Ghostface Killah « Apollo Kids » @@@@


Plus les années passent, plus Ghostface Killah se raccroche à ses racines underground. Paradoxal de la part d’un rappeur signé chez Def Jam ? Pas tout à fait car si on veut sortir un album strictement hip-hop dessus (autrement dit sans aucun single radio), la condition est de devoir tourner le dos à toute promotion associée.

C’est le choix qu’a opté Ghostface s’il voulait conserver son intégrité en tant que MC et s’il a décidé que Apollo Kids (titre repris d’un des standards de Supreme Clientele) aborde un retour aux sources du son Wu-Tang sans l’aide de RZA, qu’il en soit ainsi. Connaissant son caractère bien trempé, mieux vaut ne pas chercher à négocier. Le plus important est que ça plaise aux supporters de la première heure.

Le résultat est sans appel, autant que pour Big Doe Rehab : du brut de hip-hop, de la bête de rap, en provenance directe des bas-fonds de Staten Island, bout de terre sacrée du Wu. Ses habitants et affiliés joignent leurs forces sur cet gros opus : GZA et Killah Priest démarrent sur “Purified Thoughts” (prod. Frank Dukes), Trife, Shawn Wiggs et le fiston Sun God (“Street Bullies” feat Sheek Louch), et encore Raekwon, Cappadonna et U-God (“Ghetto” produit par Anthony Acid), Method Man… Une vieille affaire de famille. D’ailleurs Ghost s’associe à nouveau avec Meth et Rae sur “Troublemakers” (prod. Jake One) pour un autre massacre, Redman s’ajoutant à la bande pour foutre le bordel.

Le MC quarantenaire n’a rien perdu de sa fougue et de son impétuosité, il crache au mic comme un morveux sur un trottoir sale ses histoires de rue et de traffic poudreux. Les gros instrus new-yorkais sont faits à l’ancienne, à base de samples de Soul et beats boom-bap pour perpétuer la tradition. Scram Jones, Sean C & LV, même Pete Rock apporte sa brique sur “How You Like Me Baby”. Que Ghostface soit seul (l’impressionnant « Starkology« ) ou avec plusieurs guests, il domine souvent les débats que ce soit avec Busta Rhymes sur “Superstar” (cela faisait un bail qu’on ne l’avait pas entendu se dérouiller sur une prod eastcoast vintage), Joell Ortiz et The Game (“Drama”) ou encore Jim Jones, les doigts dans le nez lui. Il n’y a que Black Thought des Roots qui parvient à se mesurer à lui sur la track hip-hop “In The Park”, en référence aux block-parties.

Moralité : Ce n’est pas parce que Ghostface Killah continue de s’enfoncer plus profondément dans les sous-sols de NYC qu’il faut l’enterrer pour autant. En espérant que Supreme Clientele part 2 verra le jour cette nouvelle année 2011, avec une exposition méritée à la clé.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. meddimeddou dit :

    Je ne sais pas je ne vois pas l’utilité de faire le même album encore et encore, des samples grillé, des flow griller , non je ne vois pas ce que apporte cette album à la disco de GFK

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  2. Wolf dit :

    Une bonne chronique pour un bon album. Bref ça fait plaisir. Je pense à l’acheter mais en même temps je vais devoir dépenser en 2011 (surtout de Janvier à Mars) …

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