Young Buck « Straight Outta Ca$hville » @@@@


Originaire de Nashville, Tennessee (ça sonne comme la chanson de Dorothée), Young Buck commence à faire ses classes vers 2001 en signant chez UTP, label de la vedette des Hot Boyz et Cash Money Juvenile. Sort alors très discrètement son premier album solo  ‘Born To Be A Thug’ en 2002. Après un test grandeur nature aux côtés de la superstar montante 50 Cent sur ‘Get Rich or Die Tryin’, il intègre le G-Unit cette même année en « remplacement » (entre guillemets) de Tony Yayo (indisposé puisqu’il purgeait une peine de prison).

À côté de 50 Cent et Lloyd Banks sur ‘Beg For Mercy‘, on ne donnait pas cher de sa peau n’étant pas un membre original du groupe new-yorkais, où Buck faisait office de caution South. Il s’en sortait tout de même avec un morceau solo (« Footprints« ). Son tour de briller allait venir avec son nouvel effort solo ‘Straight Outta Ca$hville‘, sorti presque simultanément à ‘Hunger For More‘ de Banks. Mieux, le « quatrième G Unit » allait créer la surprise.

Nous avons eu droit au premier single « Let Me In« , sorte de « In Da Club » bis version plus rentre-dedans et moins dansante, histoire de mettre dans le bain pas mal d’auditeurs. 50 Cent et Sha Money XL sont les producteurs exécutifs de l’album, c’est naturellement qu’on entendra 50 faire quelques refrains maisons comme sur « I’m A Soldier » et « Bonafied Hustler« , où Tony Yayo offre un des meilleurs couplets de l’album. Ces deux morceaux sonnent particulièrement ‘G-Unit’, gangsta (obligé) et Young Buck se démarque plutôt avec son flow plus communicatif. Lloyd Banks assure ce qu’il faut sur le superbe « Prices On My Head« , décrivant les machinations du rap game dont les deux rappeurs sont plus ou moins victimes.

Un autre point fort de l’album : l’absence de très gros producteurs mainstreams. On compte une production de Denaun Porter des D-12 (« Look At Me Now« ), lui aussi faisant ses refrains chantés nous laissant un peu perplexe, et quelques autres de DJ Paul & Juicy J des Three 6 Mafia, histoire de rester entre habitants du Tennessee. Fatalement, le roi du Crunk Lil Jon se devait de faire un morceau sur ‘Straight Outta Cashville’, et signait avec sa patte caractéristique (encore…) un tube imparable : « Shorty Wanna Ride« . Ce single s’intègre parfaitement à l’album.Ne cherchez pas du texte ultra réfléchi, mais plutôt dans la norme habituelle. Dans le genre ‘déjà entendus’ (pour certains), « Bang Bang » sample un peu grossièrement Nancy Sinitra (que tout le monde a découvert sur la BO de Kill Bill vol 1), même si toutefois Young Buck s’en sort en mêlant un fatalisme propre au thug et ses malaises vis à vis de Lui là-haut (notez la majuscule). On pourrait lui trouver un peu de Tupac chez ce mec. Son pote de quartier D-Tay le rejoint sur « Taking Hits » pour jouer à ‘attrape-moi si tu peux’, et Stat Quo, alors fraîchement signé chez Shady/Aftermath arrive sur « Walk With Me« . Un point important à savoir, c’est que Buck assure aussi ses propres refrains, et même très bien, comme tous les autres membres du G Unit d’ailleurs : faciles à retenir et efficaces.

Après, on passe aux choses sérieuses avec deux grosses bombes, terme à prendre avec une ambiguïté de circonstance. Je parle des uptempos sudistes, apparemment classiques, « Welcome To Tha South » et « Stomp« . Sur la première, on trouve David Banner et Lil Flip… qui défend honneur vaille que vaille et envoie implicitement des piques envers T.I. (avec qui il avait un lourd contentieux cette année 2004), T.I. qui se trouvait sur la seconde track citée « Stomp » ! Et ce n’est pas fini, puisque T.I. et Ludacris, aussi en plein beef pour le titre du King of the South, se renvoient la balle méchamment sur « Stomp« *. D’ailleurs Luda a le dernier mot : « Stay off the T I P of my dick ». C’est chaud… La situation était tellement bouillante que ce morceau a vu T.I. remplacé par la dernière recrue du G Unit, The Game, dans les versions CDs commercialisées. En ce qui concerne les autres morceaux solos (« Black Gloves« , « Do It Like Me« ), le niveau d’intérêt baisse un peu, pas que Buck doit être assisté, mais qu’il a quelques faiblesses niveau lyrical, qu’il compense par de bonnes perfs et une énergie qui vient des tripes. On aurait bien vu d’autres featuringsaussi, comme 8Ball & MJG par exemple, ou mieux encore, son ancien mentor Juvenile.

En tout cas, Straight Outta Cashville est un bon album, logiquement typé sudiste voire bluesy (sans barboter dans le jus de crunk furieusement en vogue) par rapport à ses confrères, mais homogène et ce en conservant le style G Unit, un très bon point. L’autre bonne chose, c’est le côté plus ‘street’ du rappeur par rapport à ses acolytes : peu d’incartades r&b, des morceaux moins clinquant et des bonnes rimes crachées à travers ses dents platines (comme l’est devenu peu après son disque). Le G Unit a honnêtement assuré sur ce coup-là et arrive là où personne ne l’attendait : dans les valeurs sûres du Dirty South. Moins lyrical et plus énervé que Lloyd Banks, moins glamour et plus thug que 50 Cent, à vous de faire votre tiercé dans l’ordre.

La version deluxe contient une connexion intéressante entre le DPG et le G Unit pour donner le « DPG-Unit« , avec Snoop Dogg, Daz Dillinger et Soopafly. Il s’agissait du seul vestige de l’ébauche d’un album commun qui n’est jamais vu le jour.

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