Dilated Peoples « Directors of Photography » [deluxe edition] @@@@


Huit ans qu’un de nos groupes de rap favori n’avait pas publié d’album, cela commençait à faire sérieusement long. Depuis 2006 et leur dernier album en major 20/20, les membres des Dilated Peoples ont entamé des carrières en solo avec plus ou moins de succès, celle d’Evidence ayant connu un grand intérêt. EV aillant sorti plusieurs projets chez le label indie hip-hop Rhymesayers (son album Cats & Dogs et Lord Steppington avec Alchemist), il rameute ses deux vieux amis DJ Babu et Rakaa Iriscience pour un cinquième album synonyme de maturité.

Pour ce retour en indépendant, les Dilated Peoples se sont principalement concentrés sur leurs acquis et ont recentré les productions autour de Babu, Evidence et Alchemist avec pas mal de samples de pianos et de mid-tempos parfois mélancoliques. « Directors«  donne le tempo avec évidemment le flow d’Evidence proche de la perfection avec son articulation calme et nette avant de passer le témoin à Rakaa. C’est Mr Slow Flow, que l’on voit comme le leader naturel du groupe, qui a donné le nom à cet album, Directors of Photography, repris d’une de ses rimes « Directors of photography / I shoot people » (extraite de son single « It Wasn’t Me« ). Fin de l’anecdote. On se re-concentre sur la musique avec des bombes comme « Cut My Teeth« , « Century of the Self«  pour son ambiance spleen et le terrible single « Good As Gone«  produit par le légendaire DJ Premier, qui démontrent que le trinôme est soudé comme jamais. Bien entendu, quelques échappées en solo sont à prévoir (« The Reversal«  pour EV), notamment le tour de mains de DJ Babu sur « Figure It Out (Melvin’s Theme)« , un morceau bien dans l’esprit Beat Junkies.

Les Dilated Peoples savent très bien s’entourer et au bout du compte aboutissent à un album cohérent et solide.

D’autres activistes de la Left Coast (l’autre scène West Coast comme on dit communément) sont à l’ouvrage, à commencer par les briscards Sick Jacken, Krondon, Defari, les Gangrene (le duo formé d’Oh No & Alchemist) ou alors le chanteur Aloe Blacc sur le très bon « Show Me The Way«  (produit par Jake One). La jeune garde est aussi représentée par Vince Staples, la signature fraîche de Def Jam), sur « The Dark Room« . On peut également citer la présence de Diamond D (du mythique crew new-yorkais D.I.T.C.) sur « Let Your Thoughts Fly Away«  et 9th Wonder sur « The Bigger Picture« .

Tout ceci pour dire que les Dilated Peoples savent très bien s’entourer et au bout du compte aboutissent à un album cohérent et solide, avec comme d’habitude un contenu d’excellente qualité de A à Z (et même au-delà avec la bonus track « Hallelujah«  featuring le rouquin Action Bronson, Vinnie Paz, la rappeuse Rapsody, Domo Genesis des Odd Future et Fashawn la signature de Nas) mais peut-être un peu trop convenu pour être aussi excitant que le dernier album solo d’Evidence. Ce manque de prise de risque n’occultera heureusement pas notre très grand contentement au sujet de Directors of Photography.

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