Ice Cube « I Am The West » @@@


Nul besoin de statuer des semaines sur Ice Cube, le rappeur que l’on aimait détester au début des 90s est un monstre sacré. Il a beau être considéré comme un vétéran, sa fin de carrière de rappeur n’est pas prévu dans son calendrier et l’idée de voir la scène californienne sans lui est inconcevable, d’autant plus que jeune génération a du mal à s’imposer. Comme la Eastcoast, la Westcoast a perdu beaucoup de terrain dans l’industrie du disque, c’est pourquoi Cube a décidé de riposter sévèrement avec I Am The West. Hélas la vague sudiste a atteint les côtes californiennes, ralentissant les coulées de laves déversées par le flow du Don Mega…

Quand on entend Ice Cube représenter le territoire de la côte Ouest comme il le fait, avec des titres bien lourds comme « I Rep That West », « Life In California » (avec un instru de Sir Jinx) et « Too Westcoast » featuring Dub-C & Young Maylay, je dis « respect ». Il connaît la recette bien huilée pour faire lever le signe W en l’air avec du gangsta rap solide, sinon laid-back comme c’est le cas de « Nothing like LA ». « Soul On Ice » fait grimper la température, pourtant pas si caniculaire que les prévisions le prétendaient dans les médias. Le point chaud est atteint lorsqu’il lâche l’incendiaire « Drink the Kool-aid », balançant des piques subliminales à Dr Dre qui aurait dû participer sur I Am The West, tout comme pour les deux albums précédents… On ne peut que déplorer ce rendez-vous manqué une fois de plus.

Faute de mieux, Ice Cube se content de poser sur des instrus mauvais et le plus souvent dirty south, tels que « She Could’nt Make It On He Own » produit par Bangladesh (décidément il les cumule), « Urbanian », « It Is What It Is »… Autre signe des temps, Cube a perdu de son tempérament subversif et le goût pour la polémique. Ce n’est plus possible pour lui de scander des lyrics ultra-hardcores comme il le faisait il y a 15-20 ans, cette période là est révolue. Pourtant, quand il évoque des questions sociales, le jeune quadragénaire livre parmi ses meilleurs textes. Sur « No Country For Young Men », le Don Mega pointe du doigt la nouvelle génération qui n’est pas assez capable de prendre la relève, aussi parce qu’on ne leur donne pas les moyens de s’affranchir. « Hood Robbin » est également une de ces critiques du gouvernement qui sent la poudre, accusant les puissants fortunés de dépouiller les pauvres, le scénario inverse de Robin Hood (Robin des Bois), vous avez saisi le jeu de mot ?

Il n’en demeure pas moins que malgré les défauts de I Am The West, Ice Cube est toujours hot, 25 ans que ça dure.

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