Public Enemy « Fear of Black Planet » @@@@@©


De nos envoyés spéciaux de la Planète Noire, Chuck D, Flava Flav, Professor Griff et DJ Terminator X assènent en 1990 un troisième coup dans la nuque des institutions américaines avec ‘Fear Of A Black Planet’. Cette ogive garde la même recette que les opus précédents (surtout ‘It Takes A Nation…’), en se focalisant plus particulièrement sur les thèmes afro-américains en cette période de crise régie par le président républicain George Bush senior qui avait peur d’une sorte de ‘grand remplacement’. L’artillerie lourde est de sortie, tous revendiquant, militant, pour une démocratie pseudo-anarchiste, la reconnaissance et la compréhension d’une sous-population urbaine trop écartée de l’intelligentsia new-yorkaise.

« Power To The People » ! L’heure de la révolution a sonné, toujours sur un fond sonore chaotique mené par des productions aux BPM élevés du Bomb Squad, un vrai bordel organisé en somme. Chuck D en tête de cortège et son associé Flava Flav enfoncent le doigt dans les plaies ouvertes du rêve américain avec des morceaux violents tels que « Anti-nigger Machine ». Le titre « Welcome To The Terrordome » n’est pas dans sans rappeler ‘Mad Max et le Dôme du Tonnerre’, comparatif entre un scénario de fin du monde sans foi ni loi et une vie dans le ghetto tout aussi proche. La NYPD en prend aussi pour son grade, avec un brin d’humour noir sur « 911 Is A Joke », arguant l’inefficacité des forces de polices sauf quand il s’agit de faire quelques bavures racistes. Des thèmes toujours d’actualité un quart de siècle après.

Connexion avec la ville de Los Angeles représentée en la personne de l’ennemi public numéro 1 de la côte ouest, j’ai nommé Ice Cube, pour mettre à feu et à sang les quartiers chics de L.A. sur « Burn Hollywood Burn ». Comme quoi les PE ne se limitent pas qu’à la ville de New York pour répandre leur message. Quelquefois, les temps de paroles sont complètement absents au profit de phrases répétées presque de manière subliminale (« Leave This Off Your Fuckin Charts »). Le must reste le final dantesque, l’apothéose apocalyptique, ‘Fear Of A Black Planet’ atteind ton paroxysme avec l’hymne surpuissant « Fight The Power ». Un cri de guerre de toute une génération d’afro-américains révolutionnaires.

Considérons ces morceaux comme un témoignage presque historique du siècle/millénaire dernier, ce qui fait de ‘Fear Of a Black Planet’ un des grands classiques des années 90, un des meilleurs albums Hip Hop de la dernière décennie, l’album le plus représentatif des Public Enemy. La puissance qui s’en dégage reste palpable à tel point que c’est le genre de disque idéal sur un terrain de basket, rampe de skate, faire réveil matin le casque sur les oreilles. La musique des Public Enemy n’est pas seulement le mélange d’un message fort et des sonorités dévastatrices, elle réénergise les esprits et incite au mouvement, au sens propre comme figuré.

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