Kanye West « Yeezus » @@@@


Celui qui pour beaucoup a été considéré comme un messie du rap à ses débuts en 2003 nous présente sa nouvelle « création », sa sixième (si on ne compte pas Cruel Summer), Yeezus. Et c’est devenu une habitude avec chaque nouvelle sortie de Kanye West, les vagues de débats passionnés, des articles de presse plus ou moins bien renseignés, tout ces éléments médiatiques qui font que l’un des rappeurs/producteurs les plus influents de ces dernières années devient le centre du monde, en bien, ou en mal.

Les avis concernant Yeezus ont été très divergents, voire opposés, entre auditeurs de rap extrêmement virulents, et des critiques journalistiques élogieuses limite spermatiques : c’est soit une belle grosse merde purement et simplement, soit une oeuvre d’art, comme ces objets d’art trop abstraits qui ne plaisent qu’aux gens fortunés super « open » aux goûts excentriques. Diviser, même au coeur de chez ses anciens fans, pour mieux régner ? Peu importe, personne n’est indifférent. Sur ce point-là, Kanye a gagné. Mais il faut savoir raison garder et revenir a ce qui demeure le vrai critère de jugement : la musique.

Une approche promotionnelle risquée

Donc Kanye West a décidé d’appeler son disque Yeezus (‘Jésus’ version Yé). Pas étonnant pour quelqu’un avec un melon de la taille du système solaire d’en arriver à ce stade ultime de l’échelle humaine. Mais après tout, son mentor Jay-Z ne se surnomme-t-il pas Jayhovah, le God MC ? Doucement, pas la peine de l’aduler ou le décrier pour autant, il y a quoi de relativiser sur le fait que Yeezy se prenne pour le fils de Dieu, comme si c’était un autre de ses alter-ego. Il agace, il fascine, c’est un prince plus qu’une diva au masculin qui aime bien se comparer à d’autres grandes personnalités qui ont façonné le monde, comme Steve Jobs n’est-ce pas. Puis faire le buzz (que je déteste cette formule…) rien qu’avec le nom d’un album n’est pas nouveau non plus, demandez à Nas
Pour réussir dans le rap game aujourd’hui, il faut savoir innover et prendre des risque sur le plan marketing. Dans un esprit de grandeur, Kanye a choisit de projectionner son extrait « New Slaves » dans plusieurs grandes villes du monde, dont Paris, où il a enregistré une partie de Yeezus. D’autres morceaux ont été diffusés au compte-goutte via des performances live, sans qu’aucune vidéo ni singles ne soient diffusés par la suite en radio ou télé. Intriguant comme démarche, de quoi nourrir de plus en plus le mystère autour de ce disque dont on sait seulement que nos Daft Punk sont impliqués ainsi que Justin Vernon puis à la dernière minute Rick Rubin, véritable gourou au sein de l’industrie musicale actuelle.
Contrairement à My Beautiful Dark Twisted Fantasy où la moitié des morceaux étaient leakés volontairement chaque vendredi jusqu’à sa sortie, Ye a choisit la stratégie inverse pour Yeezus. Très risqué. La deadline fixée pour la sortie semblait aussi inenvisageable vu la faible quantité d’informations sur l’avancée de l’album, et pourtant, il était bel et bien là dans les bacs pour la semaine du 17 Juin, coïncidant étrangement avec la naissance de sa fille baptisée North (WTF). S’imposer comme cela dans un calendrier de sorties rap très chargé, quand on sait ô combien beaucoup de rappeurs reportent la sortie de leurs albums de plusieurs mois (hein 50 Cent?), c’est comme faire une queue de poisson dans les charts avec une grosse Bentley en or rose (tant qu’à faire).
Une autre personne a le bras suffisamment long pour pouvoir se permettre de s’intercaler dans le planning : Jay-Z, qui annonçait le jour même de la sortie de Yeezus celle de son futur album Magna Carta Holy Grail. « Tant que je serai dans le métier, tu ne seras toujours que second », semblait-il lui dire à son élève Kanye. Mais ça, on y reviendra dans un prochain article.

Le secret de l’immaculée conception

Boucler dans un temps restreint la conception d’un album quitte à changer les plans à la dernière minute est un rush dont Kanye est familier. De nombreuses fois il s’est challengé afin de travailler son album jusqu’à la dernière seconde et le sortir dans les temps. Cette fois, l’équation était plus compliquée que d’habitude. Et c’est Rick Rubin, le fondateur de Def Jam, qui s’est retrouvé producteur éxécutif de Yeezus malgré lui. La faute à un emploi du temps compliqué à gérer pour Kanye West à cause de sa femme enceinte ? (Notez comment je prendre soin d’éviter de parler de Kim K).
« On s’est retrouvé à bosser pendant 15, 16 jours de longues heures, sans congé, 15 heures par jour. J’étais en panique durant toute cette période. » (Rick Rubin)
Voici ce qu’il raconte dans le Daily Beast: « Kanye m’a appelé. J’étais en train de finir de bosser à mon studio sur un autre album depuis deux mois environ, et je m’apprêtais à partir en vacances pour quelques semaines. C’est là qu’il m’appelle et me dit ‘Est-ce que je peux jouer mon disque?’ Je lui réponds ‘bien sûr’. J’ai toujours apprécié d’écouter sur quoi il travaille. Alors il est arrivé chez moi à Malibu, on a écouté, je pensais que j’allais écouter un album fini, mais en fait on a écouté pendant presque 3h30 du travail en cours… Alors je lui demande ‘Quand penses-tu l’achever?’ Et il m’a répondu ‘ça sort dans cinq semaines’. Comme ça, totalement confiant. » Je précise à nouveau au passage que certains textes n’étaient même pas couchés sur papier…
« Je lui ai dit ‘Je viens de faire un disque qui sort en Novembre qui est plus abouti que ça, poursuit Rick. Il me réponds ‘vraiment? Que fais-tu ces cinq prochains jours?’ Je lui ai dit que je me barrais. Et ensuite il me dit ‘s’il-te-plaît aide moi. Accepterais-tu de le corriger, le mettre en forme et le finir?’ Pour moi ce qu’il me demandait semblait impossible. Je me rappelle que je ne me suis pas senti très bien ce jour-là, au point de me demander si la musique me rendait pas malade. Je me sentais mal à l’aise à cause de ça. On s’est retrouvé à bosser pendant 15, 16 jours de longues heures, sans congé, 15 heures par jours. J’étais en panique durant toute cette période. » Ambiance autour de cette immaculée conception. Il avouera dans un autre papier « j’ai supposé que l’album était prévu pour la fin de l’année [2013] » quand il a écouté cette ébauche « floue, décousue, souvent sans prises de voix ». Dans l’histoire, Rick Rubin serait un peu Joseph, le gars qui se retrouve avec un bébé entre les mains sans avoir eu trop le choix. Et nos deux robots et Mike Dean et les rois mages c’est ça?
Plusieurs semaines plus tard, on pouvait se procurer dans les bacs une box dépourvue de jaquette et de livret, comme un CD vierge, avec simplement un bout de scotch orange pour le maintenir fermé (ce qui n’est franchement pas du tout pratique pour ouvrir le boîtier), et dont le contenu n’est pas loin de ressembler à un prototype toujours en cours de finalisation. Foutage de gueule?

« Oh mon Dieu »

Comme avec My Beautiful Dark Twisted Fantasy et surtout Cruel Summer, Kanye West a délégué la majeure partie de son travail à ses nombreux disciples et apôtres : Mike Dean, No I.D., S1, ses nouveaux assistants Hudson Mohawke et Travis Scott, d’autres connaissances comme Carly Broadus, 88 Keys, Lupe Fiasco, ainsi que les électroniciens Daft Punk, Brodinski et Gesaffelstein pour la « tûche françèse ». Pas de Hit-Boy, dont le contrat chez G.O.O.D Music (en CDD) vient de s’achever. Côté co-écriture, on peut citer Cy Hi the Prince, Malik Yusef, Rhymefest, Ab-Liva du Re-Up Gang, des modestes contributions de chanteurs aussi comme Frank Ocean, Kid Cudi, le reggaeman Assassin, Tony Williams, Charlie Wilson… La liste des collaborateurs n’est pas exhaustive, et je ne parle pas de tout ceux qui ont participé au projet mais qui ne figurent pas sur le montage final.

Radical, spontané, agressif et anticonformiste. L’entrée en matière est brutale.

C’est le producteur et ingénieur du son Mike Dean qui explique le mieux comment tout ce beau monde travaille ensemble. « Maintenant [Kanye] laisse tout le monde mettre sa contribution et il fait le tri dans tot ça. Nous avons huit producteurs qui prennent leur part sur une chanson et après on garde ce qui sonne bon. » Il rajoute : « Habituellement une personne commence avec quelque chose et les autres rajoutent leur part. Des fois il se trouve que cette personne qui a commencé n’a plus rien à faire sur la version finale, mais ils continuent de produire. » Un sacré puzzle à mettre en forme en effet.

Reste à savoir quel en serait le résultat et pour ça, il suffit d’appuyer sur la touche ‘lecture’ sur track 1 de Yeezus, « On Sight« , produit par les Daft. Et là, la perplexité est totale. Les premières secondes de musique électronique brouillonne qui débouchent en des notes simplistes et saturées pourront paraître insupportables (ce qui est compréhensible), avec au milieu de cet instabilité sonique se déroule un long sample de plusieurs secondes. Kanye nous brosse avec une planche à clou dans le sens inverse du poil. Radical, spontané, agressif et anticonformiste. L’entrée est brutale, compliquée d’accès. Le rappeur est là où personne ne l’attendait, mais c’est ce qu’il voulait non? Et le fait qu’aucun titre ne passe en radio nous éclaire sur le fait qu’il ne cherche pas spécialement à nous plaire.

Cette approche visant à donner une finition épurée est assumée par son concepteur. « Il y avait tellement de matière qu’on pouvait choisir n’importe quelle direction, explique Rick Rubin. L’idée d’en faire quelque chose d’avant-gardiste, minimaliste et violent était celle de Kanye. Je lui disais ‘cette chanson n’est pas bonne, dois-je commencer à la travailler? l’améliorer?’ Et il me disait ‘Ouais, mais au lieu d’ajouter des trucs, essaie d’en balayer’. On a beaucoup discuté de l’aspect minimaliste. Ma maison est basiquement une boîte vide et blanche. Quand on l’a traversée, il me disait ‘ma maison aussi est une boîte vide et blanche!' ».
Ceci n’explique pas encore cette volonté de se plonger dans de l’électro pure et dure, made in France qui plus est (ayons un semblant de fierté tout de même!). Kanye l’expérimente sur « On Sight » donc, mais aussi le sauvage « Black Skinhead« , en adoptant fermement une attitude rebelle, et « I am a God« , avec le seul featuring officiel de l’album, son père : Dieu. Pour l’anecdote, ce titre qui nous écrase par la force divine (surtout quand une énorme voix déclare « I AM A GOD ») est né après que Kanye West fut vexé lors de la Fashion Week à Paris quant un grand couturier lui aurait dit des choses méchantes sur sa collection. C’est rigolo n’est-ce pas. « Send It Up » également est le fruit d’une collaboration avec les Daft Punk, Gesaffelstein et Brodinski.
Ce mélange des genres entre électronica et même drill n’est pas non plus un hasard. Dans une interview pour un journal new-yorkais, Ye indique entre les lignes que l’inspiration lui vient encore sa ville natale. « C’est comme le trap, le drill et la house, dit-il. J’ai su que je voulais avoir une profonde influence de Chicago sur cet album, je voulais que ça sonne comme de la vieille house music de Chicago. Je pense que même « Black Skinhead » est aux frontières de la house, « On Sight » sonne comme de la acid house et ensuite « I am a God » sonne de toute évidence comme de la super house ».
Kanye rappe peu durant ces quarantes minutes mais parle beaucoup sur ce qu’il pense être: « The only rapper compared to Michael ».
Au beau milieu de tout ces instrumentaux triturés et écorchés vifs se retrouvent beaucoup d’éléments empruntés au reggae/ragga. Des auditeurs à l’ouïe fine auront reconnu la voix de Capleton sur « I am a God » ou encore Beenie Man sur « Send It Up« . « I’m in it« , avec ses sous-entendus pas très catholiques et le doublage par une grosse voix à la Tyler the Creator, ne fait pas appel au sampling , c’est Assassin qui a posé sa voix sur le titre, ce qui le dynamise davantage. Même « Guilt Trip » utilise une petite boucle d’un remix de « Blocka » de Pusha T. Pour en revenir à Chicago, Kanye n’oublie pas de mettre la lumière sur les jeunes qui montent là-bas, ceux qui représentent la drill music locale, à commencer par Chief Keef (qu’il avait déjà remixé avec « I Don’t Like« ) dont le refrain complètement torché à l’alcool (façon de parler) convient tout à fait à « Hold My Liquor« . Quant à King L (King Louie, comme dans Le Livre de la Jungle), il s’occupe du premier couplet de « Send It Up » ainsi que du refrain, une belle exposition pour lui.
Kanye rappe peu et avec un bon flow durant ces quarante minutes mais parle beaucoup sur ce qu’il pense être. « The only rapper compared to Michael », « Fuck you and your corporations/ you can’t control me », il parle le « swag-hili » et réclame « my damn croissants ». Se sentant l’âme d’un leader afro-américain, il trouve de nouveaux sujets un brin sociaux pour se mettre en avant, comme « Black Skinhead » et « New Slaves« . Il partage ses expériences de déboires amoureux sur le hangover « Hold My Liquor« , lendemain d’un very bad trip après « Drunked & White Girls » (avec des incursions de guitares rock et la voix de Justin Vernon qui se marient à merveille) et « Blood on the Leaves » en réutilisant de l’autotune, laissant apercevoir le côté obscur d’une suite à 808 & Heartbreaks. « Blood on the Leaves » est par ailleurs construit autour d’un sample de Nina Simone, le fameux « Strange Fruit« . Les anciens fans trouveront un peu d’espoir dans « Bound 2« , sur la base d’un sample soulful comme on appréciait tant dans la période de Kanye West ‘nounours’, entrecoupé par un magnifique passage de Charlie Wilson.
C’est typiquement le genre d’album truffé de défauts sur lequel on reviendra dessus d’ici 5-10 ans […] en expliquant qu’il s’agissait du plus incompris et du plus audacieux de sa carrière.

Yeezus 2?

Très déconcertant est ce Yeezus (ça m’arrive de parle comme Yoda). Difficile de se faire un avis précis, ou pas : il peut être très facile d’en avoir un en réalité… Tout dépend comment nos oreilles sont façonnées mais cessons de philosopher sur ce qui est bien ou mal de juger, ou de juger en bien ou en mal puisque l’art n’est qu’une question de subjectivité, d’émotion,… Pas sûr non plus que Kanye West en réalisant cet album saurait quoi en penser, vu qu’il est question de nous provoquer en prenant un maximum de risque. C’est typiquement le genre d’album truffé de défauts sur
lequel on reviendra dessus d’ici 5-10 ans, quand Kanye aura totalement atteint le statut d’icône – peut-être en cherchant à se faire clouer sur la croix, en expliquant qu’il s’agissait du plus incompris et du plus audacieux de sa carrière.

Les gens qui l’ont supporté avec ses deux, trois premiers albums ont probablement des raisons de croire que l’ancienne facette de Kanye West ressuscitera un jour, celui qui voulait après son diplôme simplement obtenir un Good Ass Job. « Initialement, Kanye pensait mettre 16 titres sur l’album, toujours pour reprendre les sages propos de ce bon vieux Rick Rubin. Mais le premier jour, avant même qu’il me demande de me pencher dessus, j’ai dit ‘peut-être que tu devrais être plus concis, peut-être que cela fera l’objet de deux albums. Peut-être que c’en serait la première partie.’ C’était une des premières propositions. Kanye a réagi ‘c’est ce que j’ai voulu entendre aujourd’hui! Cela pourrait être 10 titres!' ».

Et vu comment s’achève Yeezus, comme pour le sketch des Inconnus, l’hypothèse d’un « Jésus 2, le retour » semble plausible, comme ce messie que l’on a connu au milieu des années 2000, ressuscité cette fois.

 

6 réflexions sur « Kanye West « Yeezus » @@@@ »

  1. Énorme la chronique, avec de bonnes citations.
    Kanye a lancé un album purement artistique au sens propre et pour sa on peut le féliciter. Par contre en écoutant l’album on voit bien que ce n’est qu’un « prototype », Kanye West ne maîtrise pas vraiment ce genre d’ électro hip-hop dans lequel il s’est lancé (contrairement à d’autres artistes dont on ne mentionne jamais les noms…). Mais bon, vu que c’est Mr. West, les gens sont loin d’être objectifs et donnent une super note à l’album. Je salue son travail, mais l’album vaut (pour moi) entre @@ et @@@. Pas plus. Je vois mal comment on peut écouter l’album en boucle pendant des jours.
    Je retiens l’énorme « Blood On The Leaves » ; « Black Skinhead » ; « Send It Up » et bien sûr « Bound 2 » (le bon vieux Kanye qu’on connait avec ses samples en or).

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  2. Fallait être extrèmement bien renseigné pour réaliser cette chronique. Ca nous aide grandement à apprécier l’album à sa juste valeur. En tout cas Bravo. Concernant l’album et KW que je suis depuis ses premiers albums, Il nous pond toujours de très bons albums, toujours avangardistes et/ou différents de ce qu’on a l’habitude d’entendre. Néanmoins, ca reste des albums qui vont rester 6 mois 1an dans ma playlist mais pas plus. Les classiques sont intoporelles, pas ses albums (A mon avis). Hier, j’écoutais the blueprint, reclaque dans la tronche et pourtant je ne suis pas à ma 1ère écou!! ;-)
    suis pas à ma 1ère écoute ;-)

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  3. Je suis le bougre depuis son premier album, et que dire si ce n’est qu’il vient de prouver une fois de plus que son statut de « plus grande icône » rap de ses dix dernières années n’est pas usurpé. Un album très risqué qui nous emmène une fois de plus aux confins les plus extrêmes de la musique, je comprends pourquoi beaucoup disent qu’il a changé notre façon d’écouter de la musique. La musique parle d’elle même et malgré une promo minimaliste (à l’image de l’album en fin de compte) il a vendu plus de 300 000 copies dès la première semaine, seul lui et Jay-Z peuvent se permettre de telles excentricités, ils sont vraiment dans une autre galaxie, vivement un WTT 2

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