IAM (éponyme) @@@@


Quand Arts Martiens s’est achevé avec l’assaut final « Dernier coup d’éclat« , on avait l’étrange sentiment que la carrière du groupe IAM arrivait à son crépuscule, bien qu’ils aient passé le cap fatidique de la quarantaine avec force et honneur. Rien ne laissait présager que les derniers rayons de soleil marseillais viendraient s’éteindre si tôt, mais ce sont des rayons qui brillent de tout leur feu.

La nouvelle a d’abord surpris. Deux jours après leur concert à Urban Peace le 28 Octobre, un email s’affiche : « nouvel album d’IAM, le 18 Novembre 2013″. Soit quelques mois seulement après le disque d’or Arts Martiens paru chez Def Jam France aussi. Et cet album sera le dernier, il n’y en aura plus d’autre après. Nous y voilà, à cet instant crucial : aborder cet ultime album éponyme.

C’est DJ Daz qui a la tâche de se charger de l’introduction tout en technique, en évitant subtilement de refaire l’historique du groupe en avance-rapide. Dès les premiers vers d’Akhenaton sur « Poudre de briques rouges« , il est évident que le hip-hop leur fait toujours battre leur coeur, d’où leur longévité. Comme sur le précédent opus, la qualité des instrumentaux (souvent signés Imhotep et AKH) est optimale et fidèle à leur style depuis toujours. Tout comme les thèmes, avec des chroniques sociales d’une lucidité et d’une pertinence à toute épreuve (« Que fait la police?« , « Géométrie de l’ennui » et « A nos boots » qui pourrait être la suite de « Nés sous la même étoile« ), en phase avec l’actualité comme sur « Peines Profondes« , Shurik’N parlant d’un garçon persécuté par ses camarades et insulté sur Facebook et AKH celui d’une fille souffrant d’un cruel manque d’affection, le point commun étant la détresse silencieuse et l’issue dramatique. Leur talent d’écriture n’a cessé de s’aiguiser durant toutes ces années au point que leurs textes de « Artificielle » personnifiant le rapport à l’alcool semble facile, quand on sait qu’à une époque on critiquait leurs lyrics parfois trop alambiqués.

 

IAM continue aussi de défendre ardemment les préjugés qui entourent leur image et la culture Hip Hop en France de manière générale avec « Ouais c’est ça » au manichéisme un peu exagéré et plus sérieusement sur « CQFD » (avec la punchline d’Akhenaton « Ta vie s’est maquillée comme Rama Yade »). Les b-boys se péteront aussi la nuque sur « C.A.S.H. » et « Fuck le refrain« .

Il est vrai que les titres de cet album semblent être ceux n’ayant pas été retenus pour confectionner Arts Martiens, mais judicieusement sélectionnés et agencés afin de créer un autre nouvel album tout à fait cohérent, certes avec pas mal de similitudes (sonorités, sujets…).

C’est triste tout de même de réaliser qu’un des deux groupes phare du rap en France (je vous laisse deviner l’autre groupe), un de ceux par qui tout a commencé à la fin des années 80 et dont on a vécu les aventures durant plus de vingt ans, finisse par partir à la retraite. D’autant plus triste qu’il est difficile de constater que le groupe se retrouve sans dignes héritiers sur la scène marseillaise. Espérons que le magnifique « Renaissance » viendra faire renaître la passion pour le hip-hop à la nouvelle génération. Les paroles des deux rappeurs sont les plus touchantes qu’ils aient pu écrire pour évoquer leur amour pour le rap et ce qu’ils ont vécu avec, l’émotion étant plus forte qu’il s’agit de leur dernière chanson.

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