Fat Joe & Remy Ma « Plata o Plomo » @@@½


Que Fat Joe ait sorti un album physique, ça fait un bon bout de temps déjà, on parle d’années. Quand je dis physique, c’est pas au sens ‘costaud’, mais en format non-digital. Remy Ma c’est pire : onze ans depuis son solo Based on a True Story. Faut dire qu’elle a purgé une petite peine de prison, six ans, pour tentative de meurtre. Mais la période est propice aux retours, et il n’y pas que son mari Papoose qui trépidait d’impatience.

Fat Joe & Remy Ma, l’affiche a de la gueule non? Ne parlez pas tout de suite de ‘collab LP’ parce qu’il y a un esperluette entre les deux noms, on ne peut parler d’album collaboratif dans leur cas puisqu’il font partie de la même équipe du Terror Squad, un peu comme Showbiz & A.G. des D.I.T.C ou Timbaland & Magoo quoi. Et donc, vu sous un autre angle, on a un rappeur mainstream en bout de course, et une rappeuse bitchy d’ancienne génération qui essaie de se refaire. Pourtant, leur single « All The Way Up » (avec French Montana) a très bien marché, surtout si on compte tous ces remixes qui ont fleuri partout. Plus r&b, « Money Showers » avec Ty Dolla $ign un peu moins mais les choses étaient pas mal parties pour Plata o Plomo.

‘Plata o plomo’, une expression familière pour ceux qui ont visionné les séries Breaking Bad ou Narcos, et qui signifie « la bourse ou la vie », quelque chose dans le genre. Bref, c’est une anecdote. L’album n’a pas connu le démarrage escompté dans les charts (placé en 44e position) mais son contenu n’a rien de surprenant puisque c’était celui qu’on avait prévu, c’est-à-dire une somme de sons streets et cross-over à la mode du moment, produits (ou co-produits) par les Cool & Dre principalement, Streetrunner et Edsclusive. On reconnaît bien cette propension de Fat Joe à vouloir mettre un pied dans la rue et l’autre dans le mainstream depuis Jalous Ones Still Envy, ce qui lui a été bien souvent reproché sur chacun de ses disques depuis lors mais ici, force est reconnaître qu’il est parfaitement à jour.

La première moitié de Plata o Plomo démarre par des prods bien lourdes, « Warning » et « Swear To God« , et Fat Joe étonne par sa forme. Puis Remy Ma prend le micro et on n’entend plus qu’elle. Entre les deux, c’est Joe qui porte la culotte. « Prison made me more agressive » comme le dit Remy Ma. Il va même jusqu’à pousser la chansonnette sur « Heartbreak« , un potentiel single si on se fie aux claviers qu’on entend un eu partout sur les tubes radio du moment et l’apparition de The-Dream. La seconde moitié de l’album concentre tous les cross-overs r&b et il y a en pour tous les goûts, du full option « Go Crazy » qui sample Floetry (pour le côté langoureux ) et invite un duo masculin/féminin en featuring (Sevyn Streeter et BJ The Chicago Kid) au single aux saveurs eighties « Money Showers » (modèle qu’on ne trouve pas chez Castorama), puis aussi le luxueux « Dreamin’« . D’autres feats pas ou peu connus étoffent l’ensemble, notamment Kent Jones, un peu l’homme à tout faire.

Entre nous, Plata o Plomo est un tour de force de la part de Fat Joe et Remy Ma qui réussissent à nous convaincre qu’ils sont tous les deux dans le coup, si on fait abstraction des chiffres de ventes maigrichons. La parité est respectée d’une certaine manière, néanmoins Remy a le dernier mot. Décisive, incisive, elle a plus faim que tous les autres, Nicki Minaj pourra en témoigner.

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