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Rick Ross « Richer Than I Ever Been » @@@¾


Rick Ross a attendu la fin du Covid pour passer la barre des dix albums avec Richer Than I Ever Been. Rozay avait bouclé la boucle d’une discographie richement remplie avec Port of Miami 2 en 2019, mais le rappeur de Miami en voulait encore. Il a tout eu, tout dit, tout fait, tout réalisé, pourtant, il se sentait toujours apte à délivrer du contenu, avec la tâche difficile de ne pas sombrer dans l’anecdotique.

Il est vrai que Richer Than I Ever Been n’a pas marqué les esprits à sa sortie en Décembre 2021, c’est limite si on en avait pas oublié son existence, et ce n’est pas que la faute au coronavirus. Cependant, autant Rick Ross sait parfois jouer de l’illusion des grandeurs, ce onzième album solo était bien réel, tel un oasis au milieu d’une période où la planète entière a ralenti le rythme. Un bel oasis de Floride en réalité, en commençait par le quartier de « Little Havana », avec une introduction signée Willie Falcon, un ancien véritable baron de la drogue. Vrai de vrai.

Rick Ross a pris un léger contre-pied avec cet album, même un risque : faire mieux avec moins luxuriant. Pas de J.U.S.T.I.C.E. League, de Cool & Dre, de caviar et de champagne, comme si l’inflation est passée par là. Même le légendaire DJ Toomp voit les choses en moins grand sur « Imperial High ». Il n’empêche que son choix d’instrumentaux est plutôt judicieux, avec des samples de choix. « Warm Words in Cold World » avec son ancien protégé Wale et Future (qui fait -50% sur l’autotune), où l’on reconnait les percussions comme signature du producteur Bink. Les trompettes de « Rapper Estates » (avec Benny The Butcher) irradient comme un soleil au zenith et « Marathon » offre une ambiance rare avec ce sample mentalo-océanique de … « La Méditation des Enfants » d’Alain Goraguer. Pas mal hein, c’est français. Même « Wiggle » donne un kick à l’album, avec la rappeuse DreamRoll dont la voix rappelle une certaine Foxy Brown. « The Pullitzer » avec ses notes de piano est assez efficace, mais il fallait vraiment deviner que c’était qui se cachait Timbaland derrière l’instru…

« Richest Than I Ever Been », évidemment, marque l’apex de la réussite de Rozay, avant de terminer sur un titre plus chill, « Hella Smoke » où il n’est pas nécessairement question que de fumer un cigare avec Wiz Khalifa. Un album moins premium, moins trap, moins clinquant, mais les guests conservent un certain standing (21 Savage, Future, Jazmine Sullivan, Blxst, The-Dream…). Rick Ross est arrivé à un point il peut se permettre le luxe de ne plus en faire des tonnes. Radin? Possible, mais effacer le superflu rend ses performances au micro plus brutes. Tout n’est pas qu’une affaire de brillance ou d’épater la galerie, c’est aussi d’avoir une forme de sagesse, d’authenticité et de concret.

En parlant de luxe, la version ‘deluxe’ apporte trois titres qui non plus n’ont rien de superflu. Parmi ces trois bonus, « Vacheron » avec un petit 16 de AZ (oui je me suis essuyé les yeux et débouché les oreilles, c’est bien lui) sur une prod des Heatmakerz, et une seconde collaboration avec Anderson .Paak, « Not The Nothing ».

LA NOTE : 15/20.

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