Adieu le Snoop Dogg gangsta, bonjour le Snoop Dogg de marié trois enfants. Le chien errant des rues de Long Beach a drôlement été dressé depuis qu’il vit paisiblement en banlieue huppée. Depuis qu’il a quitté sa maison Geffen, il se promène sans laisse et ne commet plus aucun écart de conduite. Gentil toutou !
Dans sa niche de DoggyStyle Records, le boss Bigg Snoop est une bonne fois pour toute son propre maître. Paid Tha Cost To Be Da Boss a marqué une étape de son indépendance en tant qu’artiste, Malice N Wonderland est son premier album édité en indépendant en ne comptant plus que sur sa hype et sa popularité (vu que sa streetcred est au ras des pâquerettes) pour attirer de nouveaux fans, les anciens ayant lâché l’affaire après Last Meal.
Passer d’une maison de disque à l’échelle de son propre label génère inévitablement des restrictions budgétaires. Le tracklisting qui comptait habituellement une gamelle copieusement remplie de 19 titres en moyenne depuis Tha Doggfather s’est réduite à une douzaine de cuillerées, sans compter l’intro et l’outro (non musicales). Une bonne nouvelle, c’est que Snoop ne met pas la patte à la production ; La très grosse mauvaise nouvelle, c’est qu’il est à la production exécutive de son projet (quoi de plus logique dans cette situation).
Sa démarche artistique floue se confirme dès le single « I Wanna Rock », un morceau ‘pour danser’ produit par Scoop DeVille et sur lequel Dr Dre officierait comme co-producteur. L’instrumental non-dancefloor invite à effectuer quelques pas et mouvements, malgré la pauvreté de la prod et le vide du contenu textuel. Lil Jon que l’on avait oublié ces derniers mois réapparaît sur « 1800 », là encore c’est très léger comme connexion. Sortez les boules Quiès pour « Pronto », il faudrait être dingo pour supporter Soulja Boy Tell’Em faire mumuse avec l’autotune. Snoop sort le genre de couplet qu’il fournit dans un featuring juste pour dire qu’il représente tandis que Soulja Boy s’y croit un peu trop… Parmi ce trop-plein d’instrus sudistes, le terrible « That’s That Homie » avec son up-tempo démoniaque de Danjahandz.

The-Dream et Tricky Stewart servent non pas un, mais deux os sans moelle. « Gangsta Luv » passe en boucle sur les chaînes télé, chanson soft pour chiennes toilettées, idem pour « Luv Drunk » ou comment passer du « Gin & Juice » à la menthe à l’eau. Pis s’il faut subir la voix de fausset de The-Dream une seconde fois, autant s’écouter « Perfect » avec Pharrell & Brandy, une ballade des Neptunes qui plaira aux possesseurs de R&G The Masterpiece. Sinon le soulful « Pimpin’ Ain’t EZ » avec R Kelly sur une production de Nottz, ou le top du top « Different Languages » avec Jazmine Sullivan sur une prod très mélodique de monsieur Teddy Riley !
Ah tiens, Kokane répond présent sur « Secrets », un morceau à moitié funky signé Battlecat, moyennement convaincant. Merde alors. Ce qui semble être le morceau le plus hardcore de l’album, « 2 Minutes Warning » est moins dangereux qu’un jardin surveillé par un bichon. Le panneau « attention chien méchant » est obsolète, le beat est faiblard, Snoop aboie mollement et la chanson coupe avant 120 secondes. « Upside Downs » relève le niveau momentanément avec la complicité de Nipsey Hu$$le et Problem (qui a écrit « Ups & Downs » pour Snoop), les deux rookies westcoast à surveiller dans les mois qui viennent.
Snoop Dogg n’a plus les crocs, pire, il nous laisse sur notre faim, complètement à la rue le toutou. Il n’a plus de prestance et se fait littéralement éclipser par des invités qui ont plus d’actualité que lui. Les morceaux qui dépassent la norme sous ceux crédités par des gros noms de la prod, le reste est weak voire wack. Ego Trippin’ s’était considérablement appauvri en matière de son Westcoast, Malice N Wonderland l’est encore plus au profit de beats down south et r&b. Prions que pour Dr Dre le remette sur les rails.


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