Little Simz « Stillness in Wonderland » @@@@½


Véritable révélation avec A Curious Tales of Trials + Persons sorti en 2015, la rappeuse britannique Little Simz, 22 ans, poursuit sa maturation avec Stillness in Wonderland. Comme Kate Tempest et d’autres consoeurs, Simbi Ajikawo, de son vrai, nom doit trouver ses espaces dans un genre musical majoritairement masculin, statistiquement et culturellement, c’est pourquoi elle ouvre davantage son bel univers pour exprimer son concentré de talent.

« LMPD » (pour « Let My People Down« ) démarre l’album sur ces paroles en guise de refrain « mentally enslaved, mentally deranged/ mental doesn’t change, rental isn’t paid » sur un downtempo accompagné d’une nappe de synthétiseur discontinue, avec l’assistance du chanteur Chronixx. Un indicateur sur la dominante psychologique de cet album, un album structuré avec des couches de longs et succulents interludes et morceaux jumelés, indiqués par les « + » dans les intitulés des pistes.

Pourquoi craquer pour cet album, pour Little Simz? Pour son flow impressionnant, avec un diction qui rappelle les rappeurs grime, pour la qualité de ses rimes et sa façon d’amener les thèmes, pour ses passages en spoken-word, pour sa jolie voix. Les productions sont variées, mélodiques avec d’excellentes vibes (« One in Rotation + Wide Awake » feat SiR, le bouncy « Bad to the Bone » avec la nouvelle sensation Bibi Bourelly), avec une pointe de rap inspirée de tendances du sud des States sur quelques titres (« Doorways + Trust Issues« , « Zone 3« , « Low Tides » avec ses cowbells) qui vaut une comparaison avec The Sun’s Tirade d’Isaiah Rashad. Little Simz est capable de déployer son meilleur débit sur des instrus type jazz vintage sur une rythmique à moitié trap comme sur « Picture Perfect » ou bien sur le feel-good music « Shotgun » avec qui d’autre de mieux que Syd The Kid de The Internet pour rendre la chanson plus agréable encore. Outre les quelques invités cités dont le nom rayonne fort comme de petites étoiles, la rappeuse s’est entourée de ses potes Tilla, Chip, Getths… sur le laid-back « Zone 3 » et « King of Hearts« .

Stillness in Wonderland s’achève par un downtempo nocturne, celui de « No More Wonderland« , laissant tomber le micro par un « I’m out » qui coupe la chanson nette. Sur ce, vous avez en face de vous le meilleur album UK Hip Hop de 2016 simplement. D’espoir confirmé, Little Simz a débloqué le trophée « nouvelle valeur sûre » sur la scène anglaise et même européenne.

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