JMSN « Velvet » @@@@@


Artiste polyvalent injustement confidentiel, voilà la courte bio que l’on pourrait écrire sur lui. Mais chacun de ses extraordinaires albums, que dis-je, chefs d’oeuvre, a fait que cette caractéristique qu’est sa rareté soit devenue synonyme d’exceptionnel, comme une Rolls Royce. Je parle de Christian Berishaj, connu sous le nom de scène JMSN, un chic type qui mérite d’être plus connu du grand public, quitte à me répéter. Mais le public mérite-t-il un tel personnage? À vous de voir. Place aujourd’hui à Velvet, ce sixième album à travers lequel JMSN continue de surprendre par sa maîtrise et son eclectisme tout en flirtant avec l’excellence.

Lorsque j’ai découvert sur le tard avec son blue album (indispensable), je voyais JMSN comme un Justin Timberlake couteau-suisse version indé. Peut-être que je me trompais, car en écoutant (en boucle cela va de soi) ce Velvet, les influences de Prince deviennent évidentes et pas que musicalement. Multi-instrumentiste, mordu studio (il mixe et joue les ingés son), autodidacte quasi ubiquiste, bref, homme à tout faire, la comparaison avec le regretté Roger Nelson est limpide avec tous ces points communs. Il tient, comme Prince, à garder le contrôle total sur sa créativité, la fertilité en moins.

La pochette, avec la titre en écriture calligraphié, met la puce à l’oreille, et les deux, oreilles, nous le confirment, sur la direction très eighties à mort de Velvet. D’accord, c’est dans l’air du temps de revenir trente ans en arrière et remettre au goût du jour la funk, et c’est avec un immense plaisir d’écouter JMSN baigner dedans, avec mousse et bougies, sur « Levy » et les lascifs « Pose » et « Got 2 B Erotic« . Plus redoutable et infectieux, le titre « Inferno » avec sa touche très disco-pop dont l’aspect daté apporte un charme fou. Le chanteur- musicien a le mojo, celui d’un Barry White (paix à son âme également), les singles « Talk is Cheap » et « So Badly » en contient la dose maximale.

Naturellement, les touches électro finissent par prendre la main, déjà sur « Inferno« , mais elles se révèlent pleinement sur « Drama« . Kavinsky n’a qu’à bien se tenir tellement le résultat est bluffant, sans parler de « Mind Playin’ Tricks On Me » qui brille comme des néons une nuit brumeuse. L’écriture est aussi un point fort de JMSN, ce que rappelle cette chanson. Pour montrer qu’il maîtrise son art, il module sa voix petit à petit jusqu’à la féminiser, graduellement, d’abord sur « Inferno« , « Mind Playin Tricks On Me » et la savoureuse ballade soul/r&b à l’ancienne « Sunshine » où je me posais la question de savoir qui était la chanteuse. C’est encore un point commun avec Prince, les changements de voix. Encore un dernier point, commun, au cas où vraiment on l’aurait toujours pas remarqué, les caisses du slow doucement sexy « Explicit » qui étaient la marque de fabrique du Nain Pourpre au début des années 80 avec 1999 et Purple Rain.

La ballade finale « Wet« , parce que Velvet transpire la passion, donne le coup de grâce avec un côté désuet qui évoque les Bee Gees à leur apogée, histoire de jouer la carte de la nostalgie jusqu’au bout. Et le pire, c’est que ça marche très aisément car le coeur y est, le sien comme le nôtre. Une nouvelle fois, JMSN caresse la perfection jusqu’à l’entrejambe.

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