ScHoolboy Q « Oxymoron » @@@@ [deluxe edition]


Schoolboy-Q-Oxymoron

« Mon nom vient d’un pimp qui s’appelait Schoolboy. De mon tier-quar. Il est pimp. Plutôt, il l’était. Il venait de mon hood, de Hoover. Mais ce n’est qu’une des raisons de mon nom. Le véritable sens de mon surnom tient de moi pour avoir eu une note de 3.3 (B+, NdT) au lycée. »

– Quincy Matthew Hanley alias ScHoolboy Q – 

Deux ans après Habits & Contradictions, ScHoolboy Q rencontre un nouveau genre de succès avec Oxymoron. Non seulement il suit les traces de son comparse Kendrick Lamar et son disque de platine Good Kid, m.A.A.d. City (avec lequel il a failli rafler un Grammy Award), Q a chipé la place de n°1 des ventes d’albums aux Etats-Unis la première semaine de sa commercialisation et en plus de ça, c’est – à l’heure où sont écrites ces lignes – l’album le plus partagé en stream Spotify. Il ne fait plus aucun doute que Top Dawg Entertainment va devenir un très puissant label grâce à son deal de distribution avec Interscope et que la rap Westcoast est définitivement entré dans une nouvelle ère.

Mais revenons à l’essentiel : le contenu d’Oxymoron. ScHoolboy Q a voulu concrètement enregistrer un album solide et cohérent, si possible à l’écart des formats standards, il l’a fait. Le ton est donné dès « Gangsta Gangsta » et ses notes de pianos. Le rappeur de South Central commence par ses gimmicks caractéristiques (ses « yack yack », ses « oot oot ») avant d’enchaîner immédiatement par le refrain simpliste où l’intonation de sa voix donne l’effet de style. On pourrait dire que son flow est multimodal pour décrire ces changements d’accent d’un couplet à un autre. Pour appuyer cette atmosphère ardente et sombre, le storytelling « Hoover Street » et « Break the Bank » (produit par Alchemist) viennent faire fondre le bitume à coup de beats bien lourds.

Dans cette veine gangsta shit, l’enchaînement « Gangsta Gangsta » avec le banger « Los Awesome » (et l’irruption très féroce de Jay Rock) produite par Pharrell, suivi du single estival « Collard Greens » puis « What They Want » avec cette grosse prod au notes hypnotiques de Mike Will, est tout bonnement impeccable. Pour sûr, les températures vont grimper en flèche et la bombe « Collard Greens » qui a accompagné l’été 2013 reviendra certainement tourner dans les autoradios cette année. Un couplet latino-américain de Kendrick, le flow de guedin de Q, une basse très dub dans l’esprit conjugué à une petite mélodie entêtante et c’est party. Ajoutez son autre single efficace « Man of the Year » et « Hell of a Night« , un banger qui va vaporiser les piscines avec son beat flirtant avec la dance music.

On aurait bien vu A$AP Rocky sur « What They Want » à la place du transparent 2 Chainz (perso je ne l’ai pas calculé), il manque aussi Ab-Soul pour que les Black Hippy soient réunis. Il devait y avoir également 50 Cent. Peu importe puisqu’à la place on a Kurupt et Suga Free ! Le Dogg Pound Gangsta pose aux côtés de Schoolboy sur un beat original de Tyler the Creator dans le climat tendu de « The Purge » tandis que notre pimp préféré passe sur la seconde partie de « Grooveline« . Raekwon ne passe pas non plus inaperçu sur « Blind Threats« . En dehors des stylistes à la mode comme Pharrell ou Mike Will, Oxymoron est conçu en grande partie par des producteurs de la maison TDE (Tae Beast, Willie B et Sounwave des Digi+Phonics), mais aussi THC, Nez & Rio, Swiff D ou encore DJ Dahi (Dom Kennedy, Drake, Kendrick…). Mais ce sont les Digi+Phonics qui assurent la cohésion artistique de l’album, avec des idées souvent intéressantes comme ce sample de Portishead sur « Prescription/Oxymoron« .

Quelques titres ne trouvent cependant pas aisément leur place sur cet LP. Si « Studio » (feat BJ The Chicago Kid) et ses tendances r&b parvient à s’imprégner de l’ambiance générale, c’est moins le cas du hangover « His and her Fiend » sauf lorsque SZA apparaît comme par magie. « Blind Threats » n’aurait pas dû s’interposer entre « The Purge » et « Hell of a Night« , le son paraît moins moderne entre ces 2 pistes. Le plus important est que cette version deluxe s’achève comme elle a commencé et défoncé avec des titres comme « What They Want » et « Hoover Street« , « Fuck LA » enfonce le clou pour de bon. Gros beat, alliance parfaite de old school et de new school, lyrics hardcore… Mais est-ce que Oxymoron est un disque de gangsta rap? Pas sûr. Ce qui l’est, c’est que pour être paré cet été, il vous faudra cet album et un bob, très important le bob.

Une fois que tout le monde se soit fait son avis sur Oxymoron vient naturellement cette double comparaison, la première étant avec Good Kid, m.A.A.d. City de K.Dot. D’abord, Kendrick est un artiste Aftermath et a bénéficié des conseils techniques de Dr Dre, Schoolboy Q non. Ensuite leurs personnalités, univers et concepts divergent sensiblement, reliés par leurs producteurs communs et leurs liens amicaux. Kendrick est du genre gentil rebelle et intelligent, Q est plutôt voyou accroc aux pilules. La seconde comparaison est celle entre Habits & Contradictions et Oxymoron. Là aussi les avis ne seront probablement pas neutres, c’est comme pour Section.80 et Good Kid, m.A.A.d. City. Ce que je conseille c’est d’écouter cet album dans diverses situations pour apprendre à l’apprécier (voiture, iPod,…).

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