Archives du mot-clé Killah Priest

Wu-Tang « The Saga Continues » @@@


Du calme, du calme. The Saga Continues n’est pas le dernier album du Wu-Tang Clan, qui est le moyen A Better Tomorrow, mais une compilation. Comment le savoir? Sur les albums officiels du Wu-Tang Clan, il est marque « Wu-Tang Clan », tout bêtement, or ici, il est juste indiqué « Wu-Tang » sur le dessin de la pochette. De deux, c’est une sortie indépendante et non en major. Et de trois, pour prouver définitivement mon propos, des mots de RZA, The Saga Continues s’inscrit dans la lignée de Chamber Music (2009) et Legendary Weapon (2011) qui étaient des compilations du style Wu & Friends.

Lire la suite Wu-Tang « The Saga Continues » @@@

Bronze Nazareth « School for the Blindman » @@@@


Cinq années séparent The Great Migration et School for the Blindman. À l’échelle du rap mainstream, cinq ans représentent quasiment tout une époque où il s’y passe un millier de choses. À l’échelle du Wu-Tang, le temps semble naturellement suspendu. Leur secret de longévité, un style qui fait école et Bronze Nazareth en est un parfait disciple. Son dévouement et sa fidélité font qu’il est devenu, comme True Master et Allah Mathematics, un producteur-maître du Wu.

Lire la suite Bronze Nazareth « School for the Blindman » @@@@

Terminal 3 presents The Academy @@½


Au premier abord, The Academy semble être bien plus qu’une simple compilation. Les chiffres le prouvent : ce projet réunit 55 rappeurs (!!!) autour de Kurupt, le gestionnaire, et Terminal 3, les producteurs, sur 21 pistes. C’est beaucoup plus impressionnant que les albums de Statik Selektah, Army Of Pharaohs, celui des Eastcoast Avengers et même DJ Khaled (pan, dans ta gueule). Trop beau pour être vrai.

Lire la suite Terminal 3 presents The Academy @@½

Ghostface Killah « Apollo Kids » @@@@


Plus les années passent, plus Ghostface Killah se raccroche à ses racines underground. Paradoxal de la part d’un rappeur signé chez Def Jam ? Pas tout à fait car si on veut sortir un album strictement hip-hop dessus (autrement dit sans aucun single radio), la condition est de devoir tourner le dos à toute promotion associée.

C’est le choix qu’a opté Ghostface s’il voulait conserver son intégrité en tant que MC et s’il a décidé que Apollo Kids (titre repris d’un des standards de Supreme Clientele) aborde un retour aux sources du son Wu-Tang sans l’aide de RZA, qu’il en soit ainsi. Connaissant son caractère bien trempé, mieux vaut ne pas chercher à négocier. Le plus important est que ça plaise aux supporters de la première heure.

Lire la suite Ghostface Killah « Apollo Kids » @@@@

Wu-Tang meets the Indie Culture vol.2 « Enter the Dubstep » @@@1/2


Le premier volet de Wu-Tang Meets The Indie Culture a rencontré en 2005 un large écho dans le hip-hop underground, félicité aussi bien par les fans du Wu que par les spécialistes du rap indé. Aujourd’hui encore, on en parle comme un des meilleurs projets parallèles du Wu-Tang.
Quatre ans après, c’est non pas Dreddy Krueger mais Willy Friedman qui est en charge du second volet sous-titré Enter The Dubstep. Comme son nom laisse indiquer, l’idée est de déporter les œuvres des membres du Wu et Wu-affiliates en Angleterre pour rencontrer la culture underground locale. Une manœuvre extrêmement risquée sur le plan musical car on sort radicalement de la culture hip-hop pour une sous-culture urbaine que seuls quelques initiés connaissent. Voici un article qui tombe à pic pour la semaine anglaise sur Streetblogger !

Lire la suite Wu-Tang meets the Indie Culture vol.2 « Enter the Dubstep » @@@1/2

U-God « Dopium » @@@


Je me rappelle quand j’ai vu U-God, c’était dans un hôtel parisien, à la rentrée 2007. Le Wu-Tang entamait leur tournée européenne pendant laquelle ils commençaient la promo de leur cinquième album 8 Diagrams. On attendait à l’entrée, les journalistes des divers magasines, de choper les grosses têtes de files du Wu pour une interview juteuse. Sauf Method Man qui a loupé son avion, ni Raekwon qui a mystérieusement disparu après l’appel des journalistes hip-hop. Certains chanceux ont pu avoir RZA, Ghostface, GZA ou Inspectah Deck.

Et personne n’a demandé U-God. Parce que c’était le vilain petit canard du groupe ? Toujours est-il que je garde en mémoire cette image de lui, en train de manger un bout tout seul dans le salon de l’hôtel, sans que personne y prête attention, comme un parfait inconnu. Sauf pour moi bien entendu. Parmi tous les membres du Wu-Tang Clan, U-God a sûrement la plus mauvaise discographie. Quand Mathieu (alias Raging Bull) m’avait fait écouter « Jenny », tiré de son second album : affreux de chez affreux cet espère de morceau bâtard qui ressemblait à de l’électro-pop de cave.

C’est avec méfiance – je crains les otites – que j’ai été écouté Dopium (Frank Radio/ Babygrande) mais c’est presque en rigolant que je vous dirai que ce disque est relativement bon ! La troisième c’est la bonne, c’est écoutable et même mieux, appréciable. Sérieux !

Lire la suite U-God « Dopium » @@@

DJ Muggs & Planet Asia « Pain Language » @@@@1/2


Depuis la mise en stand-by des Cypress Hill, DJ Muggs s’occupe en tant que producteurs pour de prodigieux lyricistes. En 2005, il y a eu Grandmasters, ce duel magistral sur échiquier entre lui et ce fabuleux écrivain qu’est GZA du Wu-Tang, et en 2007 Legend of the Mask & The Assassin avec ses vieux comparses Sick Jacken feat Cynic. Suite des aventures de Muggs en compagnie cette fois de Planet Asia avec Pain Language, dont le poing américain dessinné sur cette couverture sobrement parlante signifie « ça va faire mal ». DJ Muggs & Planet Asia, le choc. Voyez-là une association de rêve pour la moitié des Cali Agents, qui, jusqu’à Jewelry Box Sessions (et encore…), cumulait déception sur déception sur le plan solo, la faute incombant à des choix d’instrumentaux trop hasardeux. Maintenant qu’il a enfin trouvé des beats à sa hauteur, on va devoir se ramasser une ruée de coups dans la figure. 

Lire la suite DJ Muggs & Planet Asia « Pain Language » @@@@1/2

Snowgoons « Black Snow » @@@@


Dehors c’est le désert urbain, 35°C à l’ombre et ciel bleu-gris pollution, ici à l’intérieur, c’est la fournaise. Il fait accablant sous les toits l’été. Il y règne une atmosphère chaude et sèche, lourde dans l’appartement, où le frigo et la douche sont les uniques oasis de fraîcheur et d’humidité. Les fenêtres grandes ouvertes, volets en plastique rabattus à moitié pour se protéger des rayons lumineux calorifères, pas d’effet de serre mais pas d’air circule dans la pièce, hormis un vent chaud brassé par le ventilo pour ne pas éprouver d’insuffisance respiratoire. Ce n’est pas la canicule non plus, mais des après-midis à rêvasser de climatisation, de Mister Freeze, d’expédition en Antarctique et de vacances au Touquet, on a à peu près tous connu ça quand on vit reclus dans une pièce sombre. Pour ma part, j’ai découvert une solution plus efficace que les bonbons Tic Tac pour me glacer le sang en quelques minutes. Au début de cet été est sorti chez Babygrande Black Snow, la seconde salve des Snowgoons. J’insère le disque dans ma mini-chaîne et il se passe instantanément une sorte de phénomène paranormal. La radio m’annonce un avis de tempête venant d’Allemagne. Une masse nuageuse noire menaçante s’approche de ma ville soudain plongée dans l’obscurité et des températures négatives. Les volets vibrent à cause des violentes bourrasques de vent et en refermant les fenêtres, j’aperçois des flocons recouvrir les habitations et les rues d’une épaisse couche noirâtre. 

Lire la suite Snowgoons « Black Snow » @@@@

Wisemen « Wisemen Approching » @@@@


The Great Migration de Bronze Nazareth fut une des sorties underground les plus prisées de l’année 2006 par les férus des sorties gravitant autour du Wu-Tang. Ce fut l’opportunité pour moi de découvrir cet honorable MC/producteur au travers de cet opus lumineux, qui ne manquait qu’un peu de « peps » pour pouvoir jouir d’une renommée digne de ce nom. L’année suivant ce brillant succès d’estime, Bronze Nazareth donne l’occasion à son groupe des Wisemen de dorer une nouvelle fois le blason de Think Differently Music, une des antichambres du temple du Wu-Tang Clan gérée par Dreddy Kruger, avec Wisemen Approaching. Ce groupe de Detroit est organisé par Bronze et Kevlaar 7 (les deux producteurs de l’album), et les emcees Phillie et Salute. Et autant vous le dire, ces valeureux soldats ne font pas du son hip-hop à la Jay Dee ou Dirty Dozen, ils sont les authentiques gardiens de l’esprit originel du Wu.

Lire la suite Wisemen « Wisemen Approching » @@@@

Masta Killa « No Said Date » @@@@½


Masta Killa est le dernier membre du Wu-Tang à avoir sorti son premier album, c’est pour ça que No Said Date (Nature Sounds) ce quelque chose de particulier par rapport aux autres membres du groupe. C’était un réel événement sur la planète Wu. Après onze ans de carrière rapologique et quatre albums avec le Wu-Tang Clan, voici enfin (!) donc le premier album solo de Masta Killa. Ce n’était pas trop tôt…

Lire la suite Masta Killa « No Said Date » @@@@½

Genius/GZA « Liquid Swords » @@@@@©


GZA, dit le Genius, était le troisième membre du Wu-Tang Clan à prodiguer un album solo en cette faste année 95, qui fut l’année de la consécration de platine pour Enter The Wu-Tang. Il s’agissait de son deuxième disque, le premier Words From the Genius étant sorti bien avant la fondation du crew, en 1991, chez Cold Chillin’ (label du monument Marley Marl). Comme pour Method Man, le doyen du Wu-Tang a droit à son écusson, une lettre stylisée, le ‘G’, simplement en faisant une rotation de 90° du ‘W’. Pas seulement le plus âgé, GZA est le plus intellectuel d’entre tous…

Lire l’intégralité de la rétrospective sur SURLmag →

Ol’ Dirty Bastard « Return to the 36 Chambers : The Dirty Version » @@@@©


Personne ne l’a vu venir sur le remix de « Fantasy » de Mariah Carey pour poser un couplet -rectification-, un petit freestyle impromptu. Ol’Dirty c’est le mec qui, voilà comme ça, débarque pendant la fête pour foutre le bordel, de Brooklyn, d’où il vient, aux gens très loin là-bas au Japon. Sacré ODB… Personne n’a raté son entrée remarquée en dérapage sur « Shame on a Nigga » deux ans auparavant. Son rôle était clairement défini dès le départ sur la table, parmi les généraux du clans : c’est le (grand) fou. Le doux dingue qui fait tout de travers, la bête de foire, le bouffon du roi.

Lire la chronique dans son intégralité sur SURLmag →