DJ Drama « Gangsta Grillz : The Album » @@@1/2


Une compilation officielle de mixtape DJs contenant une foule de rappeurs n’est pas une invention tombée de la dernière pluie. Nombreux sont les DJs qui depuis dix ans maintenant sortent un album en signe de réussite sur ce marché parallèle qu’est le circuit des mixtapes. DJ Clue? est un peu le précurseur de ce genre de compil’, premier DJ à être passé au format CD, ringardisant la vieille K7, et préférant parler fort dans les tours de passe-passe pour éviter de scratcher. En gros, avec sa série The Professionnal, le DJ officiel du Roc A Fella a ouvert un boulevard dans lequel ont foncé quantité de DJs peu habiles sur le plan technique. Des célèbres l’ont copié, comme Funkmaster Flex, DJ Kayslay,… jusqu’à DJ Khaled. Le facteur qui détermine le taux de succès de ce genre d’album est la hype du DJ, sa notoriété dans le hood et le nombre de rappeurs ou producteurs enregistrés sur son téléphone portable. Tant pis pour les phases de scratches parfois spectaculaires et les mixes inédits, l’heure est à la nouveauté, celui qui comptera le plus de bangers sur son disque.

Avec sa série de Gangsta Grillz, DJ Drama est devenu au fil du temps le DJ le plus en vue du Dirty South. Ses mixtapes sont pour la plupart de bonne qualité et les artistes mainstreams se l’arrachent. T.I. parvient à le faire signer sur son label Grand Hustle, et quelques semaines et coups de cellphone plus tard, son album débarque dans les bacs avec un coup de pub inattendu. Les jours précédant sa sortie, Drama est victime d’une arrestation musclée spectaculaire digne d’une intervention du GIGN, pour… violation de droits d’auteur. Cette persécution est-elle un avertissement de la RIAA ? 

 

La galerie d’artistes est impressionnante, qu’ils soient des gros vendeurs ou des rookies sur le radar. Il suffit de visionner le clip de « 5000 Ones » pour reconnaître les têtes qui défilent sur ce hit produit par Jazze Pha. Le King of the South T.I. ouvre le bal suivi de la performance lamentable de Yung Joc, rattrapé par Young Jeezy, Rick Ross, Willie The Kid, Twista et Nelly au refrain. Mais c’est un autre king, le King of Crunk Lil Jon qui démarre les hostilités de Gangsta Grillz : The Album, sur un instru signé Drumma Boy. Jon produit aussi sans trop de conviction « Grillz Gleamin’ » pour ses rookies Lil Scrappy, Bohagon, Diamond et Princess des Crime Mob. « The Setup » revenait sur l’arrestation de DJ Drama dont j’ai parlé plus haut, Jeezy, Jim Jones, Young Buck, Willie, Ross et T.I. nous mettent en garde avec « Feds Takin’ Picture ». Paranoïa ou complots ? Laissons cette question en suspend. 

Drama s’est à peu près implanté dans tous les états du Sud, de Houston, TX, représentée par Slim Thug, Paul Wall, Lil Keke et Killa Kyleon (sur « Gettin’ Money ») à Virgnia Beach au nom des Clipse et Pharrell (« Cheers » produit par Khao), sans oublier la Louisiane exprimée par les voies de Lil Boosie et Webbie (« Keep It Gangsta » avec Yo Gotti) et Memphis, TN, avec des 8Ball & MJG en forme et Project Pat (« 187 » qui figure aussi B.G.). Il ne manquait que les Three 6 pour compléter le tableau. Les G Unit sans 50 Cent ne manifestent pas trop notre intérêt (« Talkin’ Bout Me » s’en tire grâce à Young Buck), c’est la reformation des Outkast qui est véritablement l’exclusivité de cet album, avec la quatrième partie de « Da Art of Storytellin’ » avec Marsha Ambrosius, mais qui aurait mérité mieux que cette production de Don Cannon. Lil Wayne passerait presque pour un abonné absent en ne tenant qu’une apparition à son actif, sur le remix de « Cannon » (feat Freeway entre autre). 

Les jeunes vedettes de cette compilation sont Willie The Kid et (son frère) LA The Darkman, MC affilié à la famille du Wu-Tang. Willie réalise six prestations pas toujours d’un bon niveau comparé à LA The Darkman qui se laisse porter par le laid-back « Beneath The Diamond » aux côtés de Devin the Dude, Mr Porter et Twista. T.I. se manifeste aussi à plusieurs reprises (quatre fois et brillamment), ainsi que ses protégés Big Kuntry et Young Dro qui ne brillent pas trop sur « Aye ». Pour le reste des invités, vous référer à la liste de tags de l’article et aux interludes anecdotiques (un pléonasme dans le cas présent) de Diddy et Katt Williams. 

 

Verdict : ce premier album de DJ Drama est plus intéressant et complet que ceux de DJ Khaled qui garde ses mêmes favoris.

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