic Con et l’alcoolisé « Whisky & Patron » (feat XV) dans une veine cloud rap qui passe bien en soirée lounge. Pas moyen de s’ennuyer avec notre storyteller hors-pair, en particulier avec « A Lean Story« , quand notre rappeur aux dreadlocks raconte mésaventure codéinée qu’il a eu à Dallas en 2000 quand Pimp C était encore libre et DJ Screw toujours en vie semble-t-il. Murs pense très fort aussi aux rues de LA. dans lesquelles il a grandi et où les choses se passent avec « Midtown » et « Powerful » (très joli sample de flûte soit dit en passant). Et que dire de l’incroyable « Lo-Fi Nights« , cette ambiance ! Second titre cette année à vraiment provoquer une telle impression avec « Rain Drops » de Evidence. Pour clore le tout, un égotrip, « God is the Greatest« , fessée déculottée qui rappelle que l’ex-Living Legends est un brillant MC.

Personnellement, je n’aurai pas cru une seconde avant d’écouter A Strange Journey Into The Unimaginable qu’il s’agirait d’un des meilleurs disques de la carrière de Murs, son plus personnel pour le moins. Je ne fais que répéter le paragraphe d’intro mais je vois pas quoi mettre d’autre. Une seule écoute m’en a pleinement convaincu, rien qu’une seule. Les suivantes c’était pour le plaisir et jusqu’à maintenant rien ne me permet de m’en lasser. Bravo aussi à Seven, pour remarquable travail.

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