Iman Omari « IHY » @@@@


« Artiste indépendant », et méconnu cela peut aller de pair, est devenu au fil des année synonyme de « musicien ou interprète possédant une liberté artistique telle qu’elle n’épouse pas les formats standards », normes qui ne réclament que très peu de talent, de personnalité et de créativité. Quitte à devenir non-étiquetable au point de qualifier soi-même son style de musique. C’est le cas d’Iman Omari qui appelle la sienne simplement « vibe music ». Démonstration avec son dernier projet IHY.

« Atypique », « avoir son univers à soi », n’est pas forcément un synonyme d’indescriptible. IHY est un trip cosmique, nocturne et intimiste mettant en perpendiculairement une nusoul raffinée mise en forme et en valeur par des instrumentations live (avec ces Rhodes charmeurs et cette chaleur cuivrée) et une musicalité hip-hop altérée par des samples glitchés ou des transformations de voix. Mentalement, c’est comme se replier sur soi, hors du temps qui passe, la tête bercée dans les étoiles en étant allongé sur un tapis d’herbe une nuit d’été. Comme Iman le chante d’une voix psyché-funky sur « So Real » (feat Quelle Chris), « you give it so good like I know you would/you get me so high like close to the heaven it’s almost like I die ». Un doux orgasme, comme coucher avec un.e partenaire sexuel.le au milieu de la nuit juste pour se faire du bien, physiquement et spirituellement. Et oui, la musique peut dans certaines situations être une expérience aussi bonne que le sexe. C’est ce que suggère justement « So Real« , « Kama Sutra » ainsi que le lowtempo funktastique « Ihy« , point d’orgue de cet album du même nom.

Il faudrait sinon inventer des éléments comparateurs pour essayer d’expliquer les vibes pénétrantes et relaxantes qui nous font accéder à l’immatériel, qui mettent en parallèle légèreté et profondeur. Du Sa-Ra Creative Partner en mode lounge music, du Matt Martians version cocooning,… ? On pourrait regarder du côté des personnalités qui ont sollicité ses services, disons, Kendrick Lamar et Ty Dolla $ign. Travailler à l’ombre de ces stars est un autre marqueur de qualité mais qui ne corrompt en rien la singularité de sa musique soul. Iman Omari pose subtilement le gros orteil en terre inconnue, quitte à créer des beats inhabituels comme pour « All for You« . IHY maintient notre esprit dans cet état de décontraction jusqu’au bout de l’expérience, en passant par les sept minutes de « Heaven » (en compagnie de Jean Grae, Muhsinah et Javonte) jusqu’à l’atterrissage avec le final  jazz fusion « Totality« .

Écouter, ne plus réfléchir et se laisser partir, se sentir comme libéré, et recommencer autant de fois qu’on le souhaite. Quand la musique nous fait cet effet-là, sans aucune autre substance, il ne faut pas se priver de ces bienfaits.

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