Blu & Exile « In the Beginning : before the Heavens » @@@@


Parmi les grands albums hip-hop indépendants des années 2000, il y a eu bien évidemment le culte Madvillainy de Madlib et MF Doom, le classique A Piece of Strange des CunninLynguists et ce somptueux joyau Below the Heavens de Blu & Exile. Pour fêter la décennie de ce disque incontournable pour tous les spécialistes d’un certain âge, les deux protagonistes sortent In The Beginning, contenant plus d’une douzaine de titres inédits issue des sessions d’enregistrement de Below the Heavens.

Retour donc dix ans en arrière avec cet album qui à l’époque était une réminiscence du hip-hop artisanal et éclatant à la Rawkus d’il y a dix ans encore auparavant. Exile était déjà un individu relativement connu dans le cercle indé grâce à son projet avec Aloe Blacc alors qu’il n’était qu’un rappeur (Emanon) et son premier album Dirty Science qui illustrait cette patte sonore que l’on retrouve ici sur In The Beginning, jazzy et soulful à souhait, enthousiasmantes, d’humeur printanières on pourrait même dire, bien souvent empreintes de gaieté. C’est un producteur qui aime varier les plaisirs et c’est un autre point illustré le cas présent, entre des beats qui font déboîter la nuque (« Sold the Soul« ), atmosphère smooth (ce sample de Marvin Gaye sur « Life is a Gamble« ) ou qui savent souligner les émotions comme sur « Things We Say » avev Aloe Blacc.

C’est également un certain bonheur non dissimulé que l’on ré-entend le blu de ses jeunes années, alors qu’il n’était qu’un nom qui se répandait par le bouche à oreille, quand il n’était encore que ce jeune MC californien très doué considéré comme un hipster (puisqu’il ne faisait pas de gangsta rap ou du rap left coast, il fallait bien que les journalistes le case quelque part). L’on apprend mieux à le connaître davantage le garçon, non seulement à travers ses lyrics qui peignent sa réalité de l’époque et les difficultés qu’il rencontrait au cours de sa très modeste vie, mais aussi dans cette petite interview placée à la fin de la track « Back to Basics » où il évoque l’influence de son père. Blu était déjà très à l’aise pour ce qui est des refrains chantés, en particulier sur « On The Radio » ou même « You’re Gonna Die Someday » qui donnent le sourire et envie de chanter avec lui.

C’est là qu’on réalise que cela aurait été terriblement dommage de ne pas partager de telles pépite, de rassembler ces quatorze très bonnes tracks « coupées au montage », ce qui indique par ailleurs à quel point les exigences étaient pointues pour l’album qui en a résulté en 2007. Le petit miracle de In The Beginning est surtout pour Blu et Exile d’avoir réussi à en faire un vrai album possédant de cette poudre magique, que l’on peut considérer comme le préquel d’un classique.

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