Archives du mot-clé Wu side-projects

Wu-Tang « The Saga Continues » @@@


Du calme, du calme. The Saga Continues n’est pas le dernier album du Wu-Tang Clan, qui est le moyen A Better Tomorrow, mais une compilation. Comment le savoir? Sur les albums officiels du Wu-Tang Clan, il est marque « Wu-Tang Clan », tout bêtement, or ici, il est juste indiqué « Wu-Tang » sur le dessin de la pochette. De deux, c’est une sortie indépendante et non en major. Et de trois, pour prouver définitivement mon propos, des mots de RZA, The Saga Continues s’inscrit dans la lignée de Chamber Music (2009) et Legendary Weapon (2011) qui étaient des compilations du style Wu & Friends.

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Banks & Steelz « Anything but Words » @@@@


À gauche, la chanteur Paul Banks d’Interpol; à droite, RZA a/k/a Bobby Digital a/k/a Bobby Steels. D’où le nom de Banks & Steelz, rien à voir avec une agence de notation. Cette première collaboration anglo-américaine entre deux artistes aux univers distincts abouti à cet album Anything but Words édité par la compagnie Warner. Pour connaître le pourquoi du comment, il suffit de mettre la lecture en route.

Sans introduction préalable, « Giant«  est la tribune idéale pour notre architecte suprême du Wu-Tang pour crier son amour pour New-York et le hip hop avec un flow bien loin de ses coutumes, mais toujours avec sa voix qui déraille à travers les émotions. Il est vrai que RZA est iconique de par son statut producteur parmi les plus influents de la musique rap, en ayant également mis un pied dans la monde du cinéma. Cette rencontre avec Paul Bankspermet de redécouvrir qu’il est également un mec qui rappe avec ses tripes et ses connexions neuronales, avec passion, avec la verve d’un type affamé. Les instrumentaux hybrides sont ici moins banals que des cross-over rap/rock, grâce à ses nombreuses sonorités électro intéressantes et qui chatouillent les tympans. Le membre d’Interpol semble être l’homme providentiel sur le chemin de l’abbé RZA. Ses capacités d’adaptation sont stupéfiantes, intégrant de la bonne manière les éléments caractéristiques dérivés du Wu comme sur « Can’t Hardly Feel » ou bien sur la partie rap de Method Man et Masta Killa sur « Point of View ». Son apport sur les refrains semble également indéniable.

Anything But Words justifie son existence par son contenu et pour son contenu, non pas par une quelconque intention opportuniste ou calculée. Le hasard oui, ou sur un plan plus scientifique, cette probabilité statistique infime que deux entités puissent se rencontrer sans aucune intervention extérieure et s’assembler quasi parfaitement durant un temps donné dans un espace où chaque caractéristique constitutive des artistes peuvent co-exister en une singularité, comme deux molécules déjà complexes que rien ne prédisposait à se lier en une molécule inédite. Comme le dit RZA sur le morceau-titre, « I write songs for fun, not for salary ». Et bien que ses albums solos sous divers alias ont été chacun des semi-échecs, il se vante tout de même de ses murs couverts de disques de platine, récompenses pour sa contribution significative à la culture hip hop, sans qu’on ait quelque chose à lui redire sur ce point. Contradictoire me direz-vous, mais qui nous interroge sur pourquoi chacun des Banks & Steelz prendrait-il un risque artistique avec ce voyage vers l’inconnu ? Au fond, vous connaissez la réponse et elle n’est pas si énigmatique : vouloir laisser sa marque dans la musique et si possible de manière désintéressée, le succès n’étant pas un objectif.

Appartement à la classe des génies incompris (voire incompréhensible bien souvent), RZA débite avec son flow brut quelques de ses fameuses formules alambiquées usant de termes biologiques, mathématiques et physiques, comme s’il avait écrit une thèse en méta-physique bouddhiste de la biochimie quantique et fantaisiste. « Conceal » et « Sword in the Stone » en sont de bons tableaux. Il arrive heureusement qu’il soit compris des humains gamma et delta (si vous avez lu Le Meilleur des Mondes) quand il se charge positivement d’égotrips ou de sujets plus terrestres. Les paroles de Paul Banks ont plus ce pouvoir de rassemblement, ainsi que les divers invités qui composent ce disque, comme Florence Welch sans ses machines (sur « Wild Season »), Method Man qu’on a décrit plus haut, l’indescriptible Kool Keith ou encore Ghostface Killah qui énergise « Love and War ». Musicalement, la stabilité de la cohésion de leurs univers est exemplaire, avec des chansons qui mériteraient d’être accessibles au monde comme « Ana Electronic«  et « Gonna Make It«  dont la mélodie électronique fait penser à ces documentaires sur le cosmos.

Tout scepticisme s’efface morceau après morceau pour laisser place à une forme d’admiration. Il ressort de Anything But Words une alchimie ‘Wu-Interpol’ inattendue et dont l’émulsion met parfaitement en valeur chacun des protagonistes. La magie de science s’applique à la musique, preuve en est. À classer à côté de l’excellent Big Grams de Big Boi et Phantogram.

 

Wu Block @@@@


Wu-Block est ce projet cross-over annoncé depuis deux ans, réunissant les personnalités du Wu-Tang, super-groupe mythique depuis 1993 et véritable institution rap qu’on ne présente plus, et un autre collectif venant du Yonkers, les D-Block, qui ne sont autres que The Lox, trio de rappeurs découvert par Puff Daddy en 97 et qui a connu des fortunes diverses avec les Ruff Ryders dans les années 2000. Tous ensemble, ils créent l’événement cet Automne avec un opus rap new-yorkais street et hardcore.

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Wu-Tang « Legendary Weapons » @@@½


Derrière cette sortie sertie de l’emblème du Wu se cache en réalité un intéressant side-project du Wu-Tang, et non un nouvel album officiel du crew de Staten Island. Dans les faits, Legendary Weapons renouvelle l’expérience très réussie de Chamber Music paru durant l’été 2009, dont le principe est de créer un album possédant l’ambiance asiatique et soul typique du Wu-Tang mais avec des producteurs externes : Lil Fame (moitié des groupe hip-hop hardcore M.O.P.), Bob Perry et Noah Rubin.

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Meth●Ghost●Rae « Wu-Massacre » @@@½


Juste après la sortie de Only Built 4 Cuban Linx 2, Raekwon avait confirmé qu’un album en commun avec Method Man et Ghostface Killah était sur les rails. On en voit des tonnes chaque années des annonces sur des improbables collaborations qui n’en restent qu’au stade spéculatif (T-Wayne, Juelz Santana & Lil Wayne, CRS avec Pharrell, Kanye et Lupe Fiasco, etc…).

Toutefois, le Chef Raekwon n’a qu’une seule parole dont personne n’oserait mettre en doute. Il a promis un classique (comme un tas d’autres rappeurs qui ne savent plus quoi inventer pour vendre leurs disques), il en a sorti un pour de vrai, lui, alors s’il dit qu’il y aura un disque de Rae/Ghost/Meth, il y en aura un. C’est dit, c’est fait, c’est sorti ! Pas dans de bonnes conditions, puisque Wu-Massacre souffre d’une certaine ambiguité, sur le fond et sur la forme.

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Wu-Tang meets the Indie Culture vol.2 « Enter the Dubstep » @@@1/2


Le premier volet de Wu-Tang Meets The Indie Culture a rencontré en 2005 un large écho dans le hip-hop underground, félicité aussi bien par les fans du Wu que par les spécialistes du rap indé. Aujourd’hui encore, on en parle comme un des meilleurs projets parallèles du Wu-Tang.
Quatre ans après, c’est non pas Dreddy Krueger mais Willy Friedman qui est en charge du second volet sous-titré Enter The Dubstep. Comme son nom laisse indiquer, l’idée est de déporter les œuvres des membres du Wu et Wu-affiliates en Angleterre pour rencontrer la culture underground locale. Une manœuvre extrêmement risquée sur le plan musical car on sort radicalement de la culture hip-hop pour une sous-culture urbaine que seuls quelques initiés connaissent. Voici un article qui tombe à pic pour la semaine anglaise sur Streetblogger !

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Wu-Tang « Chamber Music » @@@@


wutang-chamber-musicIl semblerait que les soldats du clan du Wu-Tang soient parvenus à un consensus, afin de mettre un terme à leurs divergences internes. L’abbé RZA a finalement su trouver la solution pour annihiler la tentative de rébellion de Raekwon the Chief et Ghostface Killah en satisfaisant une partie de leurs conditions : faire appel à des musiciens et d’autres producteurs venus d’au-delà des terres Shaolin.

Ceci dit, le RZA reste maître de l’empreinte sonore du Wu en supervisant ce side-project honorable qui rassemble une partie des sabreurs du Wu-Tang (le Ghost, Inspectah Deck, Raekwon,…) ainsi que d’autres nobles tueurs à gage habitant la Eastcoast (Sean Price, AZ, Masta Ace, Cormega,…). Chamber Music n’est pas un nouvel opus officiel du Wu-Tang Clan, c’est une très bonne surprise.

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Wu-Tang meets the Indie Culture @@@@


Dreddy Krueger s’est inspiré du slogan de la firme Apple ce projet avec ‘Think Differently Music’, dont l’emblême est le signe du W aux couleurs arc-en-ciel. Le concept de ‘Wu-Tang Meets The Indie Culture’ est alléchant pour ne pas dire excitant et n’a rien d’une compilation anodine: associer des membres du Wu-Tang Clan, et autres affiliés du Wu, avec la crême des rappeurs undergrounds et indépendants pour en faire des combinaisons redoutables (comme ci-dessus sur le sondage), le tout sur des instrumentaux signés par le maître RZA et son disciple Mathematics. Bien que la majeure partie du Wu-Tang n’ait pas répondu présente (Raekwon, Method Man, Ghostface, Masta Killa et Inspectah Deck out), ce qui importe c’est de voir quel mélange de couleurs rendra le meilleur contraste.

Note: probablement le side-project le plus intéressant du Wu encore à ce jour.

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