Wu Block @@@@


Wu-Block est ce projet ‘trans-groupe’ annoncé depuis deux ans, réunissant les personnalités du Wu-Tang, super-groupe mythique depuis 1993 et véritable institution rap qu’on ne présente plus, et un autre collectif venant du Yonkers, les D-Block, qui ne sont autres que The Lox, trio de rappeurs découvert par Puff Daddy en 97 et qui a connu des fortunes diverses avec les Ruff Ryders dans les années 2000. Tous ensemble, ils créent l’événement cet Automne avec un opus rap new-yorkais street et hardcore.

Cet album du super-collectif Wu-Block a été fomenté par un représentant de chacun des clans, Ghostface Killah a/k/a Pretty Toney pour le Wu d’une part, et Sheek Louch chez les D-Block de l’autre côté. Il n’est pas étonnant alors que les instrumentaux et producteurs choisis (Red Spyda, Erick Sermon, Termanology, Phonix Beats, Frank Dukes, Vinny Idol…) correspondent davantage au style de ces deux rappeurs principaux, ce qui est un peu normal, ils sont les instigateurs. L’atmosphère des beats ressemblent davantage aux dernières sorties de Ghostface (Big Doe Rehab, Apollo Kids…) et Sheek Louch (en dehors du mauvais Don Gorilla), avec pas mal de sampling soul et jazz. N’y cherchez pas les touches Kung-fu Shaolin de RZA (mystérieusement absent du projet) ou de relents mainstreams comme sur les LPs de Jadakiss et Styles P. Le compromis de ce produit commun est brut, sans concession possible.

Wu-Block est majoritairement composé de ce qu’on appelle des hood tales, des histoires de rue qui commenceraient dans le cas présent par ‘il était une fois… les « Crack Spots« ‘. Un sentiment d’insécurité parcourt les morceaux hardcore comme « Comin’ For Your Head« , « Take Notice« , « All In Together« … pas de doute Ghostface et Sheek maitrisent leurs sujets sur le bout des doigts. Les interventions de Raekwon et Styles P apportent d’autres angles de vue aux morceaux, véritables audiodescriptions de situations concrètes de scènes interdites au moins de 18ans, violentes, jouissives, malsaines. Les apparitions de Method Man et Jadakiss donnent du poids supplémentaire au Wu-Block, sur des tracks comme « Stella » et le single « Stick Up Kids », qui reprend un célèbre gimmick hip-hop. Les nocturnes « Cocaine Central » et « Drivin’ Round » viennent apaiser les tensions autant qu’elles apportent de la substance à l’album, surtout « Drivin’ Round« , down-tempo jazzy et délicat qui convient parfaitement aux flows posés de GZA et Masta Killa ainsi qu’à la sublime et divine Erykah Badu. Manquent à l’appel RZA comme il a été plus haut mais aussi U-God, qui aurait apporté quelques poils hardcores. Mais quoi qu’il en soit, c’est du solide.

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