David Banner « The God Box » @@@@


Le monstrueux David Banner vient de sortir son premier album studio depuis… 9ans. Ce qui ne veut pas dire qu’entre deux il a chômé puisqu’il a sorti un LP commun avec 9th Wonder (Death of a Pop Star) et la mixtape Sex Drugs & Video Games. Il n’empêche que l’attente fut longue pour The God Box! Sa barbichette a eu le temps de blanchir, et ma tête de se dégarnir.

Premier album depuis un bail, mais aussi premier album en indépendant, et même auto-produit. The Greatest Story Ever Told (2008) fut alors son dernier album sous contrat chez Universal. Un nouveau défi pour notre rappeur/producteur emblématique du Mississippi aujourd’hui âgé de 43, mais un défi pas plus grand que lui comme on va pouvoir l’entendre. Direction le midi avec « Magnolia« , en compagnie du crooner r&b Raheem DeVaughn et Cee-Lo Green (qui chante le refrain et livre un couplet de feu). Quand David et ses compagnons transforment le sud sale en beau, ça donne ça. Sans temps mort, il balance « My Uzi » avec son ancien élève Big K.R.I.T.. Clin d’oeil aux UGK qui sont samplés pour ce gros beat, dire que c’est une tuerie tient du pléonasme vu le titre. Et ce final ohlala, grandiose. Piste 3, le gros single crossover ckeuro bien lourd « Who Want It« , la connexion avec Black Thought fonctionne à merveille. C’est pas fini l’entame, avec « Elvis« , un banger « à la Milli » de Lil Wayne » (formule sample de voix entêtant + beat bouncy et bassy à souhait), sur lequel David Banner épingle les artistes blancs du style Robin Thicke, Justin Timberlake, le sujet chaud de l’appropriation culturelle.

Puisque David Banner est toujours dans le coup, il reprend à sa sauce les instrus traps sur « Amy » (feat Trinidad James qui n’est pas retombé dans l’anonymat) et la bombe « Black Fist« . Pour revenir dans un style plus rock, comptez sur « Judy Blare » et plus encore sur « Traffic On Mars » (feat Kap G & WatchTheDuck) avec son blues extra-terrestre. Pour la note d’originalité, il suffit de se laisser séduire par « Marry Me » (oui vous avez bien lu), un brin r&b comme on pouvait s’y attendre avec la présence de Rudy Currence. La conscience politique de David Banner s’inscrit en filigrane le long de l’album et plus concrètement sur des morceaux comme « AK » (avec Raheem DeVaughn de nouveau et Big Rube, le monsieur monologue de la Dungeon Family). L’artiste demeure très impliqué pour la communauté unauafro-américaine, le meurtre de Trayvon Martin reste dans les esprits. Le très triste « Burning Thumbs » livre un message d’ espoir, celui d’un rêve qui semble encore loin et difficile à atteindre sur la considération des Noirs aux US.

De voir David Banner revenir sans avoir perdu son niveau permet de réaliser à quel point il est important pour le rap sudiste mais pas que, c’est une véritable figure de la culture hip-hop. C’est quelqu’un qui s’est construit tout seul au fil de ses albums, qui a imposé son style cru et rentre-dedans, une forme de musicalité très blues et rock dans le Dirty South, et qui avec le temps a fini par s’assagir naturellement sans perdre une once de créativité ou d’énergie, preuve en est avec cet opus. C’est dire s’il a manqué dans le paysage. La conclusion après plusieurs écoutes de ce nouvel album pose cette question : et si The God Box était le meilleur épisode de sa discographie?

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