Ty Dolla $ign « Free TC » @@@@


Rae Sremmurd, Kid Ink, Demrick, Fashawn, Kendrick Lamar, Young Thug, Snoop Dogg, Gucci Mane, Dom Kennedy, Tyga, Future (avec ou sans Drake), migos, Warren G, Dr Dre, Dam-Funk, Travi$ Scott, Jay Rock, Fetty Wap, Casey Veggies, Bryson Tiller, The Game deux fois, Ras Kass avec Semi-Hendrix, Serial Killers, Jeezy… Ouais, l’année 2015 est Westcoast, et un peu trap, à l’image de ce premier album de Ty Dolla $ign.

Ty Dolla $ign (qui peut se raccourcir en Ty$) n’est pas né de la dernière pluie. Avant qu’on le connaisse comme l’uns chanteurs de refrain les plus demandés du rap game, il a été le producteur de « Toot It or Boot It » qui a révélé un certain YG, avec qui lui et DJ Mustard forment le collectif de Pushaz Ink. Le reste de l’histoire vous la connaissez : il sort son EP Beach House, cumule les apparitions (Lupe Fiasco, Big Sean…) et le single « Drop That Kitty » ne décolle pas. Il n’est d’ailleurs pas au menu de Free TC, nom du premier long format du chanteur-rappeur au signe du dollar tatoué sur la gorge signé chez Taylor Gang (maison de Wiz Khalifa). Ça fait long comme phrase je sais, je n’ai pas précisé qu’il avait les yeux très clairs et son âge (30 ans) pour compléter le descriptif. Une dernière chose, le titre est dédié à son jeune frère le chanteur Big TC actuellement en zonzon pour un meurtre qu’il a selon lui pas commis.

Ce qui impressionne en premier lieu c’est la liste de prestigieux invités, à commencer par Kendrick Lamar, Brandy et James Fauntleroy sur le morceau d’ouverture « L.A.« , avant d’enchaîner sur « Saved Me » avec le vétéran E-40, avec une prod formule tube radio de DJ Mustard. Un autre titre plus radioactif a été détecté, « Bring It Out Of Me« , quand les Stargate font du Mustard tuné à l’EDM, infect. Ce n’est pas du tout ça qu’il faut retenir de Ty Dolla $ign. Sa musique est un smoothie de sonorités westcoast, trap et r&b nineties. Quatre exemple concrets, à commencer par « Straight Up« . Le groupe Jagged Edge débarque des année 2000 sur ce jam sûr utilisant un sample de « Settle For My Love » de Patrice Rushen. Vient la ballade « Solid » avec monsieur Babyface en personne à la gratte sèche, vision de la bonne vie selon Ty (« big kush, long money, bad bitches, here with me »). Le phrasé trap chanté de Ty Dolla $ign crée un décalage qui rend cette chanson réellement originale.  Quitte à faire parfois du trap’n b, « When I See Ya » invite Fetty Wap qui excelle pas mal dans le genre. Dans le même registre hybride, mettez le très bon « Credit » (feat Sevyn Streeter) et « Sittin’ Pretty« . Enfin, « Actress » convie carrément le roi du r&b R Kelly pour un grand moment.

Microphoniquement, le style de Ty Dolla $ign est un drôle de mélange. Future sert de template pour le flow trap et  la diction (équation de deux doubles syllabes très rapides amenant une dernière rime complètement mâchée), ce qui est flagrant sur « Sittin’ Pretty » et dans une moindre mesure « Know Ya » (prod Metro Boomin). Pour le chant, ce n’est pas le chanteur de l’année, et il est parfois accompagné de vocoder (à moins que ce soit de l’autotune?). Comme s’il se contentait de faire juste ce qu’il faut pour que ça sonne bien et juste. Honnêtement il maîtrise les codes du rhythm’n blues et sait parfaitement s’entourer. Même en solo il assure comme sur « Horse in the Stable« , le thème classique du « une fille à chaque port » qui déballe toute sa liste de conquêtes. J’en viendrai presque à considérer « Miracle / Wherever » comme un chef d’oeuvre tellement je suis sidéré de ces enregistrements vocaux de Big TC et D-Loc qui transpercent de leur talent depuis leur prison. « Guard Down » est comparativement plus une curiosité. Le beat de Hit-Boy est novateur, Kanye West chante (et Dieu sait qu’il chante bien quand il s’y met) et Diddy lâche quelques mots. Une fois encore, les choix de Ty$ surprennent et fonctionnement à merveille.

Sur une note plus sérieuse, il faut saluer l’efficacité du single trap  bouncy « Blasé » avec Future (désarticulé comme d’habitude) et les jeunes trublions des Rae Sremmurd. La mélodie électro une chouille répétitive de DJ Spinz est infectieuse à souhait. Plus gangsta-rap que trap, le posse-cut « Only Right » avec Joe Moses, TeeCee4800, YG et Mustard sur le méchant beat met ce bon coup de pression pour rendre Free TC moins sucré qu’il ne le serait.

La conclusion de  Free TC arrive avec un morceau « Finale » magique. Imaginez une intro à la basse de Thundercat ouvrant sur une mélodie onirique dévient vers la néo-soul rétrofuturiste des Sa-Ra Creative Partners. Hé bien ce voeu s’est matérialisé. Ma conclusion est que si on soustrait des deux morceaux commerciaux « Saved Me » et « Bring It Out Of Me« , on est face à un album à la fois $mooth, $olide et relativement $urprenant, rien que de repenser à la qualité des morceaux, leur variété et aux VIP qui y participent  (Kendrick Lamar, R Kelly, Kanye West, Puff Daddy, Babyface…). Il y a même un slam non-crédité de Malik Yusef ainsi qu’un caméo de French Montana à la fin de « Actress« . Alors soyez pas radins et mettez quelques billets sur Free TC.

 

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