Styles P « Super Gangster (Extraordinary Gentleman) » @@1/2


Le délai de sortie moult fois rallongé de Time Is Money (près d’un an après son annonce) n’a pas permis à cet album de chatouiller les six chiffres chez Nielsen-Soundscan, la maison de comptabilité de l’ogre Interscope. Voyez-là l’exemple type de la technique de licenciement du grand manitou Jimmy Iovine (l’équivalent américain de Pascal Nègre et Laurent Bouneau en une personne) et son conseiller artistique 50 Cent. Tant pis, comme son confrère Sheek Louch, il aborde une carrière en indépendant chez l’indépendant Koch Records avec à la clé un 3e album au titre vendeur, Super Gangster (Extraordinary Gentleman), évoquant une suite logique de son premier album nommé A Gangster and a Gentleman. Est-ce le cas du contenu ? Vous le saurez soit en l’écoutant, soit en lisant prudemment les lignes qui vont suivre.

 

C’est avec un enthousiasme absent que j’entame l’écoute des 19 titres. Et c’est avec le sentiment d’avoir perdu mon temps avec un disque de seconde main qu’elle se termine. Il n’y a pas grand-chose dessus qui me motive à passer d’autres prochaines écoutes, à part quelques titres. Je retiens « All I Know Is Pain » produit et avec Alchemist (et encore, c’est bien léger), « Da 80’s », la rencontre du Ghost et Ghostface Killah sur « Star of the Stage » (le son possède un côté Wu-Tang), la réunion des Lox sur « Gangster, Gangster » sur un beat de Pete Rock, et d’autres trucs dont je vais discuter ensuite. Il n’y a rien de vraiment lourd qui nous corresponde, pourtant Styles P est une bête au mic avec une bête de flow, toujours fluide et articulé, qu’il varie avec aisance selon son gré. Sa performance qui m’a le plus épatée se trouve sur « Holyday », où il pétarade avec les mots sur un instru pas forcément approprié.

J’ai l’impression d’avoir eu affaire à un album à faible budget, disposant malencontreusement de beats oscillants entre l’assez bon et le pourrave (« Look at Her », « Shoot Niggas »,…), comme s’il a conçu cet album comme un gros street-album histoire de faire ponctuellement acte de présence dans les bacs. Rien de mainstream non plus, contrairement à ce qu’on aurait pu croire en voyant les apparitions de Swizz Beatz et Akon sur respectivement « Blow Ya Mind » et « Got My Eyes On You ». Les featurings nombreux parviennent tout juste à redonner un gain d’intérêt à ce Super Gangster  (sauf Max B, Bully, Raw Bucks et Ray J), comme c’est le cas de Beanie Sigel sur « U Ain’t Ready » (produit par Dame Grease), sur lequel il enterre la hache de guerre avec les D-Block, oubliée la vieille querelle avec Jadakiss (ça date de 2001 cette affaire), et l’engagé « Cause I’m Black » avec Black Thought des Roots, un écho à « I’m Black » qui est de loin le meilleur (et le denier morceau…) de ce Super Gangster (Extraordinary Gentleman).

 

Pas mieux que ses prédécesseurs, ni surenchéri (ça aurait pu être une alternative comme une autre), beaucoup ont trouvé cet album saoulant, je comprends et partage leur opinion. Ce n’est pas la boucherie espérée, pas passionnant, pas du tout percutant, ni super, ni extraordinaire, Styles P patine dans la semoule. C’est triste à dire, mais je doute fort qu’il ait d’autres commentaires à faire à ce propos.

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