Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Dr Dre & Snoop Dogg « The Wash (soundtrack) » @@@@¼


Snoop et Dre, ah… que de souvenirs. C’était durant la première moitié des années 90 le tandem qui a rendu dingue les fans de rap à travers le monde. Puis Death Row a foutu la merde et il a fallu attendre qq années pour qu’ils remettent ça à deux sur No Limit Top Dogg en 1999. Puis il y a eu le tube intergalactique « The Next Episode » tiré du biblique Chronic 2001 et Tha Last Meal de Snoopy qui font partie des musées d’histoire. Et le souvenir d’une interview pour Groove (ou Radikal?), où Snoop parlait d’un projet commun qui devait s’intituler « Break Up To Make Up ». Ce teasing ! Bon ça n’a pas porté ce nom-là et le projet a pris la forme d’un petit film et de sa soundtrack. Novembre 2001, Snoop & Dre refaisaient la paire pour la BO du film The Wash.

Le film, je l’ai vu en DivX, c’était franchement bof, mal joué, plat, et le seul truc cool c’étaient les nombreux cameos de rappeurs (dont Eminem en psychopathe). Bref Dr Dre jouait la comédie comme un pied et fera pas carrière dans le ciné (au contraire de Snoop qui jouera des petits rôles dans quelques films dans les années 2000). Non, le réel intérêt était cette soundtrack qui joignait les labels respectifs Aftermath et Doggystyle Records. Le premier titre est naturellement de Snoop et Dre (et ce bougre de Kokane), « On The Boulevard », produit par Jelly Roll. C’est une bonne entrée en matière d’une compilation d’exclus qui réserve pas mal de bonnes surprises et d’artistes éphémères, comme c’est habituellement le cas avec Aftermath (j’y reviendrai).

Avec quelques morceaux choisis ‘non-inédits’ au milieu de tout ça, comme l’excellent « Holla » de Busta Rhymes (qui figure sur Genesis), « Blow My Buzz » des D12 (issu de Devil’s Night) et le génial « Bubba Talk » de Bubba Sparxxx produit par Timbaland (qui apparait sur Dark Days & Bright Nights). Une place assez importante sur cette BO est dédiée au r&b soulful, avec la chanteuse Truth Hurts (qui explosera plus tard avec son tube « So Addictive »), Latoya Williams alias Toi (sur « Everytime » qui pompe l’instru de « Get Dis Money » des Slum Village), Yero et Bilal (« Bring 2 »). Track phare de l’album, « Bad Intentions » de Dr Dre, avec ces lyrics salaces, sample de flûte imparable, beat chirurgical et ce petit nouveau (apparu sur Chronic 2001) qui tue tout sur le refrain, Knoc Turn’Al. Il revient plus tard sur le très bon « Str8 West Coast », avec ce petit truc futuriste dont Dre a le secret.

J’apprécie particulièrement le morceau d’Xzibit « Get Fucked Up With Me », dans le genre gangsta-rap jazzy, c’est succulent et s’apprécie avec un cigare. Soopafly, qui a fait ses classes avec Dre et sous l’aile de Snoop, présente son titre « Gotta Get Dis Money » (titre un peu trop long c’est vrai).

A la production, Dr Dre a ramené sa garde rapprochée qui intègre Mel-Man (un des artisans de Chronic 2001), Focus et désormais Hi-Tek. Pour le versant r&b/soul, sont crédités James Poyser, Vikter Duplaix et Bryan-Michael Cox. Mais il est vrai qu’une bonne partie des petits nouveaux et nouvelles présent.e.s sur ce tremplin n’auront pas eu de seconde chance. C’est le cas de Shaunta, Ox, Joe Beast, Daks, Yero… Qu’on ne s’y trompe pas : les tracks sont de qualité, obligé, mais ils resteront des inconnus. C’est cruel pour eux mais c’est ainsi. Allez, pas le temps de s’apitoyer sur ces carrières de quelques minutes, place au générique de fin « The Wash », où l’on retrouve Dre et Snoop sur une co-prod de DJ Pooh et ce sample de « I wanna do something freaky to you » de Leon Haywood.

LA NOTE: 17,5/20

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