Masta Ace « MA_DOOM : Son of Yvonne » @@@@


Masta Ace avait annoncé à la sortie de Long Hot Summer été 2004 qu’il s’agissait de son dernier album. Peut-être aurait-il du préciser « solo », Ace n’a jamais raccroché le micro. Bien au contraire, il a par après régulièrement fait acte de présence chez les disquaires avec son groupe eMC (The Show) en 2008, avec Edo G en 2009… sans parler de ses tournées. Maintenant il est co-signataire d’une association avec le rappeur au visage de métal Doom. La coutume veut qu’à chaque fois qu’un artiste collabore avec MF Doom, il fusionne son blase avec le sien, ce qui donne MA_DOOM sur ce projet.

Le sous-titre de cet album, Son of Yvonne, désigne Masta Ace, le fils de sa mère (qui se prénomme Yvonne hein). L’idée, c’est que plutôt que d’écrire un livre sur sa vie, ce qui pourrait paraître élitiste, Masta Ace a romancé son histoire sous la forme d’un album rap autobiographique principalement axée sur son enfance et son adolescence. On imagine le jeune gamin de Brooklyn Duval Clear écouter les vinyles de soul music de sa maman (« Nineteen Seventy Something« ) avant de tomber fou amoureux de hip-hop grâce au groupe Whodini au début des années 80. Des titres comme « Fresh Fest » et les petits dialogues placés entre les morceaux décrivent le déclic et le processus qui ont fait que le fils d’Yvonne est devenu l’excellent Masta Ace, rappeur international (« Home Sweet Home« ), sans faire de triomphalisme (« I Did It« ). On apprécie également la venue du vétéran Big Daddy Kane sur « Think I Am« . Deux membres du légendaire JUICE Crew sur une prod de MF Doom, c’est un petit bout d’histoire qui s’écrit.

Venons-en maintenant à l’instant critique: les beats de Doom. Rien à redire dessus, l’ambiance soul jazz de certains instrus sont relativement savoureux, mais le souci récurrent avec MF Doom, c’est le recyclage… D’où cette impression de déjà-vu, dans un volet de Special Herbs ou encore sur Who Is John Robinson. Doom demeure encore et toujours un personnage insaisissable. C’est à s’interroger sur sa réelle implication dans ce projet, hormis son couplet sur « Think I Am » aux côtés des deux géants du crew juteux. Heureusement, le talent de Ace, remarquable (la norme chez lui), rend Son of Yvonne passionnant à écouter. Cet album est aussi très bien ficelé, on a même droit à un bêtisier (« Outtakes« ) sur la dernière piste  ! Vu son statut de pionnier et son âge (plus de la quarantaine), ce retour aux sources tombe à point nommé.

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